Cliquez sur >> à droite pour faire disparaître les annonces

21 juin 2005

Votes de grève dans l'hôtellerie

François Desjardins

L'été signale inévitablement le retour des touristes, mais il marque aussi, tous les trois ans, les moyens de pression dans l'hôtellerie à l'échéance des contrats de travail. Engagés depuis quelques semaines dans une nouvelle période de négociations avec leurs employeurs, environ 4000 employés de 22 hôtels du Grand Montréal se prononceront dès demain sur la tenue d'un débrayage de 24 heures le 8 juillet, en pleine finale du Festival de jazz.

Mais le gros coup viendrait une semaine plus tard. S'il n'y avait toujours pas de règlement dans les divers établissements après ce premier coup de semonce, les membres des syndicats seraient alors appelés à se prononcer sur un moyen de pression beaucoup plus lourd : une grève générale illimitée à partir du 15 juillet, en plein Festival Juste pour Rire et à deux jours de l'ouverture des championnats mondiaux de sports aquatiques. Quelque 50 000 nuitées auraient déjà été réservées pour ces deux événements.

Ces travailleurs affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) entendent montrer leurs couleurs dès le 1er juillet, au lendemain de la fin de leurs contrats de travail. Ils déclencheront alors une campagne de «perturbation des milieux de travail» qui se fera sous forme de piquetage, de pauses prolongées, de refus de porter les uniformes, etc. «Le message aux hôteliers, c'est qu'il leur restera alors une semaine avant la grève de 24 heures», a dit hier le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie.

15 juillet
L'objectif consiste à faire signer les contrats avant le 15 juillet, a dit M Lortie, issu de l'Hôtel Gouverneurs Dupuis. La dernière période de négociations en 2002 s'était bel et bien ponctuée d'une grève de 24 heures, mais un blitz de règlements avait rapidement écarté la menace d'un débrayage illimité.

Les demandes cette année sont à forte composante financière, a dit M. Lortie, selon lequel on demandera aux hôteliers une augmentation de 15 % sur trois ans. Parmi les demandes communes à tous les syndicats figurent aussi une revendication visant à bonifier le régime de retraite, une autre qui ferait passer de 7 à 8 le nombre de jours de maladie et des mesures contre la sous-traitance. La durée souhaitée des contrats est de trois ans.

Il y a tout de même de profondes différences entre les hôtels de Montréal. Par exemple, un préposé aux chambres gagne 12,60 $ l'heure au Comfort Inn à Dorval, alors qu'il gagne 15,78 $ au chic Reine-Elizabeth, qui représente par ailleurs le plus important employeur avec environ 600 employés. Il est suivi du Centre Sheraton, avec un peu plus de 400 employés.

Aucun des cinq grands hôtels du centre-ville contactés hier, y compris le Ritz-Carlton, le Centre Sheraton et le Hilton Bonaventure, n'a rappelé Le Devoir.

Plateforme commune
Les négociations dans le monde de l'hôtellerie, qu'on dit «coordonnées», sont particulières. Chaque syndicat négocie de manière autonome avec son employeur à partir d'une plateforme commune de revendications. Celle-ci a été acceptée par tous les syndicats en septembre dernier. Mais il a aussi fait approuver, lors de cette assemblée, des demandes uniques à son endroit de travail. De plus, avant de soumettre une contre-proposition à son employeur, il doit retourner en assemblée pour consulter les autres syndicats.

En plus des 22 syndicats de Montréal qui s'activent ces jours-ci, le reste de la province en compte 18. La grande assemblée compte donc 40 représentants. «Les autres vont suivre un peu plus tard», a dit Jean Lortie. «Dans les Cantons de l'est et à Québec ce sera en août, et quand l'or blanc va retomber sur Mont-Tremblant [un autre moment de rapport de force], on va fermer le bal à ce moment-là.»


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

1

Hosted by www.Geocities.ws