Droit d'asile

 

Comment progresser dans la lutte?

 

Le gouvernement Verhofstadt a rapidement révélé en quoi consistait sa "nouvelle" politique en matière de droit d'asile. Fin septembre, 74 tsiganes ont été raflés par la police communale de Gand et expulsés vers la Slovaquie. La police les avait rassemblés sous le faux prétexte de "compléter leur dossier". Les enfants qui se trouvaient à l'école ont été enlevés par la police qui les a ensuite conduits avec leurs parents au camp de Steenokkerzeel. Bien entendu, rien n'est réglé pour les tsiganes rapatriés en Slovaquie. Il semblerait d'ailleurs que plusieurs d'entre eux aient été emprisonnés. Le magazine télévisé L'Hebdo (RTBf) a consacré un reportage édifiant sur la misère et la discrimination dans laquelle vivent les tsiganes en Slovaquie.

Plusieurs centaines de manifestants se sont spontanément rassemblés au centre 127 bis (Steenokkerzeel) pour protester contre ces rafles au cours des jours suivants. Mais ce mouvement de protestation n'a pas pris l'ampleur qu'on aurait souhaité. Quelques jours plus tard, un bon milliers de personnes sont venues manifester à Vottem, soit nettement moins que l'an dernier.

Le mouvement de soutien aux sans papiers et aux demandeurs d'asile est aujourd'hui à contre-courant. Une large frange de la population

voit manifestement d'un mauvais oeil l'arrivée de candidats réfugiés.

Et on ne convaincra pas cette frange avec des arguments moraux. Il faut prendre le problème à la racine.

Les candidats réfugiés vivent la plupart du temps dans les quartiers les plus pauvres des grandes villes. Les habitants de ces quartiers sont déjà souvent eux-mêmes frappés par la crise. Le taux de chômeurs exclus est plus élevé à Molenbeek qu'à Uccle, par exemple. Bon nombre d'habitants de ces quartiers défavorisés voient les candidats réfugiés comme des concurrents potentiels en matière de droit aux allocations de chômage ou de CPAS. Pour développer plus largement un mouvement de solidarité avec les demandeurs d'asile, il faut pouvoir aussi organiser dans les quartiers la solidarité avec tous ceux qui sont confrontés aux problèmes sociaux. On peut alors montrer que le candidat réfugié n'est pas l'ennemi du Belge, ni le minimexé celui du chômeur, et que la seule manière de s'en sortir est de lutter ensemble. Si on ne fait pas cela, le ressentiment de la population face aux effets de la crise, se tournera de plus en plus contre les candidats réfugiés, faute d'alternative.

A Gand, après l'expulsion des Tsiganes, un rassemblement a vu le jour: Gastvrij Gent ("Gand hospitalier"). Des dizaines d'organisations ont adhéré à cette initiative. Il y a cependant beaucoup à dire sur la façon dont ce rassemblement conçoit la solidarité avec les réfugiés.

Lors du cortège au flambeau, tout matériel politique (pancartes, calicots,...) ont été interdits par les organisateurs, sous prétexte... d'éviter les "récupérations". Quiconque portait un drapeau ou une pancarte était accueilli.. de manière fort peu hospitalière. Nous pensons qu'il y a mieux à faire que de consacrer tant d'énergie pour s'en prendre à ceux qui protestent contre les expulsions. De plus, nous pensons que Gastvrij Gent s'adresse surtout à un public traditionnellement antiraciste et ne se préoccupe pas d'atteindre de larges couches de la population. On ne peut se limiter à convaincre les convaincus. Il faut élargir la mobilisation. Cela ne peut se faire qu'en prenant l'offensive sur bon nombre de problèmes sociaux.

 

Geert Cool

 

 

 

Le sort des Tsiganes en Slovaquie

 

Ils sont victimes de discriminations, ils se trouvent pratiquement exclus du circuit de travail et subissent les ratonnades fréquentes de la part des skinheads. La police ne réagit pas et encourage souvent le racisme. Et lorsqu'un Tsigane parfois à décrocher un emploi, son salaire est deux fois moins élevé que celui d'un Slovaque. Les discriminations ont lieu aussi à l'école et la population tsigane est contrainte de vivre en ghettos. Depuis 1979, il y a une campagne systématique pour stériliser les jeunes filles tsiganes à leur insu.

 

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