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8 avril 2006

Yvon DesRochers s'est bel et bien suicidé

Un « stress professionnel important » est à l'origine du geste de ce personnage central du dossier FINA 2005

Yvon DesRochers est bel et bien décédé à la suite d'un « suicide par arme à feu », le matin du 2 février 2005.

Des articles de Martin Smith

Le controversé directeur général et vice-président directeur du comité organisateur du championnat du monde des sports aquatiques de Montréal, mieux connu sous l'appellation FINA 2005, vivait alors « un stress professionnel important ».

C'est la conclusion à laquelle en vient le coroner Michel Ferland dans son rapport soumis plus de 400 jours après la découverte, par deux témoins, de DesRochers qui avait la tête ensanglantée et était affaissé sur le volant de son véhicule.

«L'enquête minutieuse du sergent détective Roberto Côté lui permet de conclure à un suicide sans intervention d'un tiers, écrit le coroner. Nous endossons cette conclusion. »

DesRochers, âgé de 59 ans, a posé son geste fatal deux semaines après que la Fédération internationale de natation eut retiré à Montréal l'organisation du championnat du monde.

Le dossier faisait les manchettes depuis que le Journal avait révélé, au début de décembre 2004, que les difficultés financières du comité organisateur étaient telles qu'une annulation pure et simple de l'événement était sérieusement envisagée par son conseil d'administration.

Les soubresauts de ce dossier au cours des semaines suivantes ont fait en sorte que DesRochers vivait « un état de stress important », note le coroner.

À l'époque, le suicide de DesRochers a créé une véritable onde de choc dans les milieux politiques et sportifs qui suivaient le dossier « FINA 2005 » avec une attention soutenue.

Déroulement des événements
Le matin du 2 février 2005, la conjointe d'Yvon DesRochers a contacté le service de police à 9h05, après avoir tenté, sans succès, de le joindre à son bureau et sur son cellulaire. Il avait quitté sa résidence deux heures plus tôt.

Sa conjointe était inquiète car « son comportement n'était pas comme à l'habitude, peut-on lire dans le rapport. De plus, quelques jours auparavant, il avait exprimé des idéations suicidaires ».

Cinq minutes après l'appel de la conjointe de DesRochers, « un automobiliste s'arrête à un feu rouge à l'intersection Panet et Notre-Dame, relate le coroner. Il remarque un homme affaissé sur le volant de son véhicule avec du sang à la tête. Il se dirige vers la guérite d'une entreprise et s'adresse à un agent de sécurité... Les deux hommes se dirigent vers la Mercedes grise. En ouvrant la portière du côté conducteur, ils remarquent une arme à feu sur les genoux du conducteur.

« Au même moment, deux véhicules banalisés du SPVM circulent sur Notre-Dame à cette hauteur. Le regard des policiers est attiré par la scène et ils s'immobilisent un peu plus loin. Ils reviennent à pied jusqu'à la Mercedes et voient alors l'homme ensanglanté et l'arme à feu. La scène est dès lors protégée. Un appel est logé au 9-1-1. Il est 9 h 19. »

Cette conclusion dégonfle définitivement certaines théories de conspiration qui avaient circulé à l'époque, même dans certains milieux gouvernementaux, selon lesquelles il ait pu s'agir d'un meurtre camouflé en suicide.

Rapport du coroner
Un délai de plus d'un an dans un tel dossier n'est pas souhaitable, a reconnu Marie-Ève Bilodeau, porte-parole du Bureau du coroner, mais «des demandes d'analyse, des dossiers plus complexes et d'autres facteurs peuvent allonger les délais moyens, qui sont de six à huit mois ».

Parmi ces facteurs, la production des rapports officiels par certains experts est une cause habituelle de délais.

Il faut aussi tenir compte du fait que Michel Ferland est un coroner à temps partiel qui traite de 100 à 200 dossiers par année.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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