Verwilghen lance la traque aux jeunes

 

Depuis la commission Dutroux, le président de celle-ci, Marc Verwilghen s'est forgé l'image d'un "chevalier blanc" et est devenu très populaire en Belgique, surtout du côté francophone. Beaucoup de gens se disent si Gino et Carinne Russo ont confiance en Verwilghen... c'est que cela doit être quelqu'un de bien.

Les premières initiatives de Verwilghen en tant que nouveau ministre de la Justice montrent pourtant qu'il n'est qu'un politicien de droite autoritaire et cynique. Il a d'abord lancé l'idée d'une enquête médiatique visant à faire croire que l'immigration et la délinquance, c'est la même chose. Quelle immigration? Celle qui est venue il y a 40 ans travailler dans les mines, la sidérurgie, sur les chantiers? Ou celle des enfants, adolescents et jeunes adultes nés ici? Si ces jeunes sont aujourd'hui confrontés à des quartiers pourris, des écoles pourries, un avenir pourri, sans travail et sans espoir, c'est bien la responsabilité du pays où ils sont nés. Comme par hasard, notre "chevalier blanc" n'a pas pensé un seul instant à faire une enquête sur le rapport entre délinquance et pauvreté.

En outre, Verwilghen veut instaurer la procédure accélérée pour juger les petits délinquants dans les 5 jours du délit. Les magistrats ont déjà annoncé que c'était impossible car ils n'étaient pas assez nombreux. Si Verwilghen veut donner la priorité aux petits délits et que les magistrats sont débordés, la KB Lux, les Verkest, Declercq, Dutroux et compagnie, bref tous les grands fraudeurs ou criminels, pourront dormir sur leurs deux oreilles. Le notable du Brabant wallon qui a abattu à coup de fusil un jeune qui se baladait sur ses terres est remis tout de suite en liberté provisoire, mais le voleurs de pomme ira tout de suite en prison.

Il ne s'agit pas de nier l'existence de la petite criminalité, surtout dans les villes. Elle concerne en grande partie des jeunes. Mais ce type de délinquance est le résultat de la crise, du chômage et de la pauvreté. Faute de s'attaquer aux problèmes sociaux, Verwilghen veut une approche musclée de la petite délinquance. Il n'hésite pas pour cela à alimenter le racisme anti-immigrés et anti-jeunes. On a déjà entendu cette chanson lors de la campagne électorale du côté du Vlaams Blok. Et si Verwilghen entame à son tour ce couplet nauséabond, c'est que les élections communales sont proches. Ses propositions sont tellement détestables que plusieurs partis du gouvernement ont prudemment pris leurs distances de Verwilghen. Il a menacé de démissionner si son projet de procédure accélérée n'était pas adopté. Qu'il s'en aille et retourne à son cabinet d'avocat! Personne ne le regrettera...

 

Guy Van Sinoy

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