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lac St-Jean en 3 jours sur la Véloroute des bleuets (juin 2000) |
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Sommaire
| La Véloroute des bleuets est un nouveau circuit de 256 km qui fait le tour du lac St-Jean, une étendue d’eau impressionnante de 40 par 30 km, au nord du parc des Laurentides. Le terrain plat ne présente pas de difficultés particulières et convient à toutes les catégories de cyclistes. Nous avons choisi ce nouveau trajet afin de nous mettre en forme pour la saison. Parce que le tour d’ouverture partait d'Alma le 27 juin (du côté est), nous avons décidé de partir d'un peu plus loin en avant, avec un jour d'avance, pour devancer la cohue. Nous avons quitté Montréal en voiture dimanche, pendant un petit déluge. Heureusement pour nous, le temps s’est nettoyé en cours de route et, pendant que nous remontions le St-Maurice, la lumière oblique éclairant la vallée était de bon augure pour ce voyage. Rendus à Chambord, au sud-est du lac, nous avons trouvé un camping sans difficulté. |
Chronique
Jour 1
| Lundi, 26 juin - De Val-Jalbert à
Albanel (87 km)
Le lendemain, le temps était doux et couvert. Nous avons roulé une dizaine de kilomètres jusqu'à notre point de départ, le stationnement de Val-Jalbert. Rétrospectivement, je crois que nous aurions dû passer la nuit au camping de Val-Jalbert, un endroit très spécial au bord des gorges et des chutes de la rivière Ouiatchouane. Un peu avant midi, nous étions prêts pour le départ. Pour notre malheur, la première partie de la piste était asphaltée et, forcément, encombrée de patineurs. Cela n'a pas duré longtemps; peu après, nous roulions sur une piste de concassé fin, à travers la réserve montagnaise de Mashteuiatsh (ancien nom : réserve de Pointe-Bleue). La piste cyclable a remplacé l'une des deux voies de chemin de fer longeant le lac, l'autre étant encore utilisée . Au kiosque d'information de la Réserve, on nous a expliqué que les sites archéologiques les plus intéressants se trouvaient du côté sud du lac. De Val-Jalbert à St-Prime, la piste, qui longe le rivage, est agréable et bien tenue, malgré une signalisation déficiente près de Roberval, où nous avons dû nous informer. On peut espérer que cette situation, excusable pour une nouvelle piste, sera bientôt corrigée. D'ici là, si vous devez demander votre chemin, en ville ou ailleurs, ce n'est pas une expérience traumatisante, parce que les Jeannois sont très sympatiques et adorent parler avec des étrangers. Pour ceux qui ne parlent pas français, c'est un peu plus compliqué parce qu'il ne faut pas supposer que tout le monde peut répondre en anglais, comme à Montréal. Mais il n'est pas difficile de trouver quelqu'un qui le parle. De St-Prime à Dolbeau, la Véloroute est un simple accotement asphalté des deux côtés de la route 169, une voie principale plate et plutôt achalandée, dont le paysage rural offre peu de points de vue intéressants. Il est possible d'éviter complètement le parcours nord-ouest (de St-Félicien à Dolbeau) en prenant la route 373, plus courte et plus calme, près de la rive nord du lac. Sur la 169, nous étions dépassés par un train ininterrompu de voitures et de semi-remorques chargées de bois ou d'autres marchandises (Les gens de ces lieux, et surtout les camionneurs, ne tiennent aucun compte des limites de vitesses dès qu'ils croient qu'on ne peut les attraper). À St-Félicien, nous avons finalement retrouvé la piste : elle était fraîchement pavée; lorsque nous sommes passés, les employés de la voirie s'affairaient à peindre la signalisation; nous étions les premiers à étrenner ce segment de la Véloroute. Bientôt, nous étions repartis vers Normandin, une ville de pâtes et papiers, entourée d'une vaste zone d'exploitation forestière. Parce que nous n'avions aucune bonne raison de nous arrêter, nous avons continué à rouler jusqu'au camping d'Albanel. Nous sommes arrivés vers 20 h, baignés dans la lumière chaude d'un éclairage rasant d'équinoxe d'été, qui avait finalement percé le voile des nuages sous un ciel gris plomb. Sitôt rendus au camping, la pluie s'est mise de la partie, ce qui nous a donné un bon coup d'adrénaline; au bout de 10 minutes, notre campement était monté. Par bonheur, ce n'était qu'une ondée. Cette nuit-là, nous avons assez bien dormi malgré le bruit de la 169, grâce, il faut le dire, à des bouchons d'oreilles. |
Jour 2
| Mardi, 27 juin - D’Albanel à
Ste-Monique (76 km)
Le lendemain, de retour sur l'accotement asphalté, nous avons traversé des paysages agricoles plutôt banals et des champs de bleuets dénudés, ravagés par un gel tardif au printemps. Après avoir traversé la rivière Mistassibi à Dolbeau, nous avons enfin parcouru l'un des rares tronçons de vraie piste cyclable, longeant les rapides tumultueux et les cascades écumantes. Quelque 20 km plus loin, nous avons visité le beau village de Ste-Jeanne-d'Arc, sur la rivière Péribonka, ainsi que son moulin à scie converti en musée (visite guidée gratuite). Ce moulin, typique des villages autonomes du début du 20e siècle, est un bel exemple d'installation polyvalente: en plus de scier le bois et de moudre le grain, il abritait aussi une forge et un atelier de fabrication d'outils. De plus, il servait à bien d'autres usages; par exemple, il actionnait une batterie de machines artisanales en bois, comme des cardeuses, des métiers à tisser et même une trieuse de bleuets. À Péribonka, enfin de retour sur le bord du lac, nous avons filé sur la rive, le long du parc provincial de Pointe-Taillon de l'autre côté de la rivière Péribonka. Vers 14 h 30, nous étions rendus au camping de Ste-Monique, où j'ai rencontré tout à fait par hasard Pierre Bégin, un vieil ami qui faisait le tour en solitaire dans le sens contraire. Nous avons décidé de camper à cet endroit calme, dans une majestueuse forêt de grands pins. Comme nous ignorions qu'il y avait un autre camping sur le bord du lac, quelque 18 km plus loin, nous avons manqué notre chance de passer le reste de l'après-midi sur la plage. |
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Métabetchouane |
Jour 3
| Mercredi, 28 juin - De Ste-Monique
à St-Gédéon (71 km)
Nous avons dû nous lever en catastrophe ce matin-là parce que de minuscules brûlots, qui avaient réussi à passer à travers les mailles de notre moustiquaire, étaient en train de nous dévorer vifs (de retour à Montréal, j'ai réglé ce problème en faisant poser une moustiquaire plus fine). La piste traversait le parc couvert de grands pins et, bientôt, nous étions rendus sur une belle plage de sable. Des campeurs nous ont dit que là aussi, les brûlots étaient voraces. Du parc à Alma, roulant à nouveau sur l'accotement asphalté de la 169, nous avons traversé des paysages variés. Sur le pont passant au-dessus du canyon de la Grande décharge, on peut voir l'impétueux Saguenay regimbant de toutes parts contre les barrages qui semblent avoir bien du mal à le harnacher. À Alma, nous avons traversé un carré de fonderies d'aluminium près de la rivière, un endroit assez déprimant. Mais le meilleur était à venir : à quelques kilomètres d'Alma, la piste emprunte une voie de chemin de fer abandonnée qui traverse toutes sortes de paysages, près du rivage, dans les champs ou dans la forêt. Cependant, autre bizarrerie pour une piste cyclable, il faut partager certains tronçons asphaltés avec les automobilistes (mais c'est quand même mieux que la 169). Vers 16 h, nous avons traversé St-Gédéon, un joli village près du lac. Il y a plusieurs campings dans ce secteur, mais la sélection n'a pas été difficile : nous avons choisi le premier lieu intéressant, le camping municipal. Malgré la pluie qui nous a agacés pendant quelques minutes, le soleil est revenu et nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil sur le lac, dans un endroit magique d'où l'on ne voit pas l'autre côté, comme au bord de la mer. |
Jour 4
| Jeudi, 29 juin - De St-Gédéon
à Val-Jalbert (36 km)
Le reste de la piste est la partie la plus intéressante. C'est une étroite bande de concassé fin, bordée de fleurs sauvages et abritant toutes sortes d'oiseaux chanteurs, qui passe tour à tour par le rivage et par les champs, en traversant des villages relativement bien préservés. Rendus à Métabetchouan, comme la pluie s'est mise à tomber dru, nous avons visité le musée de la place, qui offre un tour guidé d'un poste de traite de la Baie d'Hudson, version début XIXe siècle. Même avant l'arrivée de premiers colons, il y a plus d'un siècle, les agents de la Baie d'Hudson devaient parler français pour traiter avec les Montagnais et les trappeurs qui vivaient dans ces lieux. Puis, nous sommes passés par Desbiens, qui propose la visite de la « Caverne du Trou de la fée », à 10 km du village en remontant la Métabetchouan. Cette grotte sert d'habitat d'hiver aux chauves-souris et son entrée est située dans le flanc d'un petit canyon. Cet endroit a été dévasté lors de la Grande inondation de l'été 1997; il a fallu rebâtir des sentiers, des escaliers et des structures des deux côtés du barrage. Nous recommandons la visite d'une heure aux « Trois chutes », sur les sentiers de nature qui longent la trépidante Métabetchouan et les trois chutes connectées par tout un réseau de cascades - un endroit de choix pour un pique-nique. Après encore quelques kilomètres à travers les champs, nous étions de retour à Chambord, d'où nous avons pédalé les 16 derniers kilomètres sur la piste asphaltée pour boucler notre circuit – avec notre escorte habituelle de patineurs. |
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Conclusion
| La Véloroute des bleuets, une nouvelle piste, souffre de défauts de jeunesse qui, n'en doutons pas, seront corrigés au fil des ans. Toutefois, sauf pour quelques tronçons magiques, son tracé est loin d'être la trouvaille du siècle : il aurait fallu éviter autant que possible la route 169 et coller davantage sur le lac. En bref, cette randonnée est plaisante si vous ne vous attendez pas à des merveilles ou si vous recherchez un défi pas trop exigeant, par exemple pour vous mettre en forme au début de la saison. |