29 juillet 2005
Au moment du lancement des Championnats mondiaux aquatiques, le maire G�raid Tremblay a re�u spontan�ment une ovation debout.

Un record venait d'�tre �tabli sans que personne n'ait eu � sauter dans une piscine. De nos jours, un politicien applaudi au Qu�bec, �a rel�ve de l'exploit.
Normand Legault, tr�sorier et copr�sident, et Ren� Guimond, directeur g�n�ral de Montr�al 2005, �taient � ses d�t�s, souriants, mais sans doute tr�s nerveux.
Dans un �lan �motif, le maire avait promis une f�te sans d�ficit. Comment avait-il pu courir le risque de d�charger autant de pression sur ses �paules et sur celles de ses ma�tres d'oeuvre ?
On �tait � quatre mois de l'�v�nement et rien n'avait encore �t� fait.
On nageait vers l'inconnu. Les sports aquatiques, tels qu'ils sont pr�sent�s durant ces championnats, ne font pas partie de la culture qu�b�coise.
L'�v�nement �tait pr�sent� pendant que des dizaines de milliers d'ouvriers de la construction d�sertaient le Qu�bec. Le prix des billets �tait trop �lev� pour la natation. On �tait � la merci du climat. Bref, le danger d'un revers financier �tait bien pr�sent.
Ainsi, quand le maire a promis la rentabilit� de l'�v�nement, on a pens� tout de suite � lui lancer une bou�e de sauvetage. Le budget n'avait pas encore �t� �tabli. Montr�al se dirigeait d�j� vers un d�ficit anticip� de 20 millions $ quand il a perdu l'�v�nement.
� Quand le maire m'a parl� de Montr�al 2005 pour la premi�re fois, je me souviens lui avoir r�pondu que le vrai miracle, ce serait que la comp�tition soit pr�sent�e �, affirme Legault.
Il pouvait flairer le danger mieux que personne, lui qui consacre un an � l'organisation de son Grand Prix de F-1.
Tout �tait � b�tir. L'organisation jouissait d'un budget de 38 millions $ au d�part. Seize millions avaient d�j� �t� d�pens�s sans que rien n'ait �t� fait.
O� cet argent �tait-il pass� ? On ne l'a jamais su. Montr�al 2005 avait d�j� un suicide sur la conscience. L'heure n'�tait pas aux enqu�tes. Il fallait retrousser ses manches et vite.
Une liste ? Quelle liste?
Le grand responsable des communications, Richard Prieur, a eu toute une
surprise quand il a demand� qu'on lui remette la liste des journalistes affect�s � ces Championnats mondiaux aquatiques.
� Une liste ? Quelle liste ? �, a r�pondu une pr�pos�e.
�La liste que vous utilisez pour l'envoi des communiqu�s�, a r�torqu� Prieur.
� Mais nous n'envoyons pas de communiqu�s �, a rench�ri la dame.
�a faisait trois ans que l'organisation �tait en op�ration et aucun membre des m�dias, tant � l'�chelle mondiale que montr�alaise, n'avait re�u la moindre ligne sur cette comp�tition.
Prieur a couru chez Legault. � Normand, tu n'as pas id�e � quel point nous sommes dans la merde �, lui a-t-il dit.
C'est une anecdote qui illustre � quel point le trio Tremblay-Legault-Guimond est parti de loin.
Malgr� tout, s'il n'y avait pas eu cet engagement ferme d'en faire un succ�s financier, Montr�al 2005 serait d�j� un succ�s.
On aurait pu annoncer un trou de quatre ou cinq millions de dollars en faisant la d�monstration que �a valait le prix pour montrer � 650 millions de t�l�spectateurs que Montr�al �tait capable de se retourner sur une pi�ce de 10 cents pour pr�senter quelque chose de grand.
Maintenant, � cause de la promesse du maire, l'organisation a le dos au mur. M�me en manipulant les chiffres, on ne pourrait pas �viter un bilan r�dig� � l'encre rouge. Des gradins d�garnis, �a ne trompe pas.
Pas de chiffres erron�s
Avez-vous l'intention de jouer avec les chiffres pour sauver les fesses du maire, monsieur Legault ?
Il a presque encaiss� la question comme une insulte. � Je peux vous assurer que nous ne pr�senterons pas un rapport bidon, assure-t-il. Vous saurez ce qu'il en est. S'il y a un d�ficit, il y aura un d�ficit, c'est tout. �
Dimanche soir, on nous donnera un chiffre d'assistance global, on parlera d'un pourcentage de billets vendus, mais l'heure ne sera pas au bilan.
Il faudra un minimum de deux mois avant que toutes les factures soient comptabilis�es. �a nous m�ne � la porte des �lections municipales.
G�rald Tremblay aura tenu la moiti� de sa promesse. L'�v�nement a �t� remarquable, m�me si peu de gens y sont venus.
Pour le reste, il faudra voir la facture qui sera refil�e � ses contribuables.
Il serait �tonnant que Montr�al 2005 lui co�te son si�ge � la mairie. Il y a un prix pour tout. L'�v�nement aurait �t� plus co�teux encore pour Montr�al s'il n'avait pas eu lieu.
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