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21 juillet 2005


En une de La Presse
photo : Martin Chamberland

« Aaaah ! » Deux plongeons ratés coulent Émilie Heymans

Avant le quatrième et avant-dernier plongeon, tout le monde a cru que le conte de fées du Canada se poursuivrait aux Championnats du monde aquatiques, hier après-midi, lors de la finale du 10 mètres féminin.

Émilie Heymans, tenante du titre, se relevait d'un mauvais début de compétition et chatouillait la meneuse, l'Australienne Loudy Tourky, qui venait de bousiller son plongeon.

À l'image de ses rivales pendant toute la finale, Heymans a toutefois été incapable de saisir l'occasion, y allant de son pire plongeon de la journée, un trois et demi renversé qu'elle a terminé presque à l'horizontale. « Aaaah! » ont lâché à l'unisson les quelque 4500 spectateurs, saisis d'un presque effroi.

Les juges ont été impitoyables: 3,5- 3- 3,5- 4,5- 3,5- 3,5 et 3,5. Heymans, qui avait aussi raté son premier plongeon, a ainsi vu et la victoire et le podium lui filer entre les doigts. La plongeuse de Greenfield Park a fini quatrième, la pire place pour un athlète, comme ce fut le cas lors des Jeux olympiques d'Athènes, l'été dernier.

« Je ne me sens pas très bien à ce moment-ci. Mes deux plongeons étaient vraiment mauvais. J'aurais espéré mieux les faire », a réagi Heymans avant de remercier les spectateurs qui l'ont soutenue malgré les difficultés.

Plongeuse la plus constante de la finale, l'Américaine Laura Ann Wilkinson a remporté l'or. L'athlète de 27 ans, qui souriait presque de béatitude avant chacun de ses plongeons, retrouvait ainsi le sommet après sa médaille d'or aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000.

Troisième aux JO d'Athènes, l'Australienne Loudy Tourky, 26 ans, a grimpé d'un échelon et raflél'argent. Médaillée d'or à la tour en synchro, dimanche, la Chinoise Jia Tong, puce de 14 ans, a obtenu le bronze malgré deux plongeons pas très réussis.

Elle n'a pas été la seule. « La porte était grande ouverte. La compétition aurait pu être beaucoup plus relevée et les scores n'ont pas été très élevés non plus », a fait remarquer Michel Larouche, entraîneur de Heymans.

Fidèle à son habitude, Larouche n'a pas recouru à la langue de bois pour commenter la performance de sa protégée, parlant de « deux plongeons manqués de façon monumentale ».« L'Américaine a très bien plongé. Nous autres, on a commis deux grosses gaffes. C'est ce genre de choses qu'on ne peut pas se permettre au niveau international », a expliqué Larouche.

Que s'est-il passé ? Heymans a parlé d'une perte de concentration en plein vol. Était-ce relié à l'appui bruyant de la foule ? « Je ne pense pas, a-t-elle répondu. Il y a plusieurs facteurs qui peuvent avoir causé ça. La fatigue, le stress... »


La plongeuse de Greenfiled Park a fini quatrième, la pire place pour une athlète,
comme ce fut le cas lors des Jeux olympiques d'Athènes, l'été dernier.
photo : Martin Tremblay

Larouche, lui, y a vu un lien direct avec les performances de Heymans à l'entraînement. « Elle a juste répété ce qu'elle faisait à l'entraînement », a résumé l'entraîneur, particulièrement déçu du quatrième plongeon. « Quand tu n'as besoin que de notes de cinq pour passer en première place et que tu n'es pas capable de les obtenir, il y a un problème. »

L'entraîneur-chef du club CAMO a ajouté qu'Émilie avait légèrement réduit son temps d'entraînement cette année. Larouche aurait aussi aimé voir « plus d'agressivité » de sa part à l'entraînement, une évaluation à laquelle la principale intéressée ne souscrit pas.

« Je mettais autant d'énergie à l'entraînement qu'avant », a assuré la plongeuse de 23 ans, qui a eu une réaction similaire au sujet du temps d'entraînement. « Ce n'était pas vraiment différent en terme d'heures d'entraînement. L'an passé, j'avais quatre épreuves, et cette année, je n'en avais qu'une seule. »

Ayant pris un long congé à son retour d'Athènes, Heymans n'a repris l'entraînement qu'en janvier, au moment où elle entreprenait un baccalauréat en commercialisation de la mode à l'UQAM. Ce changement était salutaire, a expliqué Heymans, qui souhaitait avoir autre chose dans la tête que le plongeon.

Sur ce point, Larouche est d'accord. « Cette année, avec Émilie, c'était plus d'organiser sa vie personnelle, l'école, tout ça, a-t-il expliqué. Ça a été fait. À ce niveau-là, on est bien satisfait. L'an prochain, l'accent sera mis sur l'entraînement. »

Mais avant tout cela, il y a aura certaines discussions intéressantes dans un bureau du sous-sol du centre Claude-Robillard.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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