Usagers et personnel du rail

 

EN ROUTE VERS L'ABATTOIR?

 

La situation dans les chemins de fer de notre pays est une plaie tant pour les usagers que pour le personnel. 65 actions de grève en deux ans! Il est évident que cela ne tourne pas rond à la SNCB. Et on ne résoudra pas les problèmes en réorganisant mais en prenant d'autres options.

L'option choisie par le gouvernement est claire: libéraliser. Après la libéralisation viendra la privatisation, c'est dans la logique de "rentabilisation" des services publics. Afin d'attirer de futurs investisseurs, le gouvernement fait le sale boulot en restructurant les entreprises tandis que les usagers et le personnel en font les frais. Une bonne partie du personnel de la SNCB est aujourd'hui confronté à un manque flagrant d'effectifs, à une flexibilité tous azimuts, à l'impossibilité de prendre ses jours de congé ou de repos, au stress, aux nombreux retards,... Derrière les actions de grève et l'exaspération croissante des voyageurs, c'est tout cela qui transparaît.

Face à cette situation pourrissante, on entretient le mythe que "ça ira mieux avec la privatisation". La catastrophe ferroviaire qui vient d'endeuiller la Grande-Bretagne - plus de 100 morts! - illustre le résultat de la privatisation du rail britannique. Les normes de sécurité, le service aux usagers, des tarifs abordables sont le dernier des soucis des firmes privées qui se sont partagées le réseau britannique. Une seule préoccupation les anime: le profit!

Il est grand temps que les organisations syndicales, tant sur le plan national qu'européen, préparent un plan d'actions pour défendre les intérêts des voyageurs et des travailleurs du rail contre les directives de la Commission européenne qui prépare la voie à la libéralisation tous azimuts. Il est crucial, pour les syndicats, de gagner la sympathie et le soutien des voyageurs en leur démontrant que les actions de lutte visent aussi à défendre un service de qualité aux usagers. Une campagne syndicale de sensibilisation des voyageurs est urgente. Aujourd'hui en Grande-Bretagne, de plus en plus de voix se font entendre pour une renationalisation du rail et un plan d'investissements dans le réseau ferroviaire. De telles propositions devraient aussi être débattues chez nous. Cela rapprocherait les points de vue des usagers et du personnel.

Militant pense que la situation est devenue intenable à la SNCB et nous craignons qu'Isabelle Durant, nouvelle ministre des Transports, n'arrangera rien, au contraire. Nous estimons qu'il faut entamer la lutte, non pas pour maintenir ce qui existe, mais pour d'autres options. Il faut une autre politique qui fasse les choix fondamentaux d'investissements afin d'assurer un meilleur service public, sous le contrôle des usagers et du personnel.

Els Deschoemacker

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