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20 juillet 2005

Vente de billets : le mystère plane

Est-ce que ça change vraiment quelque chose d'être mis au courant tous les jours plutôt qu'à la fin ?

Nathaëlle Morissette

Les organisateurs des Championnats du monde refusent toujours de révéler publiquement le nombre de billets vendus depuis que le coup d'envoi de l'événement a été donné samedi. Pourtant si les compétitions n'attirent pas suffisamment d'amateurs, ce sont les contribuables qui devront payer la note.

Pour éviter un déficit, au moins 200 000 spectateurs devront assister aux épreuves sportives afin d'atteindre un objectif budgétaire de 11 millions. Quelques jours avant la tenue des Championnats, le comité organisateur révélait que 40 % des 200 000 billets avaient trouvé preneur. Mais depuis samedi, le mystère plane autour de la vente de billets ainsi que sur l'affluence. Depuis le début des Championnats, les gradins sont souvent à moitié remplis. Le comité assure toutefois qu'il fera un bilan une fois l'événement terminé, le 31 juillet.

Or, en vertu d'une résolution adoptée en février par le comité exécutif de la Ville de Montréal, les citoyens devront éponger le déficit si un nombre insuffisant de spectateurs se présentent. Une situation qui inquiète bon nombre de Montréalais rencontrés par La Presse sur le site de l'événement qui a lieu dans les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène.

Alors qu'ils étudiaient attentivement le plan des lieux, Alain Patenaude et sa conjointe, Ginette Guernon, se sont plaints du manque d'informations entourant l'événement. « On aimerait savoir où on en est rendu dans la vente de billets, mentionne Mme Guernon. On se sent concerné par ça. Il devrait aussi y avoir une ligne téléphonique d'information concernant le prix et la disponibilité des billets. »

À quelques mètres de la billetterie, Marie Martin, Montréalaise accompagnée par deux amies venues directement de Rimouski pour assister à l'événement, s'explique mal pourquoi la loi du silence règne concernant la vente de billets. « On devrait avoir plus de détails, ce sont les contribuables qui payent », a-t-elle lancé.

Malgré l'inquiétude des citoyens, le comité organisateur des Championnats persiste et signe : pas question de dévoiler les chiffres avant la fin des compétitions.

« Les contribuables vont être informés à la fin des Championnats », assure Richard Prieur, porte-parole de l'événement. Selon lui, le fait que les chiffres ne soient pas révélés au quotidien ne change rien pour les Montréalais puisque, au bout du compte, un bilan leur sera fait. « Il y a très peu d'événements qui font (des comptes rendus quotidiens), souligne-t-il. Est-ce que ça change vraiment quelque chose d'être mis au courant tous les jours plutôt qu'à la fin ? »

Même son de cloche au bureau du maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui a remué ciel et terre pour que les Championnats se déroulent dans la métropole après que la Fédération internationale de natation (FINA) eut décidé de tenir l'événement ailleurs, faute de financement. « Bien sûr que les citoyens ont le droit de savoir, affirme Christiane Miville-Deschênes, porte-parole de M. Tremblay. Mais ça ne changera rien pour les Montréalais, maintenant ou après. »

Le chef de l'opposition Pierre Bourque a refusé de jeter de l'huile sur le feu en commentant cette affaire. « Ce qui compte pour nous, c'est la réussite des Championnats », s'est contentée de dire sa porte-parole, Suzanne Gagnon.

Sécurité
Pendant ce temps, près de 300 policiers assurent quotidiennement la sécurité dans les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène. La plupart d'entre eux ont été forcés d'écourter leurs vacances à la demande du Service de police de Montréal.

« Nous n'avons pas voulu perturber nos opérations régulières - comme la police de quartier - alors, nous avons demandé aux policiers volontaires de rentrer pendant leurs vacances », explique Natalia Shuster, commandant à la planification opérationnelle.

Bien que les policiers se préparent déjà depuis plusieurs mois, les attentats survenus à Londres le 7 juillet obligent les agents à être encore plus vigilants, assure Mme Shuster. Après des vérifications faites sur le terrain, on constate que toute personne semble pouvoir circuler aisément sans se heurter systématiquement à des barrages de policiers.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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