Cliquez sur >> à droite pour faire disparaître les annonces

21 avril 2005

Des déboires financiers se sont manifestés dès le départ

Le premier comité organisateur des Championnats du monde de natation s'est retrouvé en «faillite technique» dès mars 2003, ce qui a marqué le début d'une série de déboires financiers qui ont abouti deux ans plus tard à l'annulation de l'événement puis son retour in extremis à Montréal.

Sébastien Rodrigue

Après avoir refusé de donner accès aux procès-verbaux des réunions du conseil d'administration de Montréal 2005, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, les a rendus publics cette semaine en les déposant au conseil municipal. Ces documents révèlent que les premiers organisateurs de cette compétition internationale, qui se tiendra l'été prochain à Montréal, ont traversé une crise financière quasi chronique.

Déficit budgétaire, absence de commandites, manque de liquidités, employés non rémunérés, paiements non effectués, bref l'organisation en a vu de toutes les couleurs, selon les comptes rendus faits dans les procès-verbaux. Au début de 2002, les documents relatent la mise en place de l'organisation qui éprouve déjà des difficultés avec un manque de liquidités. Le conseil d'administration attend d'ailleurs impatiemment une avance de 175 000 à 200 000 $ du gouvernement fédéral. L'avenir semble néanmoins prometteur avec des commandites importantes de la Banque Royale et de Postes Canada, mais celles-ci ne se matérialiseront jamais.

Les premiers véritables signes de problèmes financiers apparaissent en janvier 2003 alors que le directeur général de l'époque, Yvon DesRochers, souligne que l'absence de rémunération des employés est « intenable et inacceptable ». Le comité organisateur évoque aussi les difficultés pour verser les dépôts des réservations des chambres d'hôtel. Le comité mentionne que ces dépôts ont déjà été négociés à la baisse et remis à plus tard.

En fait, le secrétaire-trésorier indique que le comité accuse un déficit de 418 364 $ et qu'il grimpe de 70 000 $ par mois. « Le secrétaire-trésorier résume la situation en disant qu'à la lecture de nos états financiers, on ne peut qu'arriver à la conclusion que nous sommes techniquement en faillite », peut-on lire.

Paiements en souffrance
Les relations entre le comité organisateur et le gouvernement fédéral sont alors tendues en raison d'un litige sur le versement des subventions. En mars 2003, le conseil d'administration anticipe déjà des difficultés pour verser les paiements dus à la Fédération internationale de natation (FINA). «(...) si ces paiements ne sont pas effectués avant la visite de l'exécutif de la FINA au début mai, nous risquons gros », peut-on lire.

Le budget à cette époque fait état d'un déficit de 2,2 millions puisque les gouvernements n'ont encore rien versé des sommes promises. En 2004, les subventions fédérales arrivent dans les coffres de l'organisation, mais pas au moment prévu. Le comité organisateur décide alors de « retenir » un paiement de 898 000 $ à la FINA pour pouvoir maintenir ses activités. Yvon DesRochers souligne que ce défaut de paiement place l'organisation « dans une situation extrêmement périlleuse ».

À cette époque, le budget de l'événement est fixé à 36,5 millions, ce qui inclut des revenus de vente de billets et de commandites de 19 millions. En février 2004, l'organisation a alors reçu un peu plus de 6 millions du gouvernement fédéral et s'attend à recevoir 5 millions de plus. Dans un procès-verbal de mai 2004, le conseil d'administration souligne que l'organisation fonctionne grâce à son défaut de paiement à la FINA et à la Fédération aquatique canadienne.

Le début de la fin
En août 2004, Yvon DesRochers annonce au conseil d'administration que l'événement sera en péril sans l'obtention d'ici la fin de l'année de commandites au-delà des 4 millions amassés. La FINA fait savoir au comité qu'elle craint pour la survie de l'événement en septembre. En novembre 2004, les problèmes se bousculent avec la perte d'une commandite de Purolator, le manque de personnel et le maire de Montréal qui refuse d'assumer un éventuel déficit. « Je dois refuser des dépenses vitales au marketing et à la vente de billets », peut-on lire dans le compte rendu du directeur général.

Le reste de l'histoire est connu. Le comité organisateur tire publiquement la sonnette d'alarme en décembre 2004 en demandant une aide gouvernementale d'urgence de 12,2 millions. La FINA finit par retirer les championnats à Montréal en janvier pour ensuite les redonner après les démarches du maire Tremblay.

Entre-temps, l'ex-directeur général des championnats, Yvon DesRochers, s'enleve la vie. Le comité organisateur a été renouvelé de fond en comble et un nouveau budget a été mis sur pied. Le comité doit maintenant vendre 234 000 billets pour éviter un déficit que le maire de Montréal a, cette fois-ci, promis d'éponger s'il se produisait.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

1

Hosted by www.Geocities.ws