21 janvier 2005
Dans l'avalanche de r�actions qui a suivi la noyade du championnat du monde des sports aquatiques et le bouche-�-bouche d�sesp�r� du maire G�rald Tremblay, j'avoue que j'ai �t� �tonn� de lire que le r�veil des Qu�b�cois a �t� brutal hier matin.
Ils ont appris avec consternation, a-t-on �crit, que Montr�al est incapable d'organiser un �v�nement majeur.
La consternation, on peut facilement la comprendre dans le camp des nageurs et des plongeurs d'ici et dans celui des entra�neurs charg�s de les pr�parer pour ce moment de gloire local.
Pour le reste, c'est une infime partie de la population qui s'int�resse � cet �v�nement, comme l'indiquent les 150 000 $ de billets vendus � sept mois de l'�v�nement. Des brindilles compte tenu de ce que l'�v�nement aurait d� g�n�rer comme int�r�t.
Jusqu'� ce que Le Journal de Montr�al nous apprenne en primeur, le mois dernier, que les gouvernements �taient de nouveau sollicit�s pour une aide additionnelle de 18 millions de dollars, ce qui a oblig� celui du Qu�bec � aller voir ce qui se brassait l�-dedans, combien de Qu�b�cois avaient entendu parler de ces championnats ? Combien d'entre eux savaient qu'on �tait aussi pr�s de leur pr�sentation?
Comment leur reprocher cette ignorance des faits et ce manque d'int�r�t pour la chose quand le comit� organisateur lui-m�me s'est toujours fait discret, voire invisible ? D�sint�ress� � la limite.
On parle de la faiblesse de la culture sportive qu�b�coise pour justifier qu'on ne se soit pas int�ress� � ces championnats depuis leur obtention, il y a trois ans et demi.
La culture n'est pas un �l�ment hors de port�e. Elle peut �tre d�velopp�e lorsqu'on la rend accessible aux gens et qu'on active suffisamment leur int�r�t pour qu'ils aient le go�t de s'y baigner.
� d�faut de culture...
Quand on pense � une culture sportive qu�b�coise, qui n'�tait pas tr�s �vidente
il n'y a pas si longtemps encore, on peut facilement relever la formule 1. La pr�sence de Gilles Villeneuve a d�clench� une forme de curiosit� qu'on a su entretenir par la suite.
Aujourd'hui, l'int�r�t des Qu�b�cois va beaucoup plus loin que la simple pr�sence de Jacques Villeneuve en piste. Les vrais mordus sont maintenant capables de jaser de m�canique, de suspension, d'a�rodynamisme et de pneus. Ils comprennent plus ais�ment des choses qui leur semblaient autrefois complexes.
On ne peut pas s'attendre � ce qu'un sport comme la natation fasse autant de progr�s en si peu de temps, mais � d�faut de culture dans ce cas bien pr�cis, on aurait pu s'appliquer � vendre des visages connus, Alexandre Despatie et �milie Heymans, deux athl�tes qui sont parvenus � river jeunes et adultes devant leur t�l�viseur � l'heure des comp�titions des Jeux d'Ath�nes.
On les aime d�j�. On s'est attach� � eux parce que leur image est saine et parce qu'ils sont des athl�tes olympiques. Le Qu�bec vibre pour les olympiens, c'est bien connu.
En se servant d'eux, on aurait pu mieux vendre les championnats mondiaux � des entreprises s�rieuses et activer la vente des billets.
Imaginons un chef d'entreprise accueillant dans son bureau des repr�sentants du comit� organisateur accompagn�s de Despatie, par exemple. Si Despatie regardait l'homme d'affaires droit dans les yeux en lui disant � Monsieur, on a besoin de votre aide �, il serait sans doute difficile de lui offrir un non cat�gorique.

Des choses � cacher ?
On n'a rien fait de tout cela. Les organisateurs auraient voulu se cacher qu'ils n'auraient pas mieux fait.
Chose certaine, s'ils �taient conscients d'avoir tout tent� pour mener � bon port cet �v�nement de classe mondiale, ils ne seraient pas en train de se d�guiser en courant d'air pour ne pas avoir � se justifier.
Un reporter de The Gazette dit avoir laiss� � deux responsables de ce comit�, Yvon DesRochers et Marc B�langer, entre 25 et 30 messages au cours des deux derni�res semaines. Appels retourn�s : Z�RO.
Est-ce si difficile d'expliquer ce qui n'a pas fonctionn� quand on n'a rien � se reprocher ? Ils vont devoir finir par s'expliquer. Un jour, il faudra faire toute la lumi�re sur ce qui s'est vraiment pass� dans ce dossier.
Le public n'est peut-�tre pas entich� de natation, mais quand vient le temps de savoir ce qu'on a fait de ses imp�ts, il l�ve rapidement la main.
On voudra savoir s'il y a eu magouille. Il faudra identifier qui a brill� par son incomp�tence et qui s'est graiss� la patte.
Il est bien possible qu'on puisse relier chacune de ces questions � des noms connus.
page mise en ligne le 21 janvier 2005 par SVP

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