Ces facteurs sont complexes et variables suivant les r�gions. Les contraintes socio-�conomiques sont les plus importantes. Depuis les ann�es 1970, la production vivri�re n'a pas suivi la croissance d�mographique dans la zone subsaharienne (Buckles et al, 1998). Il en r�sulte des pressions accrues sur les terres et une baisse de la fertilit� des sols. Par ailleurs, en 1993, l'Afrique affichait le taux de pauvret� le plus �lev� du monde, 38% de sa population comptant sur moins de 510 F CFA par jour pour assurer leur subsistance (Buckles et al, 1998). En raison de cette pauvret�, le prix �lev� des engrais min�raux demeure le principal obstacle � l'application correcte des normes recommand�es (Kouyat� et Juo, 1998).
L'h�ritage socioculturel qui se manifeste � travers la tradition par le maintien des m�thodes ancestrales d'exploitation des sols est �galement une contrainte � la production agricole. Les d�boisements effectu�s par les hommes, soit pour d�gager les terrains culturaux, soit pour les bois de chauffe ont conduit � la d�nudation de vastes espaces, � la destruction et � la disparition de l'humus (Fournier, 1973). On note enfin, une certaine m�fiance des paysans � l'�gard des nouvelles m�thodes de protection des sols.
A c�t� de ces contraintes socio-�conomiques, il existe aussi des contraintes environnementales. Les sols tropicaux sont en g�n�ral pauvres en �l�ments fertilisants, plus sp�cifiquement en azote et en phosphore (Niangado, 1989). Les chercheurs ont not� une relation lin�aire entre les rendements c�r�aliers et les teneurs en azote total dans les sols de la zone semi-aride d'Afrique (Pieri et Moreau, 1986) . Ces sols ont une faible capacit� d'�change cationique li�e � une teneur �lev�e de kaolinite . En ce qui concerne le phosphore, sa concentration est faible dans la solution du sol, elle est de l'ordre de 0,7 mg/l (Niangado, 1989) ; or, les plantes ont besoin des valeurs de l'ordre de 4 � 40 mg/l pour leur croissance optimale (Nwaga, 2001). Les sols tropicaux ont une teneur tr�s �lev�e en oxyde de fer et en alumine ; ces derniers adsorbent fortement les ions phosphates rendant la concentration tr�s basse. Ceci explique la pauvret� des sols en phosphore par rapport � l'azote. Les contraintes climatiques � l'instar des s�cheresses qui ont frapp� l'Afrique pendant les ann�es 1970-1980 ont montr� que la cause ultime de l'�chec des cultures est souvent le manque d'eau (N'guetti et al, 1995). Ce d�ficit produit des cons�quences d�sastreuses sur la production agricole.
2.1 G�n�ralit�s et caract�ristiques
Les l�gumineuses sont un grand groupe de plantes � fleurs dicotyl�dones et dont le fruit est une gousse, ils comptent environ 18000 esp�ces de r�partition mondiale (Anonyme,1999). Les l�gumineuses sont d'un grand int�r�t �conomique avec des esp�ces alimentaires, ornementales et fourrag�res.
L'�l�ment le plus caract�ristique de cette Super-Famille est son fruit qui est une gousse � un seul compartiment. Cette gousse peut �tre ind�hiscente ou s'ouvrir � maturit� (Anonyme, 1999). Une autre caract�ristique commune de cette Super-Famille est la pr�sence sur les racines des renflements appel�s nodules et contenant des bact�ries du genre Rhizobium. La symbiose rhizobia-L�gumineuse est importante car certaines esp�ces de l�gumineuses fixent annuellement 60 � plus de 600 kg/ha/an d'azote ( Abelong Mouele et Nwaga, 2000). La Super-Famille de l�gumineuses est divis�e en trois familles : les Papilionac�es qu'on rencontre majoritairement dans les r�gions temp�r�es ; les Mimosac�es et les C�salpiniac�es de r�partition plut�t tropicale et subtropicale ( Ma�s et Maderni, 1993 ; Anonyme, 1999).
2.2 Importance des l�gumineuses de couverture dans l'agriculture
Les agriculteurs recourent de plus en plus aux plantes de couverture qui peuvent constituer une solution de remplacement int�ressante pour r�soudre le probl�me de la baisse de la fertilit� des sols et du rendement des cultures (Segda et al, 1998). Au Nigeria, une �tude sur les avantages de le restauration de la fertilit� des sols par certaines l�gumineuses a montr� que Stylosanthes guianensis, Pueraria phaseolo�des et Centrosema pascuorum donne des rendements �lev�s en mati�res s�ches, de six � neuf tonnes � l'hectare (Anonyme, 1997). Ces l�gumineuses ont une teneur �lev�e en azote et am�liorent le carbone du sol. L'am�lioration de la fertilit� des sols peut �tre obtenue au travers de plusieurs actions de la plante (Guibert, 2001). Ainsi, les crotalaires, Calopogonium mucono�des, Centrosema pascuorum et les Stylosanthes, esp�ces qui nodulent abondamment sont utilis�es pour am�liorer le statut azot� du sol tandis que Desmodium tortuosum et les Macroptilium sont utilis�es pour a�rer le sol et am�liorer son taux de mati�re organique � cause de l'effet d�compactant de leur pivot racinaire (Guibert, 2001).
L'int�gration des l�gumineuses de couverture peut se faire dans les jach�res am�lior�es, des associations et les rotations culturales dans le but d'am�liorer la fertilit� des sols, d'augmenter les rendements agricoles et de lutter contre les mauvaises herbes. Une �tude men�e par l'ICRAF au Kenya a montr� que l'association Cajanus cajan- ma�s donne un rendement en grain de ma�s de 24 % sup�rieure � celui d'une culture pure de ma�s (Rao et al, 1999).
En d�finitive, les l�gumineuses de couverture jouent un r�le important en agriculture et contribuent pour une large part � l'�tablissement d'une agriculture durable. Leurs r�les dans l'alimentation du b�tail et dans l'alimentation humaine sont aussi non n�gligeables.