[ Jeudi 27 Juin 2002 ] [ 23:35 ]
Quatre jours, ce n'est pas beaucoup, c'est vrai. Mais durant ces quatre jours, je n'avais plus envie de cet endroit, de ce journal dont je trouve qu'il d�rape et ne me ressemble pas, ou du moins, ne refl�te pas la meilleure part de moi. D'o� les changements auxquels j'ai travaill� ce soir pour ce site. J'ai envisag� l'abandonner, je vous l'avoue...mais comme je l'ai d�j� dit, arr�ter est impossible, car inutile! J'ai toujours eu un endroit pour �crire quelle soit la p�riode de ma vie, et je sais que j'en aurai toujours besoin...
Mais j'aimerais �tre plus l�g�re, moins emport�e, moins passionn�e, moins tourment�e... C'est ce qui me donne de l'inspiration, ces pens�es qui s'emballent pour un rien, et par l� donc ce qui me rend satisfaite, satisfaite de construire. Construire des mots, construire des phrases, construire des pages... mais cel� est parfois lourd � vivre. Vous allez me dire, cel� n'a rien � voir avec le journal, si moi-m�me je suis comme �a! Et ce n'est pas faux. Cependant il est terrible de voir comme on peut se calquer sur un texte. Comme j'�crivais avant de partir en week-end la semaine derni�re: partir en laissant une image de moi tourment�e ici me gardera tourment�e dans la vraie vie jusqu'� une nouvelle entr�e. Et ainsi m�me lorsque je n'�cris pas, je reste celle des textes, celle qui se pose une centaine de questions absorb�e par ses passions, jamais par sa raison, dans l'exc�s. J'en venais � me dire que peut-�tre je changerais si j'arrivais � n'�crire que des choses heureuses, des choses vraiment tr�s futiles...peut-�tre je le deviendrais?
Quoiqu'il en soit, je suis toujours l�, et pas pr�te � vous laisser...
Il y a 7 ans, je m'endormais dans le lit de quelqu'un que j'ai aim�, m�me si � cet �ge que j'avais, on aime mal, on aime trop, ou alors pas assez. Et je crois bien que c'est ce dernier cas de figure qui m'est arriv�. Au bout d'un moment, � quinze ans on se lasse, on casse, on se moque, on veux sans cesse rire plus fort, chanter plus haut que les autres, on veux conqu�rir le monde, avant de s'apercevoir que tout ce que l'on peut conqu�rir n'est finalement qu'un petit lopin de terre � l'�chelle de la plan�te. J'avais quinze ans et un amour cependant. Sage et complice. Avant de quitter la proie pour l'ombre de pr�dateurs incomp�tents dans la tendresse. J'avais quinze ans, et ce n'est qu'� 21 que j'ai commenc� � le regretter. Sinc�rement. Honn�tement. De toute ma conscience, et de mon coeur aussi, je l'ai regrett�, oui, c'est vrai. Et regrett� d'autant plus lorsqu'il nous a pr�sent�, � moi et Ben, sa nouvelle petite amie. C'�tait il y a un an et demi.
Suis-je un monstre si aujourd'hui je me suis r�jouie de savoir qu'elle �tait partie de chez eux? Suis-je un monstre si � cette nouvelle j'ai souri? Suis-je un monstre si je me suis attendrie � m'imaginer doucement sa peine, parce que cette peine-l� je la connais moi-m�me et je sais que quoiqu'on puisse en dire on y survit? J'ai envisag� des possibilit�s, je vous l'avoue. J'ai envisag� la re-rencontre, j'ai envisag� le t�l�phone, j'ai envisag� l'email et une sortie �ventuelle quelque part par ici. S'il y a une chose dont je sais je suis dou�e, c'est de me d�vouer au r�confort des autres. Que l'on ait besoin de moi. Etre utile pour une fois, que ce pseudo-romantisme qui me perdra me soit utile pour une fois. Tout ce que j'ai � revendre de tendresse et d'attention... J'ai envisag�, c'est vrai. Il pourrait m'appeler et ne pas me dire pourquoi subitement il aurait besoin de me voir, je ferais semblant de croire que c'est sa spontan��t� qui parle, je pourrais faire semblant, et essuyer sa peine s'il en a, et le faire rire, s'il est d'humeur. Lui dire que j'ai travers� des d�serts arides, tout ce qu'il ne sait pas. Lui dire qu'il est un de ceux, aussi, qui ont �t� veng�s, de moi, pour mes quinze ans et des poussi�res. Lui dire que je suis l�, parce que je ne sais jamais aussi bien me rendre pr�sente que lorsqu'on a besoin de moi.
Rien, rien jamais n'est trac�. Je l'ai bien appris. C'est pour cel� que chaque fois qu'une porte se ferme, d'un c�t� ou de l'autre j'attends qu'une autre s'ouvre. Appelez �a de l'opportunisme, appelez �a comme vous le voudrez, mais moi je continuerai. Parce que le lendemain, rien, jamais, n'est assur�.