29 janvier 2005

Championnats du monde de sports aquatiques

Les gouvernements savaient depuis un an
que l'événement risquait d'être déplacé

Jean-François Bégin et Alexandre Pratt

Le plan de sauvetage des Championnats du monde de sports iaquatiques, que le maire Gérald Tremblay ira défendre devant la Fédération internationale de natation (FINA), demain à Paris, a été conçu près d'un an après que les trois ordres de gouvernement eurent été avertis du risque que l'événement ait lieu dans un autre pays.

Les organisateurs ont évoqué le scénario du pire dès le 9 février 2004, lors d'une réunion du conseil d'administration de Montréal 2005 à laquelle assistaient des représentants du fédéral, du provincial et de la Ville de Montréal.

Selon un compte rendu précis de cette rencontre obtenu par La Presse, le directeur général de Montréal 2005, Yvon DesRochers, avait alors indiqué qu'un paiement de 990 000 $ US dollars américains dû à la FINA avait été retenu en raison d'un manque de liquidités.

« Avant de faire d'autres paiements, nous voulons nous assurer que nous ne sommes pas encore sous la menace de nous faire enlever les Championnats pour qu'ils aillent ailleurs », avait expliqué M. DesRochers, qui craignait manquer de fonds pour payer ses employés au cours des deux mois suivants. La gestion à l'interne était alors très serrée, les fonds gouvernementaux étant surtout destinés à payer les redevances à la FINA et les dépôts pour les 55 000 nuitées d'hôtel réservées au centre-ville de Montréal.

« On se met dans une situation catastrophique avec la FINA », avait poursuivi l'homme d'affaires Jean Perron, des Internationaux du sport de Montréal, organisme de démarchage qui a obtenu les Mondiaux. La FINA craignait que Montréal 2005 ne soit pas capable de produire « un à événement de qualité » et de générer des revenus suffisants pour offrir le niveau de compétition souhaité.

Police d'assurance
Craignant un échec, Yvon DesRochers avait indiqué aux membres du conseil d'administration qu'il tentait de contracter une police d'assurance qui protégerait ses administrateurs contre toute éventualité jusqu'à cinq millions de dollars. « Les assureurs nous disent que c'est valable pour tout, sauf pour la FINA. Pourquoi ? Si la FINA nous poursuit, on a une relation trop directe avec eux pour que la police s'applique. Je n'ai pas accepté ce point de vue, car les assureurs doivent nous protéger en totalité, pour toutes les décisions. »

Les préoccupations des gouvernements ce jour-là étaient cependant tout autres. Les trois ordres critiquaient sans relâche le manque de transparence du comité organisateur. La représentante de la Ville de Montréal, Rachel Laperrière, est notamment intervenue afin de demander pourquoi elle n'avait pas eu les états financiers avant la réunion. « Je n'ai pas eu le temps de les faire », lui avait répondu le coprésident du conseil et trésorier de Montréal 2005, Roger Légaré. « Alors, je suis mal à l'aise d'être ici comme nouvelle membre sans en avoir pris connaissance avant », avait rétorqué Mme Laperrière.

Réaction de la FINA
La possibilité évoquée en 2004 au conseil d'administration de Montréal 2005 est devenue réalité 11 mois plus tard, le 19 janvier, quand la FINA, après avoir refusé d'accéder à une demande du gouvernement québécois d'apporter elle-même une aide financière, a retiré à Montréal le mandat d'organiser les championnats. Quelques heures plus tard, le maire Tremblay a promis d'éponger tout déficit de l'événement.

Joint en Algérie hier par Radio-Canada, le président de la FINA, Mustapha Larfaoui, a dit trouver regrettable la façon dont les organisateurs et les gouvernements ont géré le dossier. « Maintenant, on me dit qu'on a toutes (les garanties financières). J'aurais aimé le savoir avant le 18 janvier, comme ça, je n'aurais pas eu besoin de réunir les 22 membres du bureau en les faisant venir des quatre coins du monde. »

La FINA a indiqué qu'elle annoncerait le choix de la ville-hôtesse des Mondiaux 2005 au plus tard le 15 février, sans toutefois préciser si Montréal était encore sur les rangs.


page mise en ligne le 29 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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