12 janvier 2005

La FINA doit y mettre du sien

La derni�re phase du compte � rebours est commenc�e pour les Championnats du monde de sports aquatiques, dont le sort doit �tre d�cid� au plus tard le 18 janvier.

Et il semble d�sormais �vident qu'un seul sc�nario permettra d'assurer leur survie et de faire en sorte que l'�v�nement ait lieu comme pr�vu � Montr�al l'�t� prochain : la F�d�ration internationale de natation (FINA) devra puiser dans ses goussets.

Le ministre qu�b�cois du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, l'a r�p�t� sur tous les tons, hier soir, lors d'un point de presse convoqu� � la h�te � l'a�roport de Dorval, au terme d'une rencontre avec le pr�sident de la FINA, Mustapha Larfaoui.

�J'ai �t� tr�s clair avec la FINA : les pr�alables que nous avons pos�s en d�cembre continuent de devoir �tre rencontr�s, a dit le ministre Fournier. Il faut que la FINA trouve une fa�on d'apporter une contribution. Pr�sentement, les gouvernements paient et la FINA fait de l'argent. Si les gouvernements doivent faire une contribution suppl�mentaire, on demande que ceux qui vont faire des revenus en fassent une eux aussi.�

Quelques heures plus t�t, la FINA semblait pourtant �carter toute possibilit� d'apporter un soutien financier quelconque au comit� organisateur de Montr�al 2005. Celui-ci fait face, rappelons-le, � une grave crise de liquidit�s. En novembre, le comit� a r�clam� aux trois niveaux de gouvernement une aide financi�re d'urgence de 12 millions, assortie d'une garantie de pr�t de six millions.

�Nous avons accord� les Championnats � Montr�al en prenant pour acquis les engagements clairs des gouvernements du Qu�bec et du Canada et apr�s s'�tre entendu sur le budget n�cessaire pour organiser un �v�nement d'une telle ampleur. Le partage des d�penses entre les sources publiques et priv�es concerne le Canada, le Qu�bec et Montr�al, pas la FINA�, avait d�clar� M. Larfaoui dans un communiqu� publi� sur le site Internet de la FINA en d�but d'apr�s-midi.

Autrement dit : on vous a donn� les Championnats; maintenant, c'est � vous de vous d�brouiller pour joindre les deux bouts.

M. Fournier, qui a discut� avec M. Larfaoui apr�s que celui-ci e�t rencontr� les dirigeants du comit� organisateur de Montr�al, dont les copr�sidents Roger L�gar� et Dick Pound, s'est toutefois montr� confiant d'avoir fait comprendre � M. Larfaoui que son organisation devait mettre l'�paule � la roue elle aussi.

�� la fin de la rencontre, j'ai senti que M. Larfaoui d�montrait de l'ouverture envers la possibilit� d'apporter une contribution, a dit M. Fournier. Je ne vous dis pas que c'est gagn�, loin de l�, parce que le pr�sident de la FINA �tait tr�s n�gatif au d�but de la rencontre. Mais je suis content parce qu'au moins, il dit maintenant qu'il va r�fl�chir.

�Je ne demande pas le P�rou. Il y a juste un premier effort � faire. C'est la premi�re porte � ouvrir. Apr�s �a, on sera peut-�tre capable de d�barrer d'autres serrures.�

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M. Fournier a parfaitement raison. Vrai, la crise actuelle a �t� provoqu�e par l'incapacit� du comit� organisateur de Montr�al 2005 d'atteindre les objectifs de commandite priv�e compl�tement d�mesur�s - 12 millions sur un budget de 36,5 millions - qu'il s'�tait fix�s. Mais si la FINA veut vraiment que l'�v�nement ait lieu � Montr�al, et si elle n'a pas, comme on peut le pr�sumer, de plan B capable de la tirer du mauvais pas dans lequel elle se trouve, elle doit maintenant casquer.

Les gouvernements ont rempli leur part du march�. Qu�bec a vers� 14 millions au titre des infrastructures. Ottawa a contribu� 16 millions au budget d'exploitation de l'�v�nement. Et la Ville de Montr�al s'est engag�e � hauteur de 11,1 millions, si on inclut les d�penses qu'elle assumera pour assurer la s�curit� de l'�v�nement.

La FINA, elle, va s'en mettre plein les poches avec les Championnats, gr�ce aux commandites internationales et � la vente des droits de t�l�vision aux quatre coins du monde. Il ne serait que justice qu'elle accepte de faire sa part elle aussi.

Qu�bec demande que la FINA paie au bas mot 3,6 millions. Le gouvernement Charest r�clame aussi, de fa�on plus n�buleuse il est vrai, que l'on trouve une mani�re de financer les 4,5 millions que le comit� organisateur doit payer � Radio-Canada. La SRC recevra cette somme � titre de diffuseur h�te, c'est-�-dire pour fournir les images des Championnats aux diffuseurs internationaux.

Dans toute cette affaire, la FINA agit de mani�re arrogante. Elle n'a pas encore daign� r�pondre � la moindre question des journalistes, malgr� des demandes r�p�t�es aupr�s du si�ge de l'organisme � Lausanne. Encore hier, M. Larfaoui ne s'est pas montr� le bout du nez, laissant les autorit�s locales se d�brouiller avec la patate chaude.

En plus, la FINA a affirm� dans son communiqu� que le Conseil du Patronat du Qu�bec (CPQ) avait accept� de verser quatre millions de dollars � Montr�al 2005. C'est compl�tement faux.

La v�rit�, c'est que le pr�sident du CPQ, Gilles Taillon, est aussi le pr�sident du conseil d'administration du Fonds Jeunesse, un organisme public qui fermera bient�t ses portes apr�s avoir distribu� 246 millions pour financer des projets d'insertion sociale au cours des trois derni�res ann�es. Le Fonds Jeunesse �tait financ� pour moiti� par l'�tat et pour moiti� par le produit d'une taxe sp�ciale sur les entreprises.

Il reste 25 millions dans les coffres du Fonds Jeunesse, fruit de bons placements. M. Taillon a tout simplement �crit une lettre au premier ministre Charest pour sugg�rer que quatre de ces millions soient vers�s par Qu�bec � Montr�al 2005. Mais ce sont des fonds publics, et non pas une contribution priv�e, comme M. Taillon est d'ailleurs le premier � le reconna�tre.

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Si le ministre Fournier a adopt� la bonne attitude dans cet �pineux dossier, d'autres se tra�nent les pieds, dont le ministre d'�tat au Sport � Ottawa, Stephen Owen. Selon l'attach� de presse de M. Owen, celui-ci a discut� au t�l�phone avec M. Larfaoui, mais n'a m�me pas fait pression sur le pr�sident de la FINA pour que ce dernier mette de l'argent sur la table. Une belle occasion g�ch�e de la part du f�d�ral, qui donne l'impression de ne pas �tre plus pr�occup� qu'il ne le faut par le sort de Montr�al 2005.

Les Championnats peuvent pourtant encore �tre sauv�s. Si la FINA fait son bout, Qu�bec va allonger quelques millions. Montr�al a d�j� promis un million et Ottawa n'aura pas le choix d'embo�ter le pas. Un petit apport du priv� et le compte serait presque bon. Ce sera serr�. Mais c'est jouable.


page mise en ligne le 12 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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