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24 juillet 2005


photo : Martin Chamberland

Depuis les premiers barbotages dans la piscine familiale, les plongeons timides mais de plus en plus audacieux de sa petite enfance, sa passion n'a jamais faibli. Plonger, plonger, plonger sans relâche, s'astreindre à une discipline stricte, à un entraînement rigoureux, mais toujours dans le plaisir le plus absolu. Ce fut jusqu'ici sa vie. Couronnée de médailles.

Anne Richer

Et nous avons continué de suivre cet adolescent étonnant qui, alors qu'il n'avait que 13 ans, a gagné l'or aux Jeux du Commonwealth, parmi des hommes plus gros et plus forts. Nous l'avons retrouvé en athlète mature aux Jeux olympiques d'Athènes. Dans la déception autant que dans la victoire. Lui-même l'a toujours exigé. On revoit les images : sa formidable capacité de rebondir, ne pas perdre espoir, replonger, et gagner la médaille d'argent.

Il vient à 20 ans d'atteindre « l'inaccessible étoile », une sorte de perfection en remportant la médaille d'or, le titre mondial doublé d'un record du monde, au tremplin de trois mètres, dans le cadre des XIes Championnats mondiaux de la Fédération internationale de natation amateur (FINA), présentés dans les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Il est le premier plongeur dans l'histoire à obtenir plus de 800 points.

Et comme si cela n'était pas assez, quelques jours plus tard, il devient le jeune souverain de sa discipline en emportant l'or au tremplin de un mètre. Chez lui, devant les siens.

Ce héros mérite l'admiration de La Presse, qui en fait sa Personnalité de la semaine.

Dépasser ses limites est un lieu commun en ce qui le concerne. Il aime la compétition, se colleter aux meilleurs, mais surtout découvrir jusqu'où lui-même peut aller. Il est animé de l'envie de gagner sans pour autant renoncer à ce qu'il est profondément, aux valeurs familiales qui l'ont jusqu'ici modelé.

Un modèle
Certains disent de lui que toute sa force est logée dans sa tête. Une tête bien faite. Mais d'autres qui le côtoient depuis longtemps témoignent aussi de son grand coeur. Il n'a que 20 ans et pourtant, bien au-delà de ses victoires et de la gloire, le jeune athlète ne tient rien pour acquis et poursuit son rêve en maintenant un tempo de guerrier. Riley McCormick, le plus jeune plongeur de l'équipe nationale aux Championnats du monde (10 mètres synchro) s'inspire de sa détermination. Il admire chez son aîné son côté rassembleur, amical et drôle. Sa confiance en lui.

Les Québécois en particulier se sont attachés à son image. Ce qui n'empêche pas les gens de partout dans le monde de ressentir une véritable fascination pour ce beau jeune homme qui rêve un jour de faire du cinéma.

Du petit garçon à l'homme qu'il est devenu, le public lui a conservé la même affection en se demandant parfois comment il allait traverser la puberté, se construire un nouveau corps sans perdre aucune de ses habiletés. On connaît ses déboires de l'an dernier, à la suite des Jeux olympiques, une année charnière difficile mais constructive. Trop de choses se passaient en même temps, il perdait un peu la maîtrise de sa vie. Il s'est éloigné tout en maintenant son entraînement, a mûri, sans jamais pourtant baisser les bras. Sa personnalité s'est affermie. Ce charisme fait dire à sa soeur Anouk qu'il pourrait sans doute devenir vedette de cinema comme il en rêve, avec tout ce qu'il porte de talents. Au cours de l'année dernière, l'imbattable était devenu plus vulnérable. Sa nouvelle sagesse sur le plan humain est celle de pouvoir prendre du recul, de ne pas se laisser trop envahir, de rester lui-même.

Pour Michel Larouche, son entraîneur, il ne faisait pas de doute qu'Alexandre était au sommet de sa forme pour ces deux médailles d'or gagnées à Montréal. « Le troisième plongeon de la finale (au trois mètres) a été mal engagé, j'ai eu chaud, je l'avoue, mais il l'a récupéré en toute beauté. » Un entraîneur sait mieux que personne, à part les membres de sa famille, ce qu'il en coûte à un athlète de ne pas perdre de vue ses objectifs, de rester lui-même et de réussir. Alexandre Despatie est un être humain avec des faiblesses qu'il s'efforce de dominer; il sait même apprivoiser ses émotions en laissant libre cours aux larmes, qu'elles soient de déception ou de joie. Sa sensibilité trouve le parfait exutoire en famille, une famille tissée serré que Pierre et Christiane, ses parents, et sa mamie, toujours là, essaient de maintenir et de protéger. La chose importante qu'ils lui ont apprise est celle d'accepter la défaite avec dignité et la victoire avec modestie.

« L'important, dit sa mère, c'est de le voir heureux. » Les liens de la tribu sont très forts, et c'est là que le champion puise son énergie. Il est toujours ravi de reprendre la route qui le mène à Laval-sur-le-Lac. Ravi de retrouver ses amis, de se baigner avec eux, de maintenir des liens. Car la loyauté est une de ses grandes qualités.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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