1er mars 2004


Émilie Heymans et Blythe Hartley.
photo : Roberte Candia, Associated Press

En proie à une crise majeure, l'organisation des Championnats mondiaux aquatiques de Montréal 2005 a failli couler à pic en 2002 : des coffres vides, une présidente qui claque la porte, un gestionnaire mis à pied, des retards d'embauches. Appelé à la rescousse, Yvon DesRochers, ancien directeur du Centre national des arts, a réussi à renverser la vapeur. Pour le moment du moins.

« Sans avoir tout pallié, la glace n'est plus aussi mince qu'elle l'était, explique M. DesRochers. Il nous reste cependant beaucoup de travail à faire. »

Avocat de formation et ancien conseiller de Francis Fox à l'époque où il était ministre à Ottawa, DesRochers a été appelé à prendre la barre du comité organisateur de Montréal 2005 pour ses qualités de solide gestionnaire.

C'est qu'il y avait urgence d'agir, admet-on aux Internationaux du Sport de Montréal (ISM), qui ont obtenu l'organisation des Championnats aquatiques. Un an après la création de Montréal 2005, presque tout clochait. « Il nous a fallu repartir à zéro, indique M. DesRochers, nommé en octobre 2002. Nous avons dû relever nos manches sans attendre parce qu'il y avait une multitude de tâches à effectuer, des échéanciers à respecter. »

L'événement est de taille. « Pour la ville, la région et toute la province, Montréal 2005 est le plus grand rendez-vous de la jeunesse sportive depuis les Jeux olympiques de 1976 », peut-on lire sur le site Internet de l'organisation.

Selon les prévisions, la métropole accueillera, du 17 au 31 juillet 2005, 2500 athlètes et entraîneurs de 180 pays (cinq disciplines), 1500 bénévoles, 1000 journalistes et des centaines de milliers de visiteurs. C'est quelque 62 millions en retombées économiques, estime Tourisme Montréal.

« C'est la première fois que cette compétition internationale s'arrête en Amérique du Nord », souligne Marc Campagna, président et directeur des ISM.

Pour faire rouler la machine, il en coûtera 36,5 millions. C'est le budget analysé et voté par la FINA, et pas question d'en déroger. Le gouvernement canadien y contribue pour plus de la moitié : 16 millions sont destinés aux opérations et 3 millions à la, sécurité entourant l'événement. Jusqu'à maintenant, 6,7 millions ont été versés, mais Patrimoine Canada a mis l'organisation en péril en tardant à signer les premiers chèques.

Aujourd'hui, toutefois, Montréal 2005 semble avoir repris les choses en main. « Il y a eu redressement et la gestion est maintenant très serrée », souligne M. Campagna.

Un exemple ? Déterminé à minimiser les coûts d'opération, Yvon Desrochers a revu à la baisse les sommes destinées aux droits télévisuels. « Au lieu des 6,5 millions prévus initialement au budget, Montréal 2005 ne paiera que 3,9 millions selon une nouvelle entente de principe. Tout cela en respectant les devis techniques », précise-t-il.

À la Ville de Montréal, on reconnaît que le comité organisateur a connu son lot de difficultés. « Mais nos inquiétudes sont maintenant choses du passé, nous sommes confiants, indique Donald Dion, de la Direction des Sports et des Loisirs. Tout est prêt pour les travaux de construction. »

Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, qui s'occupent de la modernisation des infrastructures, sont responsables de la construction d'un nouveau complexe aquatique dans l'île Sainte-Hélène, évalué à 16,5 millions. La Société du parc des Îles supervisera la construction de trois piscines et la rénovation du pavillon des baigneurs. Dès août 2004, des nageurs devraient pouvoir y faire trempette.

« Le cahier de charges est respecté à la lettre », souligne M. DesRochers. D'ail-eurs, la promotion dans les écoles débutera dès le mois de mai, avec une tournée des athlètes du club CAMO.

Il semble toutefois qu'il faudra faire plus pour rassurer la FINA (qui vient de demander au gouvernement canadien de s'engager à couvrir tout déficit). C'est que, pour assurer la bonne marche du projet, les organisateurs doivent trouver quelque 18 millions en fonds privés et commandites. Jusqu'à présent, seulement trois fournisseurs ont signé et, de l'avis même des organisateurs, les prévisions de vente de billets - on dit pouvoir attirer plus de 250 000 spectateurs en 14 jours - sont «optimistes ».

« C'est évident que nous sommes angoissés. Qui ne le serait pas ? lance Yvon DesRochers. Le défi est énorme, mais je suis un faiseux. Alors, on y arrivera. »


page mise en ligne le 1er mars 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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