26 janvier 2005

Le coup de fil à M. Sieber
n'est jamais venu

Le maire Gérald Tremblay est assurément animé par les meilleures intentions du monde dans sa tentative désespérée de sauver les Championnats du monde de sports aquatiques. Et on ne peut que se réjouir qu'il soit parvenu à obtenir une rencontre avec le président de la Fédération internationale de natation (FINA), Mustapha Larfaoui.

Mais M. Tremblay ne prend de toute évidence pas tous les moyens qui s'imposent pour arriver à ses fins. Comment expliquer autrement que personne à l'Hôtel de Ville n'ait jugé bon à ce jour de faire appel à Walter Sieber pour tenter une approche du côté de la FINA ?

Peu de Canadiens (à l'exception peut-être de Richard Pound) jouissent de meilleurs contacts dans les milieux du sport amateur international que M. Sieber. Vice-président du Comité olympique canadien, l'ancien directeur général des sports des Jeux olympiques de Montréal connaît très bien les rouages des grandes fédérations, travaillant lui- même pour la FIFA (soccer). Et il en connaît intimement plusieurs dirigeants, dont M. Larfaoui et le secrétaire général de la FINA, Cornel Marculescu.

Comble d'ironie, M. Sieber se trouve ces jours-ci à Lausanne, où est établi le siège de la FINA. Il participe à une réunion de la commission du programme des Jeux olympiques, qui doit recommander au Comité international olympique, plus tard cette année, quels sports devraient être présentés à compter des Jeux de 2012.

Le plus efficace diplomate sportif canadien est en Suisse au moment même où la Ville de Montréal a besoin de sortir le grand jeu pour convaincre les bonzes de la FINA. Et personne ne songe à lui passer un petit coup de fil pour lui demander de faire jouer ses contacts ? Appelons ça une occasion manquée.

Oh, et en passant, M. Tremblay. on dit « Championnats du monde ». Pas Jeux mondiaux. Si vous voulez convaincre M. Larfaoui du sérieux de votre initiative, il serait important de commencer par appeler les choses par leur nom.

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Je me trouvais à Barcelone le jour où la FINA a retiré à Montréal l'organisation des Championnats, la semaine lemière. La nouvelle s'est frayée un chemin jusqu'aux pages des deux quotidiens sportifs de la ville, Sport et El Mundo Deportivo, enfouie derrière les dizaines de pages consacrées au football et surtout au FC Barcelone, qui domine le championnat espagnol.

Une citation de Lluis Bestit, président de la Fédération catalane de natation et vice-président de la fédé espagnole, a retenu mon attention. « Ce qui vient d'arriver n'est pas bon signe pour la natation. Il est évident que les exigences de la FiNA ne sont pas toujours réalisables. Cette nouvelle prouve la valeur de l'effort fait par Barcelone en 2003. »

Les propos de M. Bestit corroborent ceux tenus par plusieurs experts, dont le président du Comité olympique australien, John Coates. À entendre M. Coates, la voracité de la FINA rend pratiquement impossible de tenir des championnats sans encourir un déficit. Selon lui, les exigences de la fédération ont d'ailleurs convaincu Sydney de ne pas poser sa candidature contre celle de Montréal, en 2001.

« La FINA devrait réfléchir au partage des revenus entre la fédération internationale et les comités organisateurs, a-t- il dit. Pratiquement toute la commandite internationale va à la FINA et, de manière similaire, les droits de télé sont versés pour l'essentiel à la fédération. Le comité organisateur local est très dépendant des commandites locales et des ventes de billets. »

Même les championnats de Barcelone ont fini dans le rouge. Une loterie publique et les contributions des différents niveaux de gouvernements avaient permis de réunir près des deux tiers du budget de 17 millions d'euros. Mais l'obtention de cinq millions en commandites privées n'a pas empêché le comité organisateur d'être à cours de 1,3 million d'euros. Qui ont finalement été payés par la mairie de Madrid.

C'est un précédent que M. Tremblay ferait bien de garder en tête quand il ira discuter avec M. Larfaoui.

Quoi qu'il en soit, si le maire veut avoir une chance minime de réussir, il faudra qu'il aille lui-même à Lausanne pour soumettre les garanties financières tout en excusant le comité organisateur de leur incompétence dans ce dossier. Il faudra également injecter du sang nouveau au comité organisateur pour regagner la confiance de la FINA.


page mise en ligne le 26 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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