Élections en Allemagne

 

Les Verts sanctionnés pour leur politique de droite

Les récentes élections régionales en Nord-Westphalie et en Thuringe représentent les plus grandes défaites du SPD et des Verts leur arrivée au pouvoir. C'est surtout en Thuringe (ex-RDA) que les résultats sont les plus dévastateurs: avec moins de 20%, le SPD y est rejeté en troisième position derrière la CDU (chrétiens-démocrates) et le PDS (ex-staliniens). Quant aux Verts, il n'en reste plus grand chose: même pas 2% des voix!

Il y a 18 mois, la CDU avait perdu les élections en raison de sa politique au service des patrons: austérité, licenciements, attaques contre les pensions et sur les allocations de chômage,... Les gens en ont eu plus qu'assez et ont pensé qu'une autre politique était possible avec un gouvernement "de gauche" SPD/Verts. Il est clair aujourd'hui que ce n'est pas le cas. Les jeunes et les travailleurs allemands ont dû avaler pas mal de couleuvres: 600 milliards de FB d'économies dans les soins de santé et les pensions, un impôt environnemental qui touche surtout l'homme de la rue et le refus d'un impôt sur la fortune. Le jugement a été sans appel dans l'isoloir: ce n'est pas le gouvernement que nous voulons!

La défaite des Verts en Allemagne, pays considéré comme le berceau du mouvement vert, est spectaculaire. Joschka Fisher, chef de file des Verts et ministre des Affaires étrangères, a déclaré dans une interview à Die Zeit que le parti "était sur le point de se désintégrer". Il ne reste pas grand chose du programme électoral "de gauche" des Verts. Les Verts au pouvoir, cela signifie concrètement : énergie nucléaire, transport de déchets radio-actifs, intervention de l'OTAN au Kosovo, impôt sur l'énergie sauf pour les grandes entreprises, privatisations et coupes budgétaires dans les services publics,...

A la lumière de l'expérience allemande, on peut tirer des leçons pour la Belgique. Comme en Allemagne, on a vu Ecolo, et surtout Agalev, ramper à plat ventre pour obtenir des postes ministériels. De nombreux points clés de leur programme sont passés à la trappe: fermeture des centres fermés, 32 heures, etc. Contrairement à ce que prétend la presse, le gouvernement bleu/rouge/vert mènera la même politique que le précédent, comme en Allemagne.

Le phénomène à l'oeuvre aujourd'hui chez les Verts ressemble un peu à ce qui s'est passé au sein du PS et du SP au cours de ces dernières années, mais à un rythme beaucoup plus rapide. Il a fallu des années au PS et au SP pour se réorienter vers les classes moyennes et rompre avec leur base ouvrière. Les liens historiques de ces partis avec le mouvement ouvrier et la masse des travailleurs a fait en sorte que la transformation des partis socialistes en partis bourgeois ne pouvait se faire sans heurts. Les écologistes n'ont pas cette base historique. C'est pourquoi ils ont pu trahir si rapidement leurs électeurs (les jeunes et les travailleurs à la recherche d'une alternative à gauche). Encore une illusion de moins et une preuve de plus qu'aucun des partis établis n'est prêt à défendre les intérêts des travailleurs et des jeunes d'une façon conséquente.

Nous avons besoin d'un relais politique pour fédérer les luttes sur les lieux de travail, dans les écoles et les universités, pour l'emploi, le droit d'asile ou l'environnement en une force organisée qui soit réellement prête à mener une politique qui fasse passer nos intérêts avant les profits des patrons.

Katia Hancké

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