CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSIONS

1. Aspects socio-économiques

Le but de l'enquête était de dégager l'intérêt de certains crotalaires de la région de Ngaounderé. L'enquête a été effectuée auprès des paysans, bergers, ménagères et tradi- praticiens d'âge compris entre dix et soixante cinq ans.

Connaissance locale sur les crotalaires

Sur les trente personnes interrogées, 86.6% connaissent les crotalaires, mais seulement 66.6 % sont capables de les désigner par un nom. En fulfulde, la plupart des crotalaires sont désignés sous le nom de " tamba nanguehi " : tamba = scruter et nangué = soleil. En hausa, les crotalaires sont appelés en général " bii-raana " (suit le soleil) en allusion à l'orientation des feuilles par rapport au soleil. Toutefois, il existe en hausa des adjectifs pour distinguer certaines crotalaires. C'est ainsi qu'on a " bakar bii-raana " (crotalaire noire) ou " farar bii-raana " (crotalaire blanche) ou encore " jar bii-raana " (crotalaire rouge ). Il ressort de l'enquête que les paysans s'accordent à dire que les crotalaires ne sont pas des espèces protégées ni semées. Par ailleurs, les paysans ne connaissent pas si ces espèces présentent un avantage pour la culture vivrière.

1.2. Usages dans la consommation

Une majorité (86,6%) des personnes interrogées affirment que les crotalaires ne sont pas utilisées dans l'alimentation humaine. Pourtant, les feuilles de Crotalaria retusa sont consommées comme légume en Inde et au Tanganyika, les fleurs de la même espèce sont consommées au Gabon et au Sénégal (Burnill, 1995).

Les avis sont partagés quant à la consommation de ces espèces par le bétail : 76,6% affirment que ces dernières ne sont pas consommées par le bétail tandis que les 23,4% restants affirment le contraire. Ces derniers s'accordent sur le fait que ces Légumineuses ne sont pas très appréciées par le bétail et que la fréquence de la consommation est faible. Ceci peut s'expliquer par le fait que les crotalaires sont toxiques (Rocheleau et al, 1994) car contiennent la crotaline, un alcaloïde. Toutes les parties de la plante exceptées les racines sont consommées par le bétail. Les paysans s'accordent aussi sur le fait que ces espèces ne sont broutées qu'en période sèche quand les herbes appréciés par le bétail ne sont pas abondantes.

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