8 décembre 2004
Le rêve de voir Alexandre Despatie défendre à Montréal son titre de champion du monde à la tour pourrait s'écrouler dans six jours.

Aux prises avec d'importantes difficultés financières, le comité organisateur des championnats du monde de sports aquatiques, qui doivent avoir lieu dans l'île Sainte-Hélène en juillet prochain, menace en effet de mettre la clé sous la porte.
À défaut d'une aide financière additionnelle de 12,2 millions de dollars de la part des trois ordres de gouvernement, le conseil d'administration de Montréal 2005, coprésidé par l'avocat montréalais Dick Pound, pourrait annoncer l'annulation de l'événement à sa prochaine réunion, mardi prochain.
L'injection d'argent frais, qui comprendrait aussi une garantie de prêt de six millions, est toutefois loin d'être assurée, compte tenu des sommes déjà considérables englouties dans le projet par les pouvoirs publics.
«La situation est critique», affirme le directeur général de l'organisme, Yvon DesRochers. «Le risque d'une annulation est réel.»
À sept mois du début des championnats, censés se dérouler du 17 au 31 juillet, Montréal 2005 n'a récolté que quatre millions de dollars en commandites, alors qu'on espérait aller chercher 12 millions dans les coffres d'entreprises désireuses de s'associer à ce rendez-vous biennal de l'élite internationale du plongeon, de la natation, de la nage synchronisée, du water-polo et de la nage en eau libre.
Les ventes de billets se chiffrent par ailleurs jusqu'ici à 500 000 $, une fraction des recettes de sept millions anticipées dans le budget prévisionnel de 36,5 millions de l'événement, financé pour près de la moitié par Ottawa.
Le manque à gagner fait planer une menace «très sérieuse» sur la survie de l'événement, a confirmé à La Presse un membre du conseil d'administration qui préfère garder l'anonymat. Une autre source, proche du conseil, s'est dite «très pessimiste», ajoutant que «la balle est désormais dans le camp du fédéral» car «Québec et Montréal ne mettront plus un sou» dans l'aventure.
Au cabinet du ministre d'État au Sport amateur, Stephen Owen, on demeure prudent. «On évalue le dossier et il va falloir qu'on discute avec nos partenaires, a dit le porte-parole du ministre, Alastair Mullin. Quand on aura la réponse, on la donnera.»
Le ministre québécois des Affaires municipales, du Loisir et du Sport, Jean-Marc Fournier, s'est rendu au complexe sportif Claude-Robillard mardi matin afin d'expliquer la situation à une trentaine d'athlètes et d'entraîneurs.
«Je suis très embêté par tout ça, a confié le ministre en entrevue téléphonique. On ne peut pas se permettre de ne pas présenter les championnats, ne serait-ce que pour le message qu'on lancerait aux athlètes et à la population et pour l'impact que ça aurait sur l'image de marque de Montréal.» D'un autre côté, Québec a déjà investi 14 millions dans le projet - et la Ville de Montréal, plus de sept millions - afin de payer le coût des infrastructures dans l'île Sainte-Hélène, où de nouvelles piscines ont été construites au cours des derniers mois. Des débours supplémentaires seraient difficiles à justifier.
«Je n'ai aucune autorisation de mettre des sous de plus dans le projet et si je l'obtiens, il va falloir que les autres parties soient mises à contribution elles aussi. Mais à ce stade, les gouvernements ont fait leur part. C'est au tour des autres de faire la leur», a dit le ministre, qui s'explique mal les difficultés auxquelles Montréal 2005 fait face dans la recherche de commanditaires privés.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, doit rencontrer mercredi les représentants du comité organisateur. «On veut s'assurer que l'événement se tienne, mais en respectant la capacité de payer des contribuables, parce que ce sont des fonds publics», a-t-il déclaré.
Le DG de Montréal 2005 se défend d'avoir attendu à la dernière minute pour aviser les gouvernements de la précarité des finances de son organisation. «Chacun des trois ordres a un représentant au sein de notre conseil d'administration, dit-il, alors ce n'est une surprise pour personne.»
Le directeur de la Fédération internationale de natation, Cornel Marculescu, était en déplacement en Australie, mardi, et il a été impossible de le joindre pour savoir si la FINA avait une solution de rechange dans l'éventualité où Montréal jette l'éponge.
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Note du webmestre : Ce 8 décembre, cette annonce est publiée en page 116 du Journal de Montréal.

page mise en ligne le 8 décembre 2004 par SVP

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