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19 juillet 2005


En une de La Presse
photo : Martin Tremblay

En état de grâce

La grâce et la fluidité sont des qualités essentielles en plongeon, mais ce n'est pas tout. Blythe Hartley en a fait une illustration éloquente, hier, en remportant la médaille d'or à l'épreuve d'un mètre lors de la deuxième journée des Championnats du monde aquatiques de Montréal. Il s'agissait d'une deuxième médaille en plongeon pour le Canada après celle remportée la veille par les Québécoises Meaghan Benfeito et Roseline Filion à la tour de 10 mètres synchronisé.

En état de grâce, Hartley, 23 ans, a dominé la compétition de bout en bout pour enlever son deuxième titre mondial dans cette épreuve après celui de Fukuoka, en 2001. En 2003, à Barcelone, la plongeuse de North Vancouver avait remporté le bronze.

« Durant la finale, tout le monde plongeait si bien, a déclaré Hartley en conférence de presse. J'étais nerveuse. Je ne savais pas que je pouvais obtenir un si haut pointage. Je me concentrais sur ma technique et ça a bien fini. »

Comme la veille avec Benfeito et Filion, la foule, bien que moins nombreuse, a bruyamment appuyé la seule Canadienne en finale.

« C'est un sentiment réconfortant, a souligné Hartley. C'est plaisant de voir l'enthousiasme sur le visage des gens et de les entendre en sortant de l'eau. C'est tellement rare d'avoir une compétition de cette importance dans son pays. Je l'ai apprécié. »

Avec 325,65 points, Hartley a amélioré de 25 points la marque mondiale qu'elle avait établie à Fukuoka. La Chinoise Wu Min Xia a mérité l'argent avec 299,70 points, suivie de près par l'Allemande Heike Fischer (299,46 points), médaillée de bronze.

Plus costaude que ses rivales, Hartley a fait une véritable démonstration de puissance tout au long de la journée. Son impulsion sur le tremplin n'a pas d'égal sur la planète, selon Trevor Palmatier, son entraîneur au club Boardworks de Victoria.

« Elle est forte, a expliqué Palmatier. C'est probablement son atout. La précision dont elle a fait preuve aujourd'hui était la même que celle de Wu Min Xia. Elles sont au sommet de leur art, mais Blythe peut sauter un ou deux pieds plus haut que toutes les autres. Ça fait une immense différence. »

Des 35 notes reçues par Hartley en finale, 19 ont été des 9 ou des 9,5, ce qui donne une idée de sa constance. Un seul juge a osé lui octroyer un 7,5 pour un double saut périlleux et demi avant qui semblait plutôt réussi. Invitées à commenter l'influence potentielle de la foule sur les juges, Min Xia et Fischer ont d'ailleurs préféré reconnaître le brio de la nouvelle championne du monde.

En tête avec une avance de 20 points avant le cinquième et dernier plongeon, Hartley a été rattrapée par la nervosité même si elle ne connaissait pas précisément son classement.

« Je me sentais malade ! » a affirmé la médaillée de bronze des Jeux olympiques d'Athènes avec Émilie Heymans en plongeon synchronisé.

« Je savais que je faisais bien. Je pouvais le dire par la réaction de la foule. Mais après mon quatrième plongeon, je me suis sentie comme si j'étais malade. Je tremblais et je me disais qu'il ne fallait vraiment pas que je rate ce dernier plongeon... Je suis vraiment contente parce que c'est très difficile de réussir ce genre de plongeon dans cet état. »

Détentrice d'une bourse d'études à l'Université Southern California, à Los Angeles, Hartley complétera son diplôme en communications l'an prochain. En attendant, elle s'alignera au tremplin de trois mètres, vendredi, une épreuve où elle a terminé cinquième à Athènes. Une autre médaille à l'horizon ?


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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