18 juillet 2005
Comme bien des spectateurs qui ont bravé le mauvais temps pour assister aux Mondiaux FINA 2005 hier matin, Patrick Morin et Louise Gagnon ont eu droit à une mauvaise surprise en se présentant dans l’île Sainte-Hélène. Même si le site était à peu près vide, ils se sont retrouvés prisonniers d’un embouteillage !

« Quand nous sommes arrivés au stationnement, on nous a demandé d’attendre parce que les responsables n’avaient pas de billets en leur possession. Le préposé nous a dit que son patron était parti en chercher à Montréal », déplorait Morin quand nous l’avons croisé alors qu’il cherchait à trouver le plateau de water-polo.
Après plus de 20 minutes d’attente, Morin et sa conjointe ont décidé de chevaucher un terre-plein pour dénicher une autre place pour garer leur voiture.
Même s’ils avaient une carte du site en main, ils se sont ensuite perdus, incapables de trouver les indications devant les mener à bon port.
« À l’accueil, une dame nous a remis cette carte en précisant qu’elle ne savait pas par quels signes sont identifiés les différents sites. Elle nous a dit espérer qu’il y avait des indications, mais ne croyait pas que cela avait été fait », de raconter le citoyen de Saint-Bruno.
« Je comprends que l’organisation n’a pas eu beaucoup de temps pour tout mettre en place, mais ce genre de chose ne nous fait pas bien paraître aux yeux des étrangers », de renchérir Louise Gagnon.
« Les gens qui visitent Montréal ne veulent pas savoir que nous avons eu des problèmes avec FINA 2005. Ils veulent que ça fonctionne et, vu de l’extérieur, nous avons l’air désorganisés. »
L’électronique flanche
De tels problèmes de rodage, on en a décelé une foule hier sur les différents plateaux de FINA 2005.
Sur le plateau de nage synchronisée, le système électronique de pointage a subitement cessé de fonctionner – sans doute à cause des fortes pluies – et il a fallu que les juges s’en remettent à l’ancien système de cartons pour noter les performances des duos qui se produisaient devant eux.
Le problème, c’est que les juges n’étaient pas familiers avec l’ancienne méthode. Pour ceux qui regardaient la compétition à la télé, il était impossible de connaître tous les pointages parce que les cartons n’étaient pas orientés dans la même direction.
« Quand j’ai vu cela, mon cœur a cessé de battre et j’ai tout de suite repensé aux problèmes électroniques que nous avions connus à Barcelone en 1992 », a raconté l’entraîneur montréalaise Julie Sauvé.
À toutes les portes
Il faut aussi croire que les quelques 2500 bénévoles n’ont pas tous reçu les mêmes consignes.
Au plateau de plongeon, des photographes se sont plaints de s’être fait refuser l’accès à toutes les portes du site. « Un bénévole nous refusait l’accès à une porte puis nous renvoyait à la suivante. À la porte suivante, un autre bénévole nous renvoyait à la précédente. Ça n’avait aucun bon sens », a constaté le collègue Olivier Jean.
Toujours au plongeon, on a par ailleurs dû remplacer certains annonceurs à quelques heures d’avis parce qu’ils étaient incapables, par exemple, de prononcer correctement le nom d’Alexandre Despatie.
« Une telle situation aurait peut-être été tolérée en Ontario, mais certainement pas à Montréal », a fait valoir un observateur.
Le podium n’était pas prêt !
À la compétition de nage en eau libre, au bord du bassin, des ouvriers en étaient encore à compléter la construction du podium pendant que les compétitrices franchissaient l’étape de la mi-course !
On s’est ensuite rendu compte que ledit podium était mal placé et que les drapeaux québécois, canadien et montréalais trônaient encore au sommet des mâts. La cérémonie a dû être retardée de deux heures.
Puis, quand est venu le temps d’orienter les nageuses vers la salle de conférence de presse, on est tombés sur d’autres ouvriers, marteaux et scies en main, qui n’avaient pas encore eu le temps d’installer les panneaux publicitaires.
Encore là, deux heures plus tard, tout était en place et les conférences de presse ont pu avoir lieu. « Il y a bien eu de petits délais, mais nous n’avons absolument rien à reprocher à l’organisation. Nous sommes très bien traités depuis notre arrivée à Montréal », a fait valoir la Néerlandaise Edith Van Dijk, qui a mis la main sur le bronze au terme du 5 km en eau libre.
Ce n’était certainement pas de cette manière qu’on envisageait les débuts des Mondiaux FINA 2005, mais il serait beaucoup trop facile de tailler l’organisation en pièces pour si peu.
On retrouve sur place du personnel de grande qualité, et nul doute que des ajustements seront faits rapidement. Du moins, espérons-le.
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