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20 juillet 2005


photo : Pascal rathé

Alexandre Despatie et Michael Phelps ont-ils vraiment besoin qu'on les sauve de la noyade ?

Depuis le début des championnats du monde FINA 2005, c'est la question qu'on est en droit de se poser à la vue des nombreux secouristes de la Société du parc Jean-Drapeau qui « surveillent » les piscines utilisées par les meilleurs nageurs et plongeurs de la planète.

De l'avis de plusieurs, ça fait un peu boyscout. S'il y a un endroit au monde où les risques de noyade semblent nuls, c'est bien aux championnats du monde de sports aquatiques ! Tous les athlètes qui sautent à l'eau cette semaine nagent probablement mieux que ceux qui sont chargés de veiller à leur sécurité. En plus, toutes les équipes sont appuyées par une nuée d'entraîneurs, de soigneurs et de médecins qui, on s'en doute, doivent être à la fine pointe en matière de secourisme en milieu aquatique.

La loi oblige
Hier après-midi, par exemple, des secouristes municipaux étaient chargés de regarder plonger Alexandre Despatie afin d'assurer sa sécurité. En matinée au bassin de natation, deux autres employés de la SPJD, équipés de leurs petites planches de flottaison, supervisaient la séance d'entraînement de puissances mondiales comme l'Australie, l'Afrique du Sud et les Pays-Bas.

« La bonne nouvelle, c'est que si un sauveteur est en train de se noyer, il y aura pleins de bons nageurs pour le sauver!», a ironisé, sous le couvert de l'anonymat, un responsable de Montréal 2005.

À la Ville de Montréal, on convient que la situation peut sembler farfelue, mais on explique que la SPJD n'a pas le choix de faire appel à ses employés afin de se conformer à la loi québécoise en matière de sécurité.

Le Règlement sur la sécurité des bains publics stipule en effet que : Une piscine dont la surface du plan d'eau est supérieure à 150 mètres carrés doit être pourvue de stations de surveillance, et ce, même si la piscine est utilisée spécifiquement pour des cours ou des compétitions.

« Même s'il est ici question d'athlètes internationaux, ils courent tout de même des risques de blessure, a déclaré Amélie Régis, porte-parole de la Ville de Montréal. Les plongeurs, par exemple, peuvent heurter les tremplins avec leur tête et les sauveteurs sont formés pout intervenir dans l'eau ».

Une présence des plus discrètes
Le règlement sur la sécurité des bains publics précise que les secouristes doivent prendre place dans des sièges situés « au moins à 1,8 mètre au-dessus de la surface de l'eau », mais cet aspect de la loi n'est pas respecté cette semaine.

Constatant le ridicule de la situation, l'organisation de Montréal 2005 a demandé à ce que la présence des sauveteurs municipaux soit la plus discrète possible.

En bout de ligne, tout le zèle entourant l'application de cette loi tourne autour d'une seule question : les piscines du parc Jean-Drapeau sont-elles réellement des bains publics ?

« À mon avis, elles ne le deviendront que dans deux semaines, quand les compétitions de FINA 2005 seront terminées », estimait lundi l'un des coprésidents du comité organisateur, Normand Legault, quand nous lui avons posé la question.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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