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7 juillet 2005

Le scandale qui a gâché la sortie de Comtois

Ce n'est pas pour une peccadille que Philippe Comtois abandonne son partenaire au 3 mètres synchro. Arturo Miranda avait été accusé d'avoir eu une relation sexuelle avec une jeune plongeuse québécoise dont il a été occasionnellement l'entraîneur, lors des championnats nationaux d'hiver, à Calgary, l'an passé.

Miranda avait alors 33 ans et la jeune fille, 15 ans. Sous prétexte de conseiller l'adolescente, le plongeur-vedette canadien, détenteur de sept titres nationaux au 3 mètres (synchro et simple) et entraîneur au club de Pointe-Claire, serait entré dans sa chambre d'hôtel tard le soir et aurait profité d'elle.

« Je lui ai dit non, que ce n'était pas correct, mais je ne trouvais pas la force de le repousser, je me sentais totalement confuse et impuissante », a expliqué la jeune plongeuse au Toronto Star sous le le couvert de l'anonymat, comme l'exige la loi sur la protection de l'identité des personnes mineures.

« Je pensais à ma compétition du lendemain, j'avais peur d'avoir un oeil au beurre noir, je ne voyais pas comment expliquer ça, à la piscine ... »

De retour à la maison, au Québec, la jeune fille a relaté à ses parents ce qui s'était passé dans sa chambre d'hôtel à Calgary, avec celui qui fut, précisait-elle au Star, son héros et son modèle.

Encore sous enquête
Les parents ont alors déposé une plainte dénonçant le comportement de Miranda à la police de Calgary et à la direction de Plongeon Canada, à Ottawa.

Aucune accusation n'a été portée au criminel. Le comité de discipline de Plongeon Canada a cependant analysé la plainte et conclu, en mars dernier, que le comportement de Miranda constituait une sérieuse entorse au code de conduite de l'organisation et une grave atteinte à sa réputation.

En conséquence, le spécialiste du 3 mètres était suspendu pour six mois. Toutefois, Miranda a fait appel de la décision de Plongeon Canada et a gagné, en partie. Si le comité d'appel concluait à son tour, la semaine dernière, qu'il y avait bel et bien eu manquement au code de conduite, il jugeait la peine imposée démesurée et levait la suspension.

Dans les mains du Centre de règlement des différends sportifs
La saga n'est cependant pas terminée ! En désaccord avec l'amnistie accordée par son comité d'appel, Benoît Séguin, le grand patron de Plongeon Canada, a demandé au Centre de règlement des différends sportifs du Canada (CRDSC) de réviser cette décision.

Le CRDSC, situé à Laval, est un nouvel organisme créé par le gouvernement canadien pour aider les fédérations nationales à régler des différends sportifs en dehors des coûteux et longs mécanismes judiciaires.

Un peu comme le tribunal du travail, l'organisme dispose d'une banque d'arbitres et de médiateurs possédant expérience et renommée. Dans le cas du Centre de règlement des différends sportifs, on a recruté des avocats qui ont du vécu dans le domaine des règlements extrajudiciaires de conflits sportifs et des grands Jeux comme les Jeux olympiques et paralympiques, les Jeux du Commonwealth, les Jeux panaméricains, les Jeux de la Francophonie, etc.

Me Yves Portier, de Montréal, et membre du tribunal arbitral du sport aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, est co-arbitre en chef avec Me Richard H. McLaren, conseiller juridique pour le Comité olympique canadien. Avec eux au front, une vingtaine de collègues réputés de tous les coins du Canada, dont Marc Lalonde.

Une décision en temps opportun
Autre caractéristique importante de cet organisme, il a pour objectif de régler les conflits en temps opportun.

« Normalement, nous rendons nos décisions dans les délais demandés par les parties », confirme Benoît Girardin, directeur exécutif du CRDSC, avant de se retrancher sous le sceau de la confidentialité.

Même si le projet de loi créateur du CRDSC prévoit une manière d'opérer « transparente », M. Girardin assure ne pas avoir le droit de révéler la date prévue pour le dévoilement de la décision de l'organisme dans l'affaire Miranda, ni même de confirmer la réception d'une demande de révision.

Chez Plongeon Canada, le directeur exécutif Benoît Séguin confie, lui, avoir demandé « un règlement rapide ».


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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