19 janvier 2005Championnats mondiaux de natation
Sébastien Rodrigue et Sophie Allard
La Fédération internationale de natation (FINA) décidera aujourd'hui de l'avenir des Championnats du monde de sports aquatiques, mais le comité organisateur reste encore aux prises avec un manque de manditaires plusieurs semaines après le lancement de la campagne pour renflouer l'événement.
L'avenir des Championnats se décidera aujourd'hui à Francfort où les 22 dirigeants de la FINA statueront sur le sort de la compétition internationale qui doit se tenir à Montréal l'été prochain. La Fédération pourrait renoncer à une part de ses revenus, annuler l'événement ou encore le déménager.
Le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, rappelle en entrevue que la première condition pour sauver l'événement est que la FINA y aille d'une « contribution imaginative », ce qui se chiffre à 3,6 millions selon les souhaits de Québec.
Le ministre ajoute que l'opération de sauvetage des Championnats n'est pas encore au stade des commandites privées.
« Les pistes sont d'abord la FINA, ensuite les commandites privées et la télédiffusion. On verra pour le reste, comment Montréal, Québec et Ottawa feront l'accompagnement final », dit-il.
Même si la FINA faisait preuve d'ouverture, il resterait donc à trouver du financement privé et à renégocier le contrat de télédiffusion avec Radio-Canada qui coûte 4,6 millions aux organisateurs.
Le manque de commandites est justement à l'origine de la crise qui secoue l'organisation. Seulement 600 000 $ ont été amassés jusqu'à maintenant et peu d'engagements concrets ont été paraphés depuis les signaux de détresse lancés par l'organisation en décembre dernier.
La recherche récente de commanditaires privés s'est avérée vaine en raison de la menace qui pèse sur la tenue même de l'événement, mais aussi sur la visibilité à la télévision, a-t-on appris. En fait, les revenus publicitaires pour la télédiffusion vont directement à la FINA, ce qui ne réduit en rien le manque à gagner de 12 millions de l'organisation montréalaise.
En novembre, Montréal 2005 a réclamé aux trois ordres de gouvernement une aide financière de 12 millions assortie d'une garantie de prêt de six millions. Les contributions gouvernementales (incluant les dépenses en infrastructures) sont passées au fil du temps de 24 à 44 millions, soit 19 millions d'Ottawa, 14 millions de Québec et 11 millions de Montréal.
Tourisme Montréal s'implique
Depuis la mobilisation pour sauvegarder l'événentent, les seuls engagements pécuniaires envers les Championnats sont venus de Tourisme Montréal (500 000 $) et de la Fédération aquatique du Canada qui a renoncé à 500 000 $ pour l'achat des droits de présentation des compétitions.
Tourisme Montréal a diminué de 500 000 $ le budget prévu pour sa campagne de promotion touristique de l'été 2005. « C'est peu et c'est beaucoup à la fois. On veut démontrer à la FINA que les choses bougent. Ce sera peut-être un élément déclencheur dans la décision », souhaite Charles Lapointe, président de Tourisme Montréal. L'événement, qui devrait attirer 2000 athlètes et membres de délégations de 160 pays, représente 55 000 nuitées dans les hôtels montréalais et des retombées en dépenses touristiques de 15 millions.
La Ville de Montréal s'est déjà dite prête à fournir un million à certaines conditions. Le gouvernement provincial souhaite que le secteur privé fasse sa part avant d'allonger sa mise, et Ottawa a déjà annoncé qu'il ne verserait pas davantage.
Si jamais la FINA acceptait aujourd'hui de se priver de 3,6 millions, les Championnats devraient donc dénicher 6,4 millions chez des commanditaires. Le ministre Fournier précise que l'utilisation de quatre millions du fonds jeunesse ne pourra pas servir à la FINA puisque cette somme a déjà été engagée. Ce fonds est financé pour moitié par l'État et pour moitié par le produit d'une taxe spéciale sur les entreprises.
Le coprésident du comité organisateur de Montréal 2005, Roger Légaré, reste confiant malgré la persistance des problèmes financiers. « Nous ne présentons pas vraiment un nouveau budget, mais préférons miser sur l'importance des retombées économiques de l'événement (...) et d'assurer à la FINA que tous les partenaires (...) sont encore engagés à livrer un événement de qualité, à la hauteur de ce que nous avons présenté dans notre plan de départ », souligne-t-il.
page mise en ligne le 19 janvier 2005 par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive