31 janvier 2005

Lettre à Paul Martin
Monsieur Paul Martin
Premier ministre du Canada
Monsieur le premier ministre,
On dit que Montréal et le Québec ont l'air de « complets tatas » dans le dossier des Championnats du monde de natation 2005.
Malgré l'expérience désastreuse de 1976, votre gouvernement, celui du Québec et l'administration de Montréal ont engagé 48 millions $ de fonds publics dans une aventure semi-olympique.
Désastre prévu
En 2001, des gens, qui sont pour moi d'iuustres inconnus, ont vendu aux politiciens d'alors l'idée que les hommes d'affaires fourniraient 12 millions $ en s'associant à la grandiose démonstration du savoir-faire des athlètes canadiens devant leurs concitoyens.
Le monde des affaires n'a pas mordu, et c'est à moins de 500 000 $ que se chiffrait sa contribution lorsque le désastre prévu depuis le début s'est finalement concrétisé en décembre dernier.
Comme c'est l'habitude en pareilles circonstances, les organisateurs se sont tournés vers les contribuables pour combler la différence.
Après examen, le ministre responsable des Sports au Québec a conclu que ce spectacle de 15 jours avait besoin de l'ajout d'une vingtaine de millions.
Le ministre a cru que les contribuables québécois avaient fait leur part et qu'ils ne devaient pas être taxés davantage pour un événement qui avait suscité si peu d'intérêt dans le monde des affaires.
Comme la Fédération internationale de natation (FINA) perçoit des redevances à l'occasion de ces compétitions, le ministre lui a demandé une contribution. Les princes autoproclamés de cette multinationale du sport ont refusé net de partager les risques de l'entreprise.
La FINA décida donc d'annuler les Championnats de 2005 à Montréal.
Tremblay à genoux
Après cette décision, notre maire, qui n'a pas assez d'argent pour boucher les nids-de-poule qui font ressembler les rues de sa ville à un champ de mines antipersonnel, est allé offrir de tout garantir. C'est à genoux qu'il a fait sa demande de pardon aux riches bonzes qui mènent le sport international. C'est ça agir en république bananière.
Jusqu'au voyage de notre maire, nous n'avions perdu que la face, nous perdons maintenant notre dignité.
Vous avez bien fait de ne pas permettre à votre ministre du Patrimoine de se mêler de ce dossier. Mon ami Jean Lapierre, qui est votre lieutenant québécois, a parfaitement raison de s'interroger sur l'utilisation des fonds fédéraux déjà dépensés.
Services essentiels
Malgré l'énormité des taxes que nous payons à tous les niveaux de gouvernement, plusieurs de nos compatriotes sont privés de services essentiels, alors que nos dirigeants se sont permis de dépenser 48 millions $ d'argent public pour un party qui ne durera que quinze jours. Et ce n'est pas encore assez.
On aurait pu dépenser ces millions pour construire des piscines intérieures sur différents sites et permettre ainsi à plus d'enfants de pratiquer toute l'année un sport auquel ils ont aujourd'hui un accès limité.
Mais ce n'est pas ainsi qu'on joue dans les grandes ligues !
Un contribuable
page mise en ligne le 31 janvier 2005 par SVP

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