21 août 2005

Normand Legault n'a pas oublié la journée du 6 août. D'abord, c'était son 50e anniversaire de naissance. Mais surtout, c'était sa première journée de congé de l'été. Il s'était tapé la réorganisation complète des Mondiaux 2005, du Grand Prix du Canada de Formule 1, la présentation et le succès colossal des Championnats du monde de natation et il lui restait à entreprendre les derniers milles avant le Molson Indy cette semaine.
« À part la bataille pour sauver le Grand Prix en 2003, le sauvetage des Mondiaux aura été le plus gros défi que j'aurai rencontré», disait-il vendredi lors d'un entretien.
Ça ne paraît pas, l'homme est bâti solide. Mais quand on discute avec lui, on sent bien qu'il a hâte d'en couler une couple dans le sofa de sa maison sur le bord du lac. Et de passer de longues heures avec ses deux enfants, sa femme et la parenté. Les rides de moto avec son frère ont été très courtes cet été...
C'est difficile de concevoir à quel point le dossier des Mondiaux était pourri. Juste l'examen des comptes de dépenses de la précédente administration avait de quoi donner le mal de coeur. Des soupers à Tokyo en compagnie d'André Ouellet de Poste-Canada et des grands patrons de Via auraient creusé l'appétit au plus frugal des comptables. C'était la merde totale. L'ancien comité organisateur n'était pas inquiet pour les commandites, il pouvait compter sur Poste-Canada, Via Rail et les autres compagnies et ministères graissés par Chuck Guité et ses patrons libéraux. Même que les petits amis des agences de pub auraient pu se servir au passage et tout le monde aurait ri ... rouge.
Il y a eu le scandale des commandites, un suicide et le sauvetage par le maire Gérald Tremblay. Sauf qu'au lieu d'avoir quatre ans pour organiser les Mondiaux, Legault et René Guimond n'avaient plus que quatre mois et demi pour gagner. Et plus un sou des 13 millions déjà flambés.
« Si on avait abandonné, c'est 20 millions que la Ville de Montréal aurait dû éponger. Les gens ne le savent pas, mais dans les engagements déposés pour décrocher les championnats, le comité s'était engagé à réserver et garantir pour 10 millions de nuitées d'hôtel. Ces chambres avaient été réservées pour les Mondiaux et il aurait fallu les payer en tentant de négocier un compromis. Même chose pour les piscines hors-terre fabriquées en Italie. Et la location des gradins déjà garantie. Si on fait un chiffre rond, on arrive à 20 millions », d'expliquer Legault.
Il poursuit : « Je suis sincère en le disant. Dans le fond, j'étais le premier de 2500 bénévoles. Je l'ai fait pour ma ville, pour Montréal.
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