8 décembre 2004


Philippe Comtois a prolongé sa carrière dans le but de vivre l'expérience d'un championnat
dans sa terre natale. L'annonce de l'annulation possible des Championnats du monde de sports
aquatiques, prévus en juillet 2005, a eu sur le plongeur l'effet d'une douche froide.

Après quelques mois de vacances post-olympiques bien méritées, Philippe Comtois a renoué avec l'entraînement, il y a deux semaines. Le plongeur du club CAMO est maintenant en droit de se demander s'il n'aurait pas mieux fait de prendre sa retraite au lendemain des Jeux d'Athènes.

Cinquième en plongeon synchronisé avec Alexandre Despatie aux Olympiques, le Lavallois est retourné à la piscine dans un seul but : terminer sa carrière sur un point d'orgue, à Montréal, lors des Championnats du monde de sports aquatiques, en juillet 2005.

L'annonce de l'annulation possible de l'événement, qui souffre d'un manque à gagner de 12,2 millions, a eu l'effet d'une douche froide sur l'athlète de 28 ans.


Philippe Comtois
photo : Robert Mailloux, La Presse

« Ce n'est vraiment pas une bonne nouvelle, a-t-il dit en entrevue téléphonique. Si c'est annulé, je devrai réfléchir comme il faut à ce que je vais faire. C'est en vue de ces championnats que j'ai repris l'entraînement. C'était un peu comme un dernier tour d'honneur, pour dire merci à tout le monde qui m'a appuyé au fil des ans. »

Comtois n'est pas le seul athlète à avoir prolongé sa carrière dans le but de vivre l'expérience d'un championnat dans sa terre natale. La nageuse Marianne Limpert, qui a manqué sa qualification olympique de peu, l'été dernier, a elle aussi décidé de rempiler cet automne, revenant à CAMO après une année au club du nageur américain Michael Phelps, à Baltimore.

« Je suis vraiment déçue », a dit Limpert, qui a appris la nouvelle de la bouche du ministre des Affaires municipales, du Loisir et du Sport, Jean-Marc Fournier, présent au centre Claude-Robillard hier matin. « Les championnats de Montréal, c'était ma façon de finir en beauté devant mes supporters, mes parents et mes amis, après ne pas avoir obtenu ce que je voulais cet été.»

Elle espère que les gouvernements trouveront l'argent nécessaire pour assurer la survie de l'événement. « S'ils ne le font pas, on est vraiment faits. Si les championnats n'ont pas lieu à Montréal en 2005, le Canada va avoir de la difficulté à attirer d'autres compétitions internationales. »

Le Québec et le Canada ne pourraient non plus tirer profit des retombées positives d'un tel événement, selon Limpert. « Ce ne serait pas bon pour l'image de Montréal, mais ça aurait aussi des répercussions sur les jeunes, à qui les championnats donnent une occasion d'être inspirés par des athlètes vedettes. Ce serait une occasion manquée. »

Certains ont apparemment laissé entendre que la compétition pourrait être déplacée à Long Beach, en Californie, où ont eu lieu cette année les épreuves de qualifications olympiques américaines. « Mais Long Beach, ce ne serait pas la même chose, dit Limpert. À Montréal, ça aurait été spécial. »

Seule note positive : les installations de l'île Sainte-Hélène sont déjà construites et ne disparaîtront pas si les championnats partent à vau-l'eau, souligne l'entraîneur de Phiippe Comtois, Michel Larouche. Elles pourront servir à l'entraînement et à des compétitions estivales.

M. Larouche n'est pas sûr qu'il soit sage pour les gouvernements de mettre encore plus d'argent dans le projet. « S'ils sont obligés de cracher un autre 10 ou 12 millions, quelles sont les chances qu'on ait des investissements dans nos infra-structures sportives au Québec ? Est-ce que ça va vider nos coffres pour 10 ans ? Il faut regarder les retombées à long terme. C'est aux politiciens de mettre ça dans la balance. »


page mise en ligne le 8 décembre 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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