20 décembre 2004

Québec pourrait larguer les ISM

On saura demain si les Championnats du monde de sports aquatiques, qui risquent l'annulation en raison d'un manque de liquidités, auront bel et bien lieu à Montréal à l'été 2005.

Les vérificateurs externes envoyés par le gouvernement du Québec doivent remettre leur rapport aujourd'hui au ministre des Sports, Jean-Marc Fournier. Leur mandat consistait entre autres à déterminer si le comité organisateur a vraiment fait tous les efforts possibles pour dénicher les commandites privées qui font défaut à Montréal 2005.

Quoi qu'il advienne, le temps est venu pour les gouvernements de revoir leur appui aux Internationaux du sport de Montréal (ISM). Huit ans après sa fondation par l'ex-directeur général du Canadien, Serge Savard, et son ami Marc Campagna, l'organisme de démarchage qui a attiré les Championnats de la FINA à Montréal ne présente pas un dossier très impressionnant.

Au risque de se répéter, deux des cinq événements que les ISM se targuent d'avoir décrochés pour Montréal, soit le Mondial de football de la presse et des médias et les Jeux du monde, n'ont jamais eu lieu. Un autre, la Coupe Grey, aurait fini par être tenu à Montréal avec ou sans l'appui des ISM. Les Championnats de la FINA ont besoin d'une injection d'au moins 12,2 millions pour survivre, après avoir reçu 16 millions du fédéral et avoir profité d'investissements en infrastructures totalisant plus de 20 millions de Québec et de la Ville de Montréal. Seuls les Jeux gais de 2006, maintenant appelés OutGames, semblent bien partis pour éviter une fin hâtive dans un bain d'encre rouge.

Une réforme en profondeur est nécessaire. Et elle risque de se produire très bientôt.

À Québec, où le Fonds de la Métropole donne 300 000 $ par an aux ISM depuis 1998, le gouvernement libéral a entrepris depuis un an une réflexion sur la façon dont se fait la prospection de compétitions sportives internationales.

Premier signe de cette réflexion : après avoir reçu leur subvention sur une base triennale, les ISM se sont fait dire l'an dernier que le soutien financier qui leur est accordé serait dorénavant réévalué tous les ans. Et d'après ce qui se dit en coulisses à Québec, les ISM sont loin savoir passé l'examen avec succès.

Le coeur du problème réside dans la dichotomie entre les ISM, qui montent les divers dossiers de candidature de Montréal, et les comités organisateurs auxquels ils confient ensuite la préparation des événements obtenus. « Ça ne fonctionne pas quand quelqu'un fait le démarchage, mais ne vérifie pas si la formule (de financement) fonctionne », explique une source gouvernementale bien au fait du dossier.

Cela rejoint ce qu'écrivait dans nos pages le vice-président du Comité olympique canadien, Walter Sieber, la semaine dernère. « Chercher un événement international peut s'avérer difficile, mais de l'organiser par la suite est bien plus compliqué. Il faudrait faire comme c'est la tradition dans d'autres pays. L'organisme qui représente la fédération nationale et la Ville dans la phase de candidatures devrait avoir accès à un groupe de personnes qui, par la suite, serait conjointement responsable de l'organisation. Ainsi, il y aura une suite logique entre le protocole d'entente et le produit final, c'est-à-dire la présentation de l'événement. »

Une réforme est à prévoir. La prochaine étape, qui pourrait être annoncée avant Noël par le ministre québécois des Sports, Jean-Marc Fournier, pourrait bien voir les Internationaux perdre leur subvention provinciale.

Les ISM ne sont pas au bout de leurs peines. S'ils ne profitent plus du défunt programme fédéral de commandites, dont ils ont tiré 1,25 million, ils reçoivent toujours l'aide financière de Développement économique Canada. DEC leur a versé l,55 million entre 1998 et 2002 et a mis à leur disposition une enveloppe de 1,5 million pour la période couvrant les années 2002 à 2004.

Cette aide prend la forme d'un remboursement des dépenses admissibles, à hauteur de 50 %. Par exemple, si les dirigeants des ISM voyagent à l'étranger pour présenter un dossier de candidature de Montréal, 50 $ sont remboursés pour chaque tranche de 100 $ de frais d'hôtel et de transport.

La période de financement actuelle, au cours de laquelle les ISM ont réclamé 800 000 $ en remboursements, soit un peu plus de la moitié de l'enveloppe prévue, vient à échéance le 31 décembre. Et à en juger par les mesures de performance prévues dans l'entente avec DEC, il est loin d'être évident que les ISM obtiendront le renouvellement de leur financement. Ils devaient notamment attirer au moins cinq événements sportifs internationaux à Montréal d'ici 2005. Cette commande, on l'a vu, est loin d'avoir été accomplie.

Si je travaillais pour les ISM, je commencerais à m'inquiéter.


page mise en ligne le 20 décembre 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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