24 janvier 2005

Autour d'un non-événement

En 1969, lorsque le maire Jean Drapeau a présenté la candidature de Montréal pour la tenue des Jeux olympiques de 1976, il proposait un stade de 50 millions $.

En 1972, le Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal augmentait le coût du stade avec mât et toit à 106,5 millions.

En 1976, le stade, sans mât ni toit, avait coûté 612,1 millions $, 12 fois le coût utilisé par le maire pour emberlificoter les gouvernements provincial et fédéral.

Une grande réception
En 1976, pendant 2 semaines, nous avons reçu le monde. Pendant 30 ans, nous avons payé pour la salle de réception devenue inutile depuis que son principal locataire a sacré le camp et que les locataires occasionnels le fuient comme la peste.

La popularité du maire de Montréal était à son comble. Il avait assis sa ville sur le piédestal international avec Expo 67. Aucun gouvernement québécois n'aurait pu l'empêcher de l'y maintenir avec les Jeux olympiques.

Les contribuables ne finiront d'acquitter la dette olympique qu'en 2006.

Une autre grande réception
De moindre importance, mais de même nature, l'organisation des Mondiaux 2005 de natation a suivi le même cheminement.

Pour faire accepter leur projet en 2001, les promoteurs ont maximisé la projection de revenus et minimisé celle des dépenses.

Ce n'est qu'en 2004 que le gouvernement du Québec a pu s'en rendre compte quand, penauds, les organisateurs sont venus lui demander plus d'argent. Sa réaction a été celle d'un gouvernement responsable. Assez, c'est assez !

Quelqu'un a enfin refusé d'imposer aux contribuables une dépense plus élevée que celle que les autorités politiques avaient déjà acceptée en leur nom et sans leur en parler.

Imprudence
Les gouvernements ont engagé des fonds publics dans une entreprise hasardeuse afin de donner au monde une image idyllique de ce que nous sommes.

Les organisateurs ont dépensé des millions $ en 3 ans pour un événement qui n'aurait duré qu'une quinzaine. Qu'ont-ils fait de cet argent ? La question n'aurait jamais été posée si l'affaire avait réussi. Mais les bonzes de la FINA ont disqualifié les organisateurs montréalais, faute de garantie suffisante contre le déficit.

Superman ! À l'aide !
Notre bon maire a annoncé que les Montréalais étaient prêts à payer n'importe quoi pour sauver l'image de leur ville. Où avez-vous pris ça, monsieur le maire ?

Il y a à Montréal des athlètes de haut rang qui auraient bien aimé recevoir leur monde, mais il y a également des enjôleurs chevronnés qui les ont utilisés pour exciter la coûteuse vanité de nos élus.

Ces derniers ont sous-évalué le prix de leur aventure en espérant qu'ils n'auraient qu'à demander quelques millions de plus pour sauver leur face et celle des politiciens qui les avaient crus.

Qui a floué qui ?
Les athlètes ont été floués par les organisateurs, pas par les contribuables qui devront pourtant assumer la note pour ce qu'a déjà coûté ce non-événement.


page mise en ligne le 24 janvier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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