1er février 2005

Rogge souhaite que Montréal reprenne les championnats de la FINA

Jean Dion

Pendant que le grand patron du mouvement olympique dit «espérer» que les Championnats du monde de sports aquatiques 2005 se dérouleront contre toute attente à Montréal, le maire Gérald Tremblay, lui, refuse de baisser les bras et persiste à utiliser le futur simple, non le conditionnel, lorsqu’il déclare que cette compétition «aura lieu [ici] du 17 au 31 juillet».

De retour d’un voyage éclair à Paris où il s’est entretenu au cours du week-end avec les bonzes de la Fédération internationale de natation (FINA), M. Tremblay s’est dit sûr «à 51 %» d’obtenir de nouveau la présentation des championnats, et ce, bien que la FINA ait diffusé en matinée un communiqué précisant que seules trois villes — Athènes, Berlin et Moscou — étaient désormais dans la course et ne faisant aucune mention de Montréal. «C’est normal» que le processus évolue ainsi, a dit le maire : «Il en va de la crédibilité de la FINA.» La décision finale doit être rendue le 15 février.

M. Tremblay a discuté hier avec le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, qui faisait une brève escale à Montréal avant de filer vers Vancouver et Whistler, où il visitera les sites qui accueilleront les XXIes Jeux d’hiver, en 2010. Ce dernier a indiqué que, après le retrait des championnats à Montréal, Richard Pound, membre canadien du CIO et président de l’Agence mondiale antidopage, lui avait demandé de prendre contact avec le numéro un de la FINA, Mustapha Larfaoui, afin que soient relancées les discussions. Ce qui fut accepté. Toutefois, a tenu à souligner M. Rogge, «la FINA est exclusivement souveraine en la matière» et décidera seule de la suite des choses. Le CIO n’interviendra pas et ne fera aucune pression, a-t-il dit. En début de journée, le maire Tremblay avait évalué à «50-50» les chances que Montréal recouvre la compétition qui lui a échappé à la mi-janvier en raison d’une insuffisance budgétaire de l’ordre de 10 millions de dollars. Plus tard, c’est ce coup de pouce de Jacques Rogge qui lui a fait dire, sourire en coin, qu’on était «peut-être maintenant à 51».

Au cours de son séjour de quelques heures, M. Rogge a également rencontré Jean Charest et son ministre Jean-Marc Fournier, le ministre d’État fédéral aux Sports Stephen Owen, et il a eu une conversation téléphonique avec Paul Martin. À midi, il a prononcé une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Dans son discours, il ne s’est pas privé de louanger le Canada, cinquième pays seulement au monde à organiser les Jeux olympiques à au moins trois reprises. Il s’est dit d’avis que le pays pouvait espérer, en 2010, atteindre son objectif de 35 médailles et terminer au premier rang de toutes les nations. (À Lillehammer en 1994, les Norvégiens y sont parvenus, a-t-il souligné.) Il a évoqué les succès que furent les Jeux de Montréal ( !) et de Calgary. Il a assuré que les meilleurs athlètes canadiens provenaient du Québec et a appelé en ce sens que tous les Canadiens mettent la main à la pâte afin que Vancouver remporte aussi ses lauriers.

Et devant un parterre d’entrepreneurs, M. Rogge a lancé un appel particulier au secteur privé, qualifiant l’olympisme de «meilleur investissement que vous pourriez faire pour jouer votre rôle de leader auprès de la jeunesse». Au moment où la tenue des championnats de la FINA à Montréal est compromise en raison (notamment) d’un manque d’appui de la part des entreprises, il reste à voir si le message sera entendu.


page mise en ligne le 1er février 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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