Histoire
Avec leur d�nomination, Vulgaires Machins aspirent � ne pas subir les clich�s de la cat�gorisation musicale. La parution attendue d��Aimer le mal� (septembre 2002) renforce leur volont� � d�faut d'incognito. Pour l�enregistrement de ce disque, Pierre R�millard reprend les manettes mais exile le groupe dans son Wild Studio � Saint-Z�non. Dale Penner (Nickelback, Matthew Good Band, Econoline Crush) expertise la pr�production, la r�alisation de trois pi�ces et finalement le mixage au Vyner Road Studio de Toronto. Cette formule logistique se r�v�le gagnante et valorise la progression significative des V.M. Les tempos varient avec assurance, les harmonies s�enrichissent de nuances et d�arrangements sentis. Vulgaires Machins ma�trisent la spontan�it� punk-rock de leurs d�buts. L�arriv�e de Patrick Landry � la batterie explique en partie cette juste �volution. La plume s�affirme aussi, devient militante et se d�barrasse des stigmates adolescents. Vulgaires Machins s��mancipent d�une g�n�ration X dont ils n�oublient pas la condition inhumaine. Les chansons d��Aimer le mal� s��coutent comme la trame d�un monde anesth�si� par un n�o-lib�ralisme aussi omnipr�sent qu�invisible. Le groupe s�attaque � cette pens�e unique (�Un Vote de moins�, �Capital�, �A�) et � une globalisation mercantile (�Pigeon Frit Killtucky�) qui affecte jusqu�� la cr�ation musicale (�Anesth�sie�). Lorsque le peuple cherche � oublier ses d�boires, le verbe se fait ironique (�Saoul�). La prose redevient grave pour pleurer la banalisation d�actes d�sesp�r�s (�Mourir au bout d�une corde�, �Triple meurtre et suicide rat�). La sortie du disque bluffe les pronostics les plus optimistes. Aucun doute, l�hiver sera rouge. Rouge comme l�enthousiasme des fans lors du lancement au Spectrum, d�une tourn�e en r�gion � guichets ferm�s et d�une Saint-Valentin 2003 au coeur du M�tropolis. Rouge comme l�encre d�une presse �crite qui d�borde d��loges. Rouge du vid�o-clip �Dieu se pique� dont l�indolence attise les tubes cathodiques de Musique Plus. Rouge �Comme une brique� lanc�e dans les panels aseptis�s de la bande fm et qui se hisse de fait en 20�me position d�un Top 100. Sans chercher le K.O., Vulgaires Machins touchent droit au coeur. Leur parcours en t�moigne. Au creux des ann�es 90, une musique estampill�e 77 ressurgit gr�ce � l�imp�tuosit� de Green Day, No Fx et autres Rancid. Ce s�isme californien secoue le Qu�bec o� une formation de Granby se d�marque d�s 1995. Guillaume et Marie-�ve (chants, guitares), Maxime (basse) et Mathieu (batterie) s�emparent des devants de la sc�ne. Le public pl�biscite le groupe et l�encourage � enregistrer ses premi�res compositions. La technicit� sommaire du studio-maison Beauregard explique la qualit� approximative du d�mo �La Vie est belle�. L�oreille experte des membres de Grimskunk ne s�en formalise pas. Ces pionniers de l�alternatif offrent au quatuor de rejoindre les rangs de leur label Indica. Vulgaires Machins disposent enfin d�un soutien � la hauteur de leurs aspirations artistiques lorsqu�ils investissent le studio RCA Victor en 1998. Leur rencontre avec le r�alisateur Pierre R�millard donne naissance � un prometteur �24-40� (mai 1998). Dans une apparente na�vet�, ce disque crache des diatribes entre tranches de vie et d�sinvolture pistolienne. Le groupe b�n�ficie par ailleurs de la popularit� de Grimskunk pour multiplier ses prestations au Qu�bec. Il gagne progressivement une autonomie que consolide la diffusion de son vid�o-clip �Anti-d�presseur�. Peu sensibles � l�euphorie du nouveau mill�naire, Vulgaires Machins invitent au recul sur �Regarde le monde� (mai 2000). La complicit� avec Pierre R�millard se pr�cise sur ce deuxi�me opus qui, sous des airs �j�m�en foutiste�, surprend de lucidit�. Ce regard alerte incite � briser les fronti�res. � l�automne 2000, la troupe s�enr�le dans une tourn�e europ�enne (France, Suisse, Espagne) entre concerts squat�s et Transmusicales de Rennes. Au Qu�bec, les foules grossissent et prennent souvent des airs de cons�cration en 2001 : Spectrum puis Francolies de Montr�al, Festival d��t� de Qu�bec... La diffusion vid�ographique s�accentue aussi avec les extraits �Le Ciel est vide� et �Petit Patapon�. Mais Vulgaires Machins ne d�rogent pas � leur simplicit� et restent fid�les � des id�aux manifest�s en marge du Sommet des Am�riques. Dans une atmosph�re d��meute, ils partagent la sc�ne de la contestation sonore avec Propagandhi. Les gaz lacrymog�nes se dissipent au contraire d�opinions qui s�articulent avec maturit� dans �Aimer le mal�.
source: www.vulgairesmachins.org