30 janvier 2005


Yvon DesRochers à la fin du mois d'octobre 2004.
photo : Armand Trottier

Championnats du monde de sports aquatiques

« Des attaques mesquines et grotesques » dit Yvon DesRochers

De son propre aveu, le directeur général de Montréal 2005, Yvon DesRochers, est un matinal. Neuf fois sur 10, c'est lui qui arrive le premier au travail et qui désamorce le système d'alarme des bureaux du comité organisateur des Championnats du monde de sports aquatiques.

« Parce que moi, je suis là et je le fais, le travail », a dit M. DesRochers quand La Presse l'a appelé pour obtenir des commentaires sur les doléances de huit de ses ex-employés, qui l'accusent d'agir de manière autoritaire et d'avoir instauré à Montréal 2005 une véritable culture du secret.

Ces anciens membres du personnel du comité organisateur voient un exemple patent de cette culture dans les longues minutes que M. DesRochers passe régulièrement, avant l'arrivée de la plupart de ses subalternes, à alimenter la déchiqueteuse installée dans son bureau d'angle, au cinquième étage de la Place du Canada.

« Plusieurs matins par semaine, la déchiqueteuse fonctionnait de manière substantielle, raconte un ancien employé. Il avait une manie du secret assez spectaculaire. » D'autres soulignent que M. DesRochers verrouillait sa porte dès qu'il s'absentait de son bureau, ne serait-ce que pour se rendre dans la salle adjacente.

Ce genre de commentaires fait sourire M. DesRochers, qui affirme s'être toujours fait un point d'honneur « d'avoir une politique de la porte ouverte ». « C'est tellement grossier que c'en est drolatique. J'espère que ce n'est pas étonnant que d'anciens employés ne soient pas toujours élogieux, dit-il. D'ailleurs, c'est rare qu'on est ex-employé parce qu'on est la lumière du groupe, qu'on est le plus compétent et qu'on est le plus dévoué. « Ma déchiqueteuse, elle fonctionne tout le temps, n'importe quand. Je reçois toutes sortes d'affaires que je n'ai pas besoin de classer et je les passe dans la déchiqueteuse. Si c'est ça les arguments que j'aurai à pourfendre sur la place publique, ma défense va être facile. »

Et que répond-il aux allégations selon lesquelles son attitude « abrasive et méprisante », pour reprendre les termes utilisés par un ancien cadre de Montréal 2005, a contribué au départ de plusieurs employés au cours de la dernière année ?

« C'est faux, dit-il. Moi, je n'ai congédié personne. Qu'un vice-président décide de congédier quelqu'un, ça oui. Mais se rapportant à moi, il y a quatre vice-présidents et un conseiller spécial. Et je ne les ai pas congédiés. Ce sont les vice-présidents qui ont pris leurs décisions. Je n'avais pas d'intérêt à les renverser. Comme si je me promenais dans les corridors pour congédier des gens ! C'est grotesque. »

Des employés ont pourtant raconté à La Presse que cela ressemble beaucoup à ce que M. DesRochers a fait l'été dernier après qu'un groupe d'employés se furent présentés en retard à un souper d'entreprise au Hard Rock Café, rue Crescent. Furieux, M. DesRochers avait arpenté les couloirs du bureau le lendemain, à la recherche du « coupable » qui avait manigancé selon lui ce retard. Une employée avait alors démissionné et une autre avait été congédiée à son retour de vacances.

Quant à ses présumées relations difficiles avec la FINA (un employé a témoigné par exemple que le secrétaire général de la Fédération, Cornel Marculescu, appelait sarcastiquement M. DesRochers « Son Altesse » quand ce dernier était absent), M. DesRochers affirme qu'il s'agit de « commérages ». « Ça n'a rien à voir avec la décision de retirer l'événement à Montréal. C'est sûr que M. Marculescu et moi avons eu des différends. Et c'est normal. Il travaille pour les intérêts de la FINA et moi je travaille pour ceux du comité organisateur, et ces intérêts ne sont pas toujours convergents. M. Marculescu me reprochait de toujours prendre des décisions pour épargner de l'argent. Ce n'est pas un gros reproche ! »

« Je trouve ça tellement mesquin de la part de ceux qui vous disent des histoires comme ça. J'ai parlé régulièrement à M. Marculescu pendant nos difficultés, et il m'a dit : Yvon, we will always be friends and wherever the championships take place, you will be my guest. » De plus, souligne M. DesRochers, le conseil d'administration de Montréal 2005 a voté le 26 novembre, à l'unanimité et en présence des représentants des trois ordres de gouvernement, une résolution exprimant « sa satisfaction et sa confiance » à son endroit.

Il ne veut pas en dire plus « pour ne pas nuire aux démarches du maire Tremblay », qui doit rencontrer aujourd'hui à Paris le président de la FINA, Mustapha Larfaoui. « Mais un jour, vous allez savoir qui a bousillé les championnats, et vous allez voir que ce n'est pas Yvon DesRochers. Pour l'instant, c'est facile : on tire sur le chef de la direction. Mais un jour on va dire la vérité et ça va faire mal - et peut-être pas à moi. »



Yvon DesRochers, Mustapha Larfaoui et Roger Légaré
photo : Montréal 2005


page mise en ligne le 30 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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