27 octobre 2004

Mais « tout sera prêt à temps », assure le directeur général de l'événement
Les Championnats mondiaux des sports aquatiques, qui auront lieu à Montréal en juillet prochain, coûteront plus cher que prévu aux contribuables. Des retards et des imprévus dans la construction ont rapidement fait gonfler la facture et la Ville de Montréal déboursera non pas 3 millions, comme c'était prévu en 2001, mais bien 8,1 millions.
Qu'est-ce qui explique cette hausse des coûts ? Un retard de 18 mois dans la construction des piscines, les standards élevés de la Fédération internationale de natation et de mauvaises surprises lors du début des rénovations du pavillon des Baigneurs. « En raison de son état de vétusté, le pavillon des Baigneurs recelait quelques surprises : présence considérable d'amiante, dalles à remplacer, salle de filtration inutilisable, remplacement d'égouts, etc. », indique la Direction des Sports de la Ville de Montréal, dans un document soumis au comité exécutif mercredi. « L'ampleur des travaux à réaliser et la rareté de la main d'oeuvre dans le milieu de la construction au printemps et à l'été 2004, ont exercé une pression à la hausse sur les coûts des travaux à réaliser. »
La semaine dernière, le comité exécutif de la Ville de Montréal a donc accepté d'investir 2,4 millions supplémentaires pour la rénovation du pavillon des Baigneurs - et ça, après d'autres ajouts de 500 000 $ (égouts) et de 1,7 million (extérieur du bâtiment) aux 2,5 millions prévus initialement. La Ville a aussi revu à la hausse sa contribution pour le soutien technique et logistique lors de la tenue de l'événement (un million au lieu de 500 000 $).
Évaluation insuffisante
Les montants des premières évaluations se sont donc révélés insuffisants pour compléter l'ensemble des travaux projetés. Un premier ajout de 1,7 million (via un emprunt) a servi principalement à terminer les travaux entrepris pour l'enveloppe extérieure du bâtiment. « (Un autre) montant de 2,4 millions serait souhaitable pour compléter adéquatement la finition intérieure du pavillon des Baigneurs et pour restaurer certains équipements ou aménagements du parc des îles : réfection des chemins piétonniers et des voies de circulation, remplacement de la signalisation permanente, l'achat de mobilier urbain, réfaction de locaux permanents, etc. », peut-on lire dans le document.
Questionné sur cette nouvelle injection de fonds publics, le directeur de Montréal 2005, Yvon DesRochers, est catégorique. «Les Mondiaux n'ont pas 2,4 millions de plus, souligne-t-il, tout en saluant la décision. Cette somme octroyée par Montréal va directement au pavillon des Baigneurs et à la réfection des chemins. Il était désuet, en décrépitude. La Ville ne fait que profiter des Mondiaux pour passer à l'action, rénover et se doter d'infrastructures à la fine pointe. Ça ne hausse pas notre budget. »
Si M. Desrochers avance que, sans l'aide de la Ville, il aurait fait avec les moyens du bord, la Direction des Sports chante un autre discours. « L'intérieur du bâtiment se présenterait en « base building » : le plancher du rez-de-chaussée serait au ciment; les tourelles ne seraient pas rénovées; on y retrouverait toujours de l'amiante; il n'y aurait pas de casiers pour les sauveteurs et ni de comptoir d'accueil; le local de premiers soins serait sans mobilier; il n'y aurait pas de système d'intercom et de système d'alarme incendie et intrusion. Une grande partie du montant de 2,4 millions devrait vraisemblablement être investie ultérieurement. »
Aurait-on pu utiliser des tentes pour loger athlètes et compagnie ? Pas selon les exigences de la FINA, prétend la Ville.
Malgré ces imprévus, les travaux vont bon train sur l'île Sainte-Hélène. Tout près de la tour de plongeon, une cinquantaine d'ouvriers s'affairaient hier autour des piscines et du pavillon, tandis que des tracteurs allaient et venaient dans les chemins de gravier. « La construction des trois piscines est complètement terminée, indique fièrement Yvon DesRochers. Oui, il y a eu des imprévus. C'est normal compte tenu de l'importance du chantier. Ce qui est merveilleux, c'est que nous respectons malgré tout le budget et les échéanciers. »
Il ne reste que de légers travaux à effectuer, disent les organisateurs : le pavage autour des piscines, l'ajout d'une toile dans la piscine de réchauffement, la finition de la tour de plongeon, l'aménagement des locaux destinés aux chronométreurs, officiels, arbitres et athlètes, l'installation des gradins, etc. Montréal 2005 n'a aucune inquiétude en regard des infrastructures. « Tout sera terminé à temps », assure M. DesRochers.
page mise en ligne le 27 octobre 2004 par SVP