19 janvier 2005Le sort de «Montréal 2005 » se décide ce matin à Francfort

« La balle est dans le camp de la FINA » - Stéphane Gosselin
La Fédération internationale de natation décide ce matin si elle plonge pour garder le championnat du monde des sports aquatiques à Montréal ou si elle préfère opter pour une autre solution.

| Des articles de Martin Smith |
Le président Mustapha Larfaoui et la vingtaine de membres du bureau de la FINA (dont le Canadien Eldon Godfrey) sont réunis en comité spécial à Francfort pour trancher sur le futur de « Montréal 2005 ».
La prudence s'impose, car « une annonce positive de la FINA ne signifierait pas automatiquement que l'événement sera sauvé», fait remarquer Stéphane Gosselin, attaché de presse du ministre québécois responsable des Sports, Jean-Marc Fournier.
« En effet, même si la Fédération internationale acquiesce à la demande de réduire ses exigences, il manquera encore plusieurs millions pour boucler le budget. »
La partie de poker se poursuit dans ce dossier. Comme le reconnaît Alastair Mullin, attaché de presse du ministre fédéral des Sports, Stephen Owen, « ça se réduit maintenant à une décision d'affaires pour tous les intervenants. »
Y compris pour la FINA, qui a exigé de ses partenaires montréalais, québécois et canadiens que le budget initial du championnat du monde soit respecté, mais qui doit prendre sa décision sans avoir obtenu cette garantie.
Solutions originales
Comme bien des observateurs privilégiés, Stéphane Gosselin s'étonne encore de la teneur générale de l'entente conclue entre le comité organisateur et la FINA.
« La Fédération ne contribue en rien et empoche tout, résume-t-il. Ces gens doivent trouver des solutions originales pour aider le comité organisateur. »
La demande du gouvernement du Québec fixe à 3,6 M$ les revenus auxquels la FINA doit renoncer pour que les discussions reprennent au sujet d'une implication accrue des divers paliers de gouvernement, qui fournissent actuellement 38 M$ d'un budget global maintenant évalué à près de 60 M$.
Le sacrifice ne serait pas si grand, si on se fie aux chiffres obtenus par Le Journal de Montréal. En effet, les revenus de la FINA découlant des deux présentations précédentes du championnat du monde auraient été de 19 M$ pour Fukuoka 2001 et de 13 M$ pour Barcelone 2003.
Du côté de la Fédération aquatique du Canada, qui a annoncé ce week-end une aide de 500 000 $, la présidente Linda Cuthbert pense positif, même si elle admet qu'elle oscille entre l'optimisine et le pessimisme.
« Je crois que la FINA a un plan de rechange, mais, je veux croire qu'ils tiennent à ce que le Championnat se déroule à Montréal, a-t-elle dit.
Une réponse positive de leur part sauverait l'événement car on n'est pas tellement loin de l'objectif.
Tourisme Montréal et Conseil du patronat du Québec
Hier encore, Tourisme Montréal annonçait une injection de 500 000 $ afin
d'aider à « maintenir à Montréal le plus important événement de sport amateur du monde » pouvait-on lire dans un communiqué officiel où on invoquait des dépenses touristiques directes de 15 M$.
« Il est important de montrer qu'il y a du mouvement à Montréal, que ça bouge dans ce dossier », a expliqué Charles Lapointe, président-directeur général de Tourisme Montréal et membre du conseil d'administration des Internationaux du sport de Montréal, qui ont obtenu cet événement en 2001.
Son de cloche identique à Québec, où on espère qu'une décision positive de la FINA « constituerait le premier de tous les signaux et aiderait à faire débouler les pièces manquantes », selon Stéphane Gosselin.
Une partie des fonds à trouver pourrait venir du Conseil du patronat du Québec, qui réitère son intention d'investir 4 M$ provenant du surplus de 35 M$ du Fonds pour la Jeunesse qui doit être remis au gouvernement au mois de mars.
« Ces surplus viennent des intérêts de placements d'une taxe spéciale imposée au milieu des affaires et qui a généré 246 M$ », explique Anne Lebel, vice-présidente communications du Conseil. « On accuse le secteur privé de ne pas contribuer, alors voici notre réponse. »
Stéphane Gosselin rétorque cependant que « le surplus est de l'argent public, alors qu'on cherche des solutions privées ».
Les querelles sont nombreuses dans ce dossier. À l'heure actuelle, une seule chose est claire. « La balle est dans le camp de la FINA », conclut Gosselin.
page mise en ligne le 19 janvier 2005 par SVP

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