21 janvier 2005


Jean Lapierre
photo : Presse canadienne

Lapierre pointe du doigt le comité organisateur

Martin Ouellet

À l'instar des partis d'opposition aux communes, le ministre fédéral Jean Lapierre souhaite que le comité organisateur des Mondiaux de natation de Montréal défilent devant le comité permanent des comptes publics pour expliquer leur échec.

«C'est très triste que l'aventure ait échoué. Le comité des comptes publics a le droit de scruter le rôle de ceux qui sont responsables. Après tout, il s'agit de l'argent des contribuables», a dit M. Lapierre, vendredi, en point de presse, à Québec.

Le grand responsable du fiasco, estime le ministre, est sans contredit le comité organisateur de l'événement, qui n'a pas livré la marchandise. «Ils s'étaient engagés à associer le secteur privé au projet mais ils ne l'ont pas fait. Il y a eu bris d'engagement».

À cet égard M. Lapierre est sur la même longueur d'onde que les députés du Bloc québécois et du NPD, qui pointent du doigt les dirigeants des Internationaux du sport de Montréal (ISM) et de Montréal 2005, auxquels étaient associés, entre autres, Serge Savard, Yvon DesRochers, Roger Légaré et Marc Campagna.

«Les gouvernements ont livré la marchandise (...) mais à la fin, l'organisation n'a pas livré sa partie du «bargain», a-t-il commenté.

Si les entreprises ont refusé de s'associer à l'événement, c'est peut-être parce qu'elles n'y trouvaient pas «d'intérêts commerciaux», croit le ministre. «D'ordinaire, les entreprises ne sont pas inspirées par Mère Thérésa. Est-ce que la chose leur a été mal présentée ? On me dit aussi que les billets ne se vendaient pas beaucoup. C'était bien mal parti cette affaire-là.»

En tout, Ottawa a englouti 16 millions dans l'aventure et le gouvernement du Québec, 14 millions.

Dans l'avenir, a souligné M. Lapierre, le gouvernement fédéral devra être beaucoup plus prudent et pointilleux quand viendra le temps d'allonger les dollars pour l'organisation d'un événement international.

«Une chose est certaine, avant de donner notre soutien à un comité pour une activité internationale, j'espère que l'on sera plus rigoureux et plus exigeant, parce que, ça paraît mal. Ça paraît mal».

Le retrait des Championnats du monde de sports aquatiques, confirmé mercredi par la Fédération internationale de natation (FINA), n'aura pas de conséquences financières.

La décision risque aussi de laisser une bien mauvaise impression de Montréal aux yeux des grands bonzes du sport amateur, redoute le ministre. «On ne paraît pas bien. Se faire octroyer des jeux, puis se les faire retirer parce que quelqu'un n'a pas tenu parole, ce n'est pas bien bon», a-t-il dit.


page mise en ligne le 21 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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