12 f�vrier 2005
� la lecture des journaux, au lendemain du retour triomphal d'Allemagne du maire G�rald Tremblay, on avait un peu l'impression qu'il avait r�ussi � sauver son peuple d'un d�sastre �cologique.
� la vue de toutes ces m�dailles de bravoure, de courage et de pers�v�rance qu'on avait d�pos�es symboliquement � ses pieds, il �tait soudainement devenu un personnage politique plus grand que son mandat.
Il n'y a pas un seul politicien au pays qui n'envie pas la position de M. Tremblay actuellement.
Imaginez, un homme politique devant lequel on se prosterne.
Si on avait pu lui construire � temps un podium en or massif, c'est � bout de bras qu'on l'aurait hiss� sur la premi�re marche, � Dorval.
Je ne serais pas �tonn� qu'il ait lui-m�me pens� que c'�tait trop. Les Montr�alais connaissent relativement peu l'homme qui se cache derri�re leur maire parce qu'il a souvent mauvaise presse. M.Tremblay n'est pas du genre � pavoiser, me dit-on. Il ne recherche pas la gloire personnelle, m�me dans un moment pareil.
Mon confr�re Andr� Beauvais, un vieux routier de la sc�ne municipale, me confirme que ce n'est pas dans sa nature de s'attribuer tous les m�rites. � L'image que je me fais de lui est celle d'un Jean B�liveau de la politique, raconte-t-il. Dans le succ�s, il a une certaine �l�gance. �
La veille du verdict, un journaliste allemand, bien au fait du dossier, avait r�v�l� � mon coll�gue Martin Smith que les candidatures de Moscou, de Berlin et d'Ath�nes manquaient d'�toffe et, � la limite, de s�rieux.
Entre Montr�al et trois villes qui risquaient � leur tour de causer des inqui�tudes � la FINA, c'�tait acquis qu'on opterait pour celle qui, en plus d'avoir d�j� construit ses installations, avait aussi �rig� rapidement un pont d'or satisfaisant largement la F�d�ration internationale.
Le pire a �t� �vit�
Reconnaissons au maire de Montr�al le m�rite d'avoir r�agi. Sur le tard, mais quand m�me assez prestement pour �viter le pire.
Il aurait pu se dire que tout �tait perdu, la FINA n'ayant pas la r�putation de revenir sur ses d�cisions.
Il aurait pu baisser les bras en se disant que Montr�al n'avait pas les moyens d'y aller d'une telle d�marche (ce qui est vrai).
Il a pr�f�r� foncer et lui �viter le ridicule qui ne tue pas toujours, mais qui laisse assur�ment des s�quelles.
C'est pourquoi ils �taient �t� tous l�, � sa descente de l'avion, pour l'applaudir sous le feu des cam�ras pendant que l'ex-maire Pierre Bourque, r�alisant sans doute que l'�lection de novembre prochain �tait maintenant fichue, trouvait le moyen de bl�mer son adversaire d'avoir laiss� l'�v�nement se noyer avant de plonger pour r�cup�rer le cadavre.
Les Championnats mondiaux des sports aquatiques, Montr�al les avait acquis sous son r�gne, se disait-il, m�me si ce politicien en d�route avait fait peu de choses pour les obtenir.
Une patente, qui avait valu tr�s peu de fleurs � Pierre Bourque � l'�poque, �tait probablement en train d'assurer � son rival politique un si�ge � la mairie pour un autre terme.
Pas banal comme tournure des choses.
Loin de moi l'id�e de priver le maire du cr�dit qui lui revient, mais son plus gros coup d'�clat a �t� d'annoncer � la FINA qu'il garantissait les millions manquants.
Les millions de dollars des contribuables montr�alais, on se comprend.
Bien s�r, il avait prot�g� ses arri�res en donnant quelques coups de fil importants � des entrepreneurs qu�b�cois. Il avait sans doute d�j� quelques millions de dollars du priv� dans sa petite poche avant d'aller parader devant la FINA.
Des sauveurs
Maintenant qu'on ne doute plus du succ�s de l'�v�nement, le maire obtiendra de l'aide.
De gros noms sont sur le point d'appara�tre dans le d�cor. Des hommes d'affaires se voient soudainement offrir l'occasion de jouer les sauveurs � leur tour.
C'est fou l'avantage qu'il y aura dor�navant � s'associer � cet �v�nement.
On ne doute pas un instant que la population embarquera, car on a r�ussi � faire des Championnats mondiaux des sports aquatiques ce qu'ils auraient d� �tre d�s le d�part : un �v�nement.
C'est tr�s gros comme comp�tition. C'est d'envergure internationale, mais dans une ville qui s'int�resse aux sports aquatiques en p�riode olympique seulement, la comp�tition de Montr�al nagerait actuellement dans une indiff�rence totale n'eut �t� cette controverse providentielle.
Le beau c�t� de l'histoire, c'est qu'il y a quelques beaux dollars loisirs en circulation en ce moment.
Les Montr�alais n'auront plus � investir un seul cent dans les Expos.
Ils n'ont rien d�pens� de l'hiver au Centre Bell.
Les festivals d'�t� sont gratuits.
Les billets pour les Championnats mondiaux ne sont pas donn�s, mais on devrait avoir les moyens de se les payer pour aller applaudir des athl�tes d'ici qui, � l'instar de cette comp�tition prestigieuse, ont tout � gagner � �tre connus.
page mise en ligne le 12 f�vrier 2005 par SVP

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