28 janvier 2005


Les tensions entre Jean Lapierre et Liza Frulla ont atteint leur point culminant
cette semaine à l'occasion du caucus libéral qui se tenait à Fredericton.

FREDERICTON-Le sort des Championnats mondiaux de sports aquatiques sème la zizanie au sein du cabinet de Paul Martin. Alors que la ministre Liza Frulla craint que la perte de cet événement sportif entache la réputation de Montréal sur la scène internationale, une autre faction, menée par Jean Lapierre, estime que le gouvernement Martin ne doit pas délier une fois de plus les cordons de sa bourse pour financer cette compétition.

Nathaëlle Morissette

Les tensions entre ces deux poids lourds du gouvernement ont atteint leur point culminant cette semaine à l'occasion du caucus libéral qui se tenait à Fredericton, a appris <ì>La Presse. En effet, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui doit se rendre à Paris sous peu pour rencontrer les dirigeants de la Fédération internationale de natation (FINA) afin de les convaincre de tenir l'événement dans la métropole comme prévu, souhaitait que la ministre du Patrimoine, Mme Frulla, l'accompagne lors de ce voyage. Liza Frulla et Gérald Tremblay se connaissent pour avoir longtemps travaillé ensemble dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa au début des années 90.

Toutefois, selon des sources, le maire Tremblay a dû essuyer deux refus d'abord celui du premier ministre Martin, qui a confié le dossier à son lieutenant politique, Jean Lapierre, et ensuite celui de M. Lapierre lui-même. Ce dernier estime que le gouvernement fédéral en a déjà assez fait. Les dirigeants des Internationaux du sport de Montréal, avec à leur tête Serge Savard, ainsi que les organisateurs de ces championnats mondiaux pourraient d'ailleurs comparaître devant le comité des comptes publics des Communes pour expliquer où sont passés les 16 millions que le fédéral a engloutis dans l'organisation de cette compétition. L'atmosphère post-scandale des commandites n'est pas propice à de nouvelles dépenses du genre, selon M. Lapierre.

Rappelons que c'est le manque de commandites qui a plongé l'événement dans cette crise. Selon le plan d'affaires soumis lors de la demande de l'événement, les organisateurs avaient prévu recueillir 12 millions en commandites privées, mais leur maigre récolte ne s'est finalement élevée qu'à 500 000 $. Québec et Ottawa ont été appelés à la rescousse, mais les deux gouvernements ont jugé déraisonnable d'injecter davantage d'argent dans l'aventure. Le maire de Montréal s'est alors lancé dans une tentative de sauvetage in extremis.

M. Tremblay met toutes les chances de son côté. Mercredi, il a discuté au téléphone pendant une quinzaine de minutes avec Walter Sieber, vice-président du Comité olympique canadien et vétéran des milieux du sport international. M. Sieber, qui entretient d'excellentes relations avec le président de la FINA, Mustapha Larfaoui, et le secrétaire général de l'organisation, Cornel Marculescu, se trouve présentement à Lausanne dans le cadre de ses fonctions au sein du mouvement olympique.

Devant le manque de garanties financières, la FINA a décidé de ne plus tenir les championnats à Montréal. Après cette annonce, la Fédération a lancé un appel de candidatures qui doit prendre fin aujourd'hui.

Toutefois, la ministre Frulia, convaincue que Montréal doit demeurer l'hôte de ces championnats, est revenue à la charge hier auprès du premier ministre lors de la dernière réunion du caucus, qui se déroulait derrière des portes closes, pour lui demander si elle pouvait accompagner le maire Tremblay. Une demande qu'il a une fois de plus rejetée.

À la sortie du caucus, où l'attendaient plusieurs journalistes, Mme Frulla, visiblement en furie, a refusé de répondre aux questions, prétextant qu'elle n'était pas de bonne humeur « pour des raisons personnelles », a-t-elle dit. Prenant visiblement ce dossier très à coeur, elle s'est d'ailleurs déjà entretenue au téléphone pendant une quarantaine de minutes avec le président de la FINA. Confiante de pouvoir sauver la compétition, Mme Frula voulait se rendre à Paris dimanche en compagnie du maire Tremblay pour rencontrer des représentants de la FINA à l'ambassade canadienne.

Au cabinet de Mme Frulla, on nie que sa réaction à la sortie du caucus ait un lien avec le dossier de la FiNA. Des députés libéraux confirment toutefois qu'une partie de bras de fer est bel et bien en cours au cabinet pour la survie de l'événement. La Fédération devrait confirmer le nom des villes candidates la semaine prochaine. La ville hôtesse devrait être connue le 15 février.

Avec la collaboration de Jean-François Bégin.


page mise en ligne le 28 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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