19 janvier 2005

Des fins de carrières bouleversées

Jean-François Chaumont et Jean-Patrick Balleux

19 janvier 2005 - Après les Jeux olympiques d'Athènes, deux vétérans de l'équipe nationale de plongeon, Philippe Comtois et Myriam Boileau, ont prolongé leur carrière pour vivre un autre moment inoubliable. Ce moment magique, qui devait avoir lieu à Montréal dans le cadre des Championnats du monde aquatiques, ne surviendra jamais.

« Pour moi, les Championnats du monde aquatiques à Montréal représentaient mon dernier tour d'honneur. Il s'agissait de l'occasion de plonger devant mes parents et mes amis, mais mon but vient de tomber à l'eau », explique tristement Philippe Comtois.

Comtois désirait effectuer un dernier saut à Montréal avant de mettre un trait définitif à sa longue carrière de plongeur. « Pour l'instant, j'ai l'impression d'avoir reçu un coup d'épée non pas dans le dos, mais directement au coeur. »

Visiblement ébranlé par cette annonce, le plongeur du club CAMO réfléchira à son avenir au cours des prochains jours en compagnie de son entraîneur, Michel Larouche.

Myriam Boileau : un autre objectif
Un autre membre de l'équipe canadienne de plongeon à Athènes était atterrée. Myriam Boileau, qui devait prendre sa retraire en août après son septième rang au 10 mètres, souhaitait accrocher son maillot après un dernier saut devant les siens, à Montréal.

« C'est dommage parce que le sport amateur prenait de l'ampleur au Québec. Je n'ai jamais pensé que ça (l'annulation) pourrait arriver », a-t-elle confié. « Puisque j'ai déjà commencé l'entraînement pour une autre saison, je vais me fixer les Jeux mondiaux universitaires comme objectif, en Turquie, en août. »

Limpert dans le même bateau
La nageuse Marianne Limpert conservait également ses dernières énergies pour Montréal. « C'est un jour vraiment triste pour moi, affirme la médaillée d'argent des Jeux olympiques d'Atlanta au 200 mètres quatre nages individuelles. Après avoir échoué à me qualifier pour Athènes, je désirais me reprendre en terminant ma carrière chez moi. »

L'athlète de 32 ans a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Barcelone, Atlanta et Sydney en plus de participer à plusieurs Championnats du monde. Avec un palmarès aussi éloquent, elle aurait pu tirer sa révérence bien avant, mais la simple tenue de ces Jeux à Montréal lui donnait le courage de continuer.

« Maintenant, je crois que je n'aurais pas la motivation nécessaire pour me lever très tôt tous les matins afin de me rendre à la piscine. L'heure de la retraite a maintenant sonné pour moi. »

Yannick Lupien : une dernière fois devant les siens
Refusant d'annoncer maintenant son retrait de la compétition, Yannick Lupien aura aussi de la difficulté à retourner à la piscine. « Que la compétition ait lieu à Athènes ou ailleurs me passe 10 pieds par dessus la tête. Je voulais enfin nager devant ma famille et mes amis. Avoir su, je ne l'aurais pas fait », a lancé le nageur québécois, membre du relais à Athènes, qui revient de la Barbade où il a nagé 150 kilomètres à l'entraînement.

« Je suis désolé et j'aurais aimé le savoir (l'annulation) à temps pour m'inscrire à une école de pompier en janvier. Maintenant, il est trop tard », constate celui qui pense aux millions que coûtera l'annulation de l'événement. Des millions qui auraient pu être investis dans le sport amateur.


page mise en ligne le 19 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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