15 février 2005
On s'est moqué ouvertement de sa démarche. On l'a ridiculisé à gauche et à droite.
On l'a surtout accusé de vouloir se faire du capital politique en récupérant le dossier.
Bref, on lui accordait autant de chances de ramener ce championnat à Montréal qu'à un éléphant de gagner l'or au tremplin de 10 mètres aux Jeux olympiques!
Pourtant, le championnat du monde aura bel et bien lieu à Montréal en juillet, n'en déplaise à tous ceux qui se sont tiré dans le pied à la mi-janvier.
Il est vrai que Gérald Tremblay aurait pu prendre l'initiative il y a quelques mois lorsque Montréal 2005 se dirigeait vers le naufrage.
Cela aurait évité la gifle infligée à la réputation de Montréal, du Québec et du Canada.
Un négociateur efficace
Cependant, comme il n'est jamais trop tard pour faire amende honorable, il a
retroussé ses manches et a été égal à lui-même en se déguisant en négociateur efficace.
Je connais personnellement Gérald Tremblay depuis l'époque où il gérait la carrière de l'unique Yvon Duhamel, une légende dans le monde de la compétition de moto, il y plus de 30 ans.
Il fut même mon premier contact avec un gérant d'athlète.
Il m'avait toujours impressionné par son calme et sa lucidité à analyser les situations difficiles.
Sa détermination était impressionnante car, à cette époque, il n'était pas facile de vendre un gars de moto alors que le Québec ne vivait que pour le hockey.
Pourtant, il a longtemps permis à Yvon Duhamel de vivre honorablement de son sport, en défiant souvent toute logique.
Rencontré l'an dernier dans le cadre du Molson Indy à Montréal, il avait pris le temps de nous rappeler ces années de notre jeunesse.
« Ce fut une expérience très enrichissante à l'époque et, aujourd'hui, je suis heureux de voir comment son fils Miguel a assuré la continuité », avait-il souligné.
Lorsqu'on lui avait fait remarquer qu'il gérait maintenant des dossiers plus complexes, on n'aurait jamais imaginé qu'il serait aussi efficace qu'il l'a été au cours des dernières semaines.
Parvenir à convaincre 22 membres d'une fédération qui a la réputation d'être intransigeante n'était pas une mince tâche.
Pourtant, notre héros de la semaine est parvenu à décrocher l'or en imitant un autre grand de chez nous, Normand Legault, qui a ramené de la même façon le Grand Prix du Canada à Montréal, il y a un an et demi.
Encore beaucoup de travail
Lorsqu'il est revenu à Dorval la semaine dernière, Gérald Tremblay aurait pu avoir le triompher facile, profiter de l'occasion pour régler ses comptes avec ses détracteurs.
Au contraire, il a eu une attitude impressionnante en parlant surtout de la lourde tâche qui reste à accomplir.
Avouons toutefois que son travail a déjà permis à ce championnat d'obtenir ses premières lettres de noblesse.
Il restera juste à profiter de cette prochaine vitrine mondiale pour démontrer que le Québec sait faire.
page mise en ligne le 15 février 2005 par SVP

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