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31 juillet 2005

Le Québec en sortira tout chamboulé

Quel succès d'estime phénoménal ces Mondiaux aquatiques auront connu ?

Cet après-midi, à l'heure du bilan, René Guimond s'adressera aux journalistes de partout dans le monde et il tentera de les convaincre que le déficit anticipé sera beaucoup moins lourd que celui escompté il y a quatre mois, quand tout était à refaire, à repenser, à rebâtir.

Mettons une chose au clair : avec toutes les sommes d'argent mirobolantes qui se dépensent inutilement à gauche et à droite, quand on pense aux dizaines de millions que nos politiciens nous volent, aux travaux de réfection routière mille fois refaits parce que souvent bâclés, par exemple sur la 40 entre Repentigny et Montréal, on pourrait-tu, s'il vous plaît, nous sacrer la paix avec le déficit escompté des Mondiaux ? Et n'attacher aucune importance aux gradins aux trois quarts vides des premiers jours de compétitions puisque jamais au grand jamais les sommes d'argent investies dans un projet n'auront autant rapporté aux Québécois.

Deuxio : on pourrait-tu commencer à parler des vraies affaires, je veux dire commencer à parler du Québec qui, devant la planète entière, s'est enfin mis à l'heure de la mondialisation et des grands rendez-vous du sport, du vrai sport s'entend, celui pratiqué par des amateurs qui, pour la très grande majorité, loin de mener la vie mondaine des professionnels, ont à peine assez de sous pour s'habiller et se nourrir convenablement. Sans parler des entraînements quotidiens cent fois plus exténuants auxquels ils doivent quotidiennement se soumettre

(...)

Quand Alexandre Despatie, le surdoué des surdoués, solide comme le roc sous la pression,, établit deux marques mondiales, d'abord au tremplin de trois mètres, ensuite au tremplin d'un mètre, et qu'il devient le premier plongeur de la planète à avoir conquis des titres mondiaux dans chacune des trois épreuves individuelles (l'épreuve du trois mètres et d'un mètre remportées la semaine dernière et l'or à la tour, aux Mondiaux de Barcelone, en 2003), ce sont tous les jeunes Québécois qui, soudainement, se mettent à rêver aux sauts périlleux renversés et groupés qu'un jour, c'est certain, ils réussiront à leur tour.

Quand, dans la première semaine des compétitions, Despatie et Émilie Heymans ont attiré un auditoire de plus de 800 000 téléspectateurs, soit plus de 30 % de l'auditoire global, on s'est dit wow ! voilà que l'on assiste à quelque chose d'assez exceptionnel, d'important, un genre de tournant dans la mentalité des gens.

(…)

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Sans Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil, les Mondiaux n'auraient probablement jamais pu prendre l'envol qu'ils ont connu.

Daniel Lamarre, président du Cirque du Soleil, explique : « Nous étions à Las Vegas, à la veille de la grande première de Kâ, le plus gros show jamais produit par le Cirque, quand le maire Gérald Tremblay nous a joints par téléphone pour nous demander si nous accepterions de monter le spectacle de la cérémonie d'ouverture. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi tellement la tension que nous ressentions à la veille de cette grande première était tout à fait inhabituelle. Nous lui avons répondu que nous allions y penser. M. Tremblay a répondu qu'il ne pouvait attendre à demain, qu'il avait besoin d'une réponse immédiatement. Après un court entretien avec Guy, nous en sommes arrivés à la conclusion que, par sens du devoir, nous devions bien ça à Montréal. Le risque était quand même énorme puisqu'il s'agissait de monter un spectacle d'un seul soir. Mais tout s'est bien déroulé. C'était grandiose et l'ovation reçue à été extraordinaire. On se serait cru à un match de la Coupe Stanley. »

Une fois terminé, vous auriez dû voir les nombreux bénévoles qui ont participé au spectacle se faire photographier avec les professionnels du Cirque, les yeux tout écarquillés d'avoir obtenu l'immense chance et privilège d'avoir joué en leur compagnie.

- Un être assez fabuleux, ce Guy Laliberté, M. Lamarre ?

« N'écris pas cela, mais savais-tu qu'il m'oblige à donner 1 % des revenus, de tous les revenus qu'engrange le Cirque, à différentes oeuvres de charité, ce qui sabre mes profits nets de 3,8 % ? Mais cette décision du grand patron n'est pas discutable, elle fait désormais partie des us et coutumes de la compagnie. »

- J'aimerais l'interviewer.

« Il y a des dizaines et des dizaines de demandes d'entrevues qui lui sont adressées à tous les mois et il les refuse toutes. Guy Laliberté est un gars de la rue, il n'aime pas la publicité. »

J'ai failli répondre que j'étais moi-même un journaliste de la rue et que Guy Laliberté n'avait rien à craindre, mais je n'ai pas osé.

Voilà qui est fait.

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À tous ceux qui ont travaillé pour faire des Mondiaux la réussite qu'ils ont été, à Normand Legault, René Guimond, Richard Prieur et toute leur équipe, aux dizaines et dizaines de bénévoles, aux nombreux policiers en service qui ont été polis et cordiaux, bravo.

Mille fois bravo.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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