Procès des 13 de Clabecq
Un an de procès truqué!
Depuis un an, 13 ouvriers de Clabecq se battent contre la justice de classe au tribunal de Nivelles. Le monde patronal et politique entend leur faire payer durement leur lutte acharnée pour l'emploi. Mais ce procès n'est rendu possible qu'avec la passivité des directions syndicales. Les accusés ont d'abord été exclus du travail, ensuite des comités syndicaux où ils siégeaient. L'exclusion de la FGTB qui a suivi - notamment pour D'Orazio et Marra, les principaux accusés - a été le feu vert donné par les directions syndicales pour entamer les poursuites. Si les accusés travaillaient aujourd'hui aux Forges, ce procès aurait-il lieu?
On ne compte plus les irrégularités dans ce procès: pas de juge d'instruction, instruction menée par la gendarmerie qui est aussi partie civile, huis clos, faux témoignages des gendarmes, pièces essentielles non versées au dossier. Les avocats des prévenus ont fait appel en ce qui concerne le huis clos, on attend toujours la décision de la Cour d'Appel, mais le procès continue à huis clos.
Le rassemblement prévu devant le tribunal de Nivelles le 25/11 devra être massif car le sort des accusés dépendra plus du rapport de forces établi par la mobilisation que du talent de leurs avocats. L'accumulation d'irrégularités grossières de la part du tribunal montre une volonté farouche de les condamner à tout prix et faire un exemple. Que feront les directions syndicales le 25/11? Vont-elles continuer à jouer aux abonnés absents?
Depuis un an, le climat a quelque peu changé chez certains responsables syndicaux: la saga du procès de Nivelles, le licenciement récent de plusieurs délégués syndicaux (Wendt Boardt, Carnoy, Gondrand) et l'approche des élections sociales inquiète certains responsables syndicaux. A Bruxelles, le SETCa a organisé une journée de mobilisation (600 militants) pour la défense des libertés syndicales et a occupé le siège de la Fédération des Entreprises de Belgique.
D'autre part, une initiative importante a surgi des rangs du mouvement syndical: un appel national à venir à Nivelles le 25/11, demandant aux responsables nationaux de la FGTB et de la CSC un plan d'action national. Cet appel revendique 3 points: l'arrêt du procès de Nivelles et la suppression de l'art.66 &4 du code pénal, la réintégration des délégués licenciés, la sauvegarde du droit de grève (astreintes). Parmi les premiers signataires, on trouve notamment: Jean-Marie Ansciaux (ex-Président national de la CGSP-Enseignement), Patrice D'Hoop (secrétaire FGTB Textile Mouscron), Gust Haverbeke (secrétaire général CGSP Limbourg), André Beauvois (secrétaire général CGSP Liège), Victor Martin (secrétaire Gazelco Charleroi), Mark Staelens (porte-parole FGTB Carnoy), Claude Lambot, (secrétaire CGSP Cheminots), etc.
Cet appel est un outil précieux pour briser le silence autour des 13 de Clabecq. Diffusez-le largement (pour tout contact: Victor Martin, rue de Montigny 42, 6000 Charleroi, fax: 071/30.18.31)
|
L'argent, c'est le nerf de la guerre... Après un an de procès, les frais de justice dépassent le million. Sans compter les tracts, les affiches, etc. Verser votre soutien au compte n° 370-1053288-52 de l'asbl Défense des travailleurs. |
Soutien d'artistes et d'intellectuels
Un collectif d'artistes et d'intellectuels veut sensibiliser le monde culturel et artistique aux enjeux et aux conséquences du procès de Nivelles, malgré le boycott des médias. Il appelle à manifester le 25/11 à 13h à Nivelles et organise des rencontres publiques avec les inculpés.
- Liège: lundi 15/11 à 19h30, au Groupov, rue Bois-L'Évêque 26-28;
- Anvers: dimanche 21/1 à 20h, à la Zuiderpershuis, Waalse Kaai 14
- Bruxelles: lundi 22/11 à 20 h au Théâtre Varia, rue du Sceptre 78
Parmi les nombreux signataires, citons: François Beukelaers, Jacques Delcuvellerie, Michel Dezoteux, Nicolas Donato, François Houart, Richard Kalisz, Marian Handwerker, Anne-Marie Loop, Jean-Marie Piemme, Claude Semal, Lorent Wanson, Martine Wijckaert, Jean Christophe Yu.
Pour plus d'infos: Lorent Wanson (02/218.46.90).