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20 juillet 2005

Alexandre : un scénario digne des oscars...

Alexandre Despatie a toujours voulu devenir un acteur et sa performance d'hier lui aurait valu une panoplie d'oscars, dont ceux du meilleur acteur, de la meilleure performance, du meilleur scénario ainsi que celui pour le plus grand retour.

Alexandre a lui-même dit qu'il a vécu l'année la plus difficile de sa vie jusqu'à maintenant et je sais par quoi il est passé. C'est impressionnant de voir avec quelle force il est revenu au sommet.

On dirait qu'il est né pour laisser sa trace et il le fait non seulement avec un score jamais vu, mais avec détermination, car il est revenu de cette période creuse où il se cherchait comme jeune adulte qui broyait du noir.

Il a connu une année en dents de scie. Il a cherché des solutions tant bien que mal et en a trouvé des bonnes, comme d'aller s'entraîner aux États-Unis, ce qui lui a permis de prendre ses distances.

Quand il est parti, cela m'a fait peur, mais ce fut finalement bénéfique car il a pu s'entraîner dehors en plus de s'éloigner du cirque médiatique.

On savait qu'il allait avoir de la pression et il aurait pu craquer, car ça lui est déjà arrivé une fois.

Il sait donc qu'il n'est pas invincible. Il connaît ses faiblesses et sait qu'il est humain, mais il a bien contrôlé cela hier.

Je le sentais dur avec lui-même.

Même si ses plongeons étaient bons, il ne se permettait pas de célébrer ne serait-ce que quatre ou cinq minutes. On ne l'a même pas vu esquisser un sourire pendant la compétition.

Même sur le podium, il était très sérieux au début. Puis, en regardant sa médaille, il semblait dans la lune avant de réaliser ce qui venait de lui arriver.

Concentration et constance
Alexandre a été très constant et on l'en savait capable, mais le faire à un aussi haut niveau est admirable.

Il a placé la barre très haut, même s'il savait que les Chinois étaient en difficulté dès le début de la compétition. Ceux-ci semblaient déstabilisés, même s'ils en ont vu d'autres.

Ils ne sont pas habitués à plonger sous la pression, car ils dominent ce sport depuis 1984.

Quand ils ont de la pression, on dirait qu'ils essaient trop. Ils montent plus haut, puis ils tournent plus vite, alors que ce n'est pas cela, le plongeon.

Ils étaient très émotifs, surtout Bo Peng. Il était tout croche, tellement qu'il avait l'air d'un débutant, alors qu'Alexandre a bien géré son stress lors de son saut d'appel, ce qui a été la clé pour lui.

Alexandre a dû penser à la technique qu'ii allait exécuteur, plongeon après plongeon. Les athlètes vont aux compétitions pour gagner des médailles, mais il s'agit en fait des conséquences des actions qu'ils ont posées.

Tu dois visualiser le chemin que tu dois prendre pour arriver quelque part, car si tu n'as pas d'indications, tu n'y arriveras pas.

Alexandre le modeste
Dans sa modestie, Alexandre a affirmé que, si la compétition s'était déroulée un autre jour, un autre plongeur aurait pu gagner la médaille d'or. C'est d'Alexandre tout craché et il a dit cela en toute modestie.

Je pense que, s'il faisait cette compétition de nouveau pendant sept jours, il en perdrait peut-être un mais les six autres fois, je suis certaine qu'il gagnerait.

Alexandre a réussi son plongeon qui lui donnait le plus de difficulté, ce qui a été le tournant de la compétition. Il était encore dans le pétrin lors de son saut d'appel et il l'a réussi, car il s'est battu jusqu'à la dernière seconde.

Il est vraiment allé le chercher, ce plongeon, pour finalement arriver droit dans l'eau. Ce fut le tournant, autant chez les juges que dans sa tête.

Propos recueillis par Charles Rooke


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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