29 juillet 2005
Sylvain Leclerc
Sans vouloir pointer du doigt qui que ce soit, un constat reste : au niveau des installations sportives, l’héritage des Jeux olympiques de Montréal est un échec. Plusieurs équipements sportifs construits à l’époque ont vu leur vie être raccourcie après quelques années, le vélodrôme transformé en Biodôme étant l’exemple le plus souvent cité. Quelque 30 ans après les JO de Montréal, les organisateurs des Mondiaux FINA 2005 ont-ils appris des erreurs du passé ?
Depuis le début des compétitions sur l’Ile Sainte-Hélène, la réaction est unanime : le site est magnifique et la vue du centre-ville de Montréal est imcomparable. Tout le monde le dit : les spectateurs, les athlètes, les représentants de la presse étrangère. Même si les spectacteurs n’ont pas envahi le site des compétitions comme l’aurait souhaité le comité organisateur, ce dernier a construit, en peu de temps, des installations dont il peut être fier.
"Je pense que tout le monde peut être fier de ce qui a été fait sur l’Île Sainte-Hélène, autant le comité organisateur que la ville de Montréal et le gouvernement du Québec, en espérant qu’on pourra faire mieux qu’après les Jeux de Montréal et préserver cet héritage sportif pour les champions d’aujourd’hui et ceux de demain", déclare un spectacteur recontré sur le site.
Même si l’envergure des Mondiaux FINA est moindre que celle des Olympiques, les organisateurs ont sur un plateau d’argent une chance en or de racheter les erreurs commises après Montréal-76 et donner aux athlètes d’ici des installations dont il pourront se servir pendant nombre d’années.
Des équipements pour tous
Bonne nouvelle pour les athlètes québécois et canadiens, l’exemple de Montréal-76 semble encore frais à la mémoire de certains et on semble vouloir aller dans la bonne direction puisque les équipements auront une deuxième vie.
Les piscines utilisées pour le plongeon et la natation (plus la piscine d’échauffement de natation) ont été construites de façon permanente et seront utilisées dans les années à venir par les plongeurs et nageurs d’élite. Question de rentabiliser et "démocratiser" l’investissement de quelque 18 millions de dollars, le grand public aura également accès à ces infrastructures qui font le délice des athlètes depuis le début des compétitions.
Qui plus est, la Fédération des sports aquatiques du Canada songe à la possibilité de déménager la coupe Canada de plongeon à Montréal et à y créer un Grand Prix de natation.
Construites par la firme italienne Myrtha Pools, qui utilise une technologie unique de béton armé et de PVC, les piscines de Montréal-2005 ne requièrent pratiquement aucun entretien et résistent très bien au froid du Québec, un avantage non-négligeable.
"L’hiver dernier, la piscine utilisée pendant les compétitions de plongeon était déjà en place et elle n’a nullement souffert de l’hiver québécois. Pour préserver les piscines à long terme, pas besoin de construire de toit. Rien. Nos piscines sont très résistantes", indique la représentante de Myrtha Pools pour le Québec, Anne Gagnon.
Québec achètera-t-il les piscines ?
Pour ce qui est des quatre autres piscines construites sur le site des compétitions, les deux de water-polo et les deux de nage synchronisée, elles ont la particularité d’être temporaires. Grâce à sa technologie de construction en panneaux, Myrtha Pools pourra démonter ses piscines en moins de deux semaines pour les reconstruire à l’endroit voulu après.
Pour le moment, ces quatre piscines ont été louées à la compagnie. Mais il se pourrait que les choses changent rapidement dans ce dossier et que le gouvernement du Québec achète les piscines.
"Nous sommes présentement à négocier avec le gouvernement du Québec pour qu’il achète les piscines afin que les athlètes d’ici puissent en bénéficier pendant de nombreuses années", confirme le président de la compagnie italienne, Trevor Tiffany.
Du côté du ministère du l'Éducation, du Loisir et du Sport, on refuse, pour l’instant, de commenter l’allures des négociations avec Myrtha Pools.
"On aimerait bien que les négociations se terminent avant la fin des Mondiaux de Montréal, ça faciliterait les choses de ce côté. Mais rien n’a été signé encore. Dans les prochains jours peut-être", ajoute Anne Gagnon.
Si le gouvernement québécois met finalement la main sur les quatre piscines de water-polo et de nage synchronisée, elles pourraient bien atterrir au complexe aquatique du Stade olympique. Si les négociations avec le gouvernement aboutissent rapidement, les piscines pourraient être livrées et installées un mois après la fin des championnats de Montréal : deux semaines pour défaire les piscines et deux semaines pour les ré-assembler.
Les principaux intéressés, les athlètes et les entraîneurs, ne s’en plaindraient sûrement pas...
"Il va falloir un centre d'entraînement à Montréal pour l'Est du pays. Nous nous entraînons à Calgary et il n'y a pas un seul joueur de l'Alberta dans l'équipe", a déclaré cette semaine à la Presse canadienne le Montréalais Nathaniel Miller, membre de l’équipe nationale de water-polo.
Dossier à suivre.
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