Gand

 

Un millier dans la rue contre le Blok

 

Ce 9 novembre, anniversaire de la Nuit de Cristal, le Vlaams Blok avait l'intention de tenir un meeting à Gand pour lancer sa campagne électorale. Rapidement, les protestations contre cette provocation ont pris de l'ampleur. Le bourgmestre Beke a interdit le meeting, mais nous avons cependant décidé de rester mobilisés pour une contre-manifestation car nous n'avons pas confiance dans les institutions communales ou nationales pour combattre le fascisme. Le Conseil d'État a finalement offert un marchepied juridique au Blok en cassant l'arrêté du bourgmestre.

Par conséquent, le meeting du Vlaams Blok a bien eu lieu le 9 novembre, ainsi que la contre-manifestation organisée par Militant et ALS (Aktief Linkse Studenten). Au dernier moment, le bourgmestre a décidé d'organiser lui-même, pendant la manif antifasciste, une action symbolique au monument aux Juifs. C'était manifestement une opération de diversion visant à affaiblir la manif antifasciste et tenter de dénoncer les jeunes manifestants comme "agitateurs gauchistes". L'opération de diversion menée par le bourgmestre a rassemblé 150 personnes.

Avec Militant et ALS, nous avons formé un solide contingent "Blokbuster" qui a pris la tête de la contre-manifestation. Nous voulions montrer que le Blok n'offre aucune solution aux problèmes sociaux actuels. Nous avons estimé que le bon vieux slogan "Vlaams Blok, rot op!" ("Vlaams Blok, fout le camp!") ne répondait plus à la situation actuelle, dans une ville comme Gand où 20 % de la population vote pour le Blok. Il fat que le mouvement antiraciste avance une alternative. C'est pourquoi le slogan principal de la manifestation était: "Chômage? Non! Pauvreté? Non! Nous luttons pour de meilleures conditions de vie!" En lançant ces slogans, nous voulions ouvrir le débat avec les centaines de jeunes présents à la manif. Un débat sur la nécessité de construire une alternative capable de défendre les intérêts de la population et d'organiser dans ce sens des campagnes dans les quartiers, les entreprises, les écoles... La manifestation qui a rassemblé quelque 800 personnes a repris nos slogans et a pu compter sur le soutien massif des habitants des quartiers populaires traversés par le cortège. Lequel a rapidement gonflé pour rassembler finalement un millier de participants. Après la manifestation, un camarade de Militant a pris la parole et nous avons organisé une réunion qui a rassemblé 50 personnes dans un café du quartier.

La presse locale a surtout mentionné les quelques accrochages entre contre-manifestants et policiers après la dissolution de la manif.

Nous avions donné comme consigne de ne pas se diriger vers le meeting du Blok. De petits groupes s'y sont quand même aventurés. La police s'est alors mise à embarquer tout le monde. Ainsi la rue de Flandre a été barrée par la police qui a emmené tout le monde: manifestants et passants. Le journal populaire "Het Laatste Nieuws" a même titré: "La petite gauche transforme Gand en champ de bataille". Scandaleuse distorsion de la réalité dictée uniquement par le goût du sensationnalisme et sans aucune préoccupation pour la véracité des faits relatés. En définitive, la manifestation a été un grand succès. Une stratégie pour les antiracistes a été mise en place et nous sommes certains qu'elle nous permettra de construire une véritable alternative avec la nouvelle génération qui s'est exprimée lors de ce rassemblement.

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