26 février 2005

L'heureux pari de René Guimond

Quand René Guimond est entré dans son bureau de Montréal 2005, mardi matin, son tout premier geste a été de réunir ce qui reste du personnel du comité organisateur. Sept employés qui ont défié vents et marées et se sont accrochés à leur emploi en gardant la foi. « Je les ai remerciés. Ces personnes avaient vécu une situation exceptionnelle et elles avaient fait du bon travail dans les circonstances. Elles ont gardé le fort quand tout semblait s'écrouler. Et j'ai vite découvert qu'il y avait là-dedans des gens très compétents », racontait le nouveau directeur général de Montréal 2005, hier midi.

Montréal 2005, c'est le nom qui résume « comité organisateur des Championnats mondiaux de natation ». Pour René Guimond, ça met l'accent sur Montréal et sur un événement qui sera tellement percutant qu'on va associer l'année à la métropole. « Je leur ai fait part de ma vision et de l'objectif ultime de Montréal 2005. C'est une vitrine exceptionnelle pour Montréal, une vitrine ouverte sur le monde, une vitrine pour se montrer au reste du monde. Au moins 165 pays téléviseront les compétitions pendant deux semaines.

« Notre rôle, c'est de faire en sorte que ces championnats soient les meilleurs de l'histoire de la FINA. C'est de livrer un événement qui va rallier les athlètes, les grandes corporations et le monde. Si on n'y arrive pas, si on n'arrive pas à créer un événement incontournable, alors je n'aurai pas réussi », de reprendre Guimond.

Ouf ! Méchant défi. Pour se vanter d'une réussite, il faudra en plus que cet événement rêvé puisse se financer. Et l'argent, on va le prendre où ?

De la vente des billets et des revenus des commanditaires. Le coprésident du conseil est Normand Legault. Mettons qu'il sait comment vendre des tickets, M. Legault. Et pour les hommes d'affaires, c'est une offre fabuleuse que nous allons leur faire. Un total cumulatif de plus d'un milliard de téléspectateurs. Et dans une économie globale, c'est important d'en profiter. Ça va les aider à se positionner, à montrer qu'ils viennent d'une ville et d'un marché d'affaires importants. »

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Mais qu'est ce que René Guimond va faire dans cette galère? Ancien vice-président des Expos, président de quelques entreprises de communications, ancien président de TOS, René Guirnond aurait pu, à 53 ans, passer un printemps bien peinard avec ses mandats à Radio-Canada.

Comme d'habitude, il a longuement pesé le pour et le contre avant de plonger dans l'aventure. Mais le fait de se retrouver avec Normand Legault et Gérald Tremblay a pesé lourd dans la balance.

Après 30 ans de défis, 30 ans à rendre des comptes à des conseils d'administration ou à des syndicats, j'avais beaucoup de liberté. Quand j'ai vu la réaction de Gérald Tremblay, ça m'a allumé. Puis, l'entrée en scène de Normand Legault a fini de me convaincre. Et puis, j'aime le sport et j'aime les athlètes. Je me disais que l'on devait donner un coup de main pour faire des Championnats quelque chose d'inoubliable », répond-il.

Les éléments semblent être en place. Du moins tout ce qui concerne l'aspect technique. « Il y a eu beaucoup de travail d'accompli sur le plan technique. Nous sommes avancés quant à la tenue même de l'événement. Et je vous le dis, vous allez être complètement soufflés quand vous allez découvrir ce que sera le site des compétitions.

« C'est tout l'aspect des affaires qui était déficient. Très déficient mais récupérable. C'est sûr que le défi est immense. Mais alors qu'on pense que le temps joue contre Montréal 2005, je pense que c'est maintenant le contraire. Avec 142 ou 143 jours avant le jour J, on n'a plus le temps de démarcher les corporations selon la méthode traditionnelle. J'espère que Desjardins sera présent avec la Banque Royale ou la Banque de Montréal. J'espère que les brasseries seront impliquées, que les entreprises se partageront la visibilité. Nous avons de quoi réaliser un extraordinaire happening », martèle Guimond avec conviction.

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La semaine prochaine, René Guimond va s'envoler pour Shanghai pour participer à une réunion de la FINA. Il va faire le point avec ses dirigeants et devrait revenir quelques jours plus tard avec les dernières données nécessaires pour la conclusion de plusieurs dossiers. Après, on va avoir droit aux premiers éclats de la politique de communication que Guimond et son équipe sont à mettre en place.

Communiquer avec les athlètes, communiquer avec les hommes d'affaires, communiquer avec les médias, communiquer avec le vrai monde. C'était sa spécialité avec les Expos, c'était sa spécialité dans les agences dont il a été président, c'était sa spécialité à TQS, qu'il a fait progresser de quatre ou cinq parts de marché en quelques années.

Il y a deux ou trois ans, alors que TQS était mis en vente par Quebecor, il avait dit aux employés réunis : « Je suis très optimiste. TQS, c'est-à-dire nous, ses artisans, nous sommes désirables et nous sommes désirés. »

Il a encore quelques semaines avant de réunir les employés de Montréal 2005 pour leur dire la même chose.


page mise en ligne le 26 février 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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