Services publics
Travailleurs et usagers sacrifiés
Les usagers de la SNCB ne sont pas gâtés. Aux heures de pointe, les retards de train ne se comptent plus. Quand ce n'est pas une cabine électrique qui brûle, c'est un convoi de marchandises qui déraille et endommage la ligne pour plusieurs jours.
Les travailleurs de la SNCB ne sont pas non mieux lotis. Les restrictions budgétaires ont empêché le renouvellement du matériel et bloqué l'embauche pendant plusieurs années. Il manque des centaines de conducteurs et les jours de service s'enchaînent sans qu'on puisse prendre un jour de repos. La situation est à ce point critique que la SNCB doit faire appel à des conducteurs en âge de prépension pour assurer le service. Il y a pourtant des centaines de milliers de jeunes sans emploi! Soutenons les conducteurs qui débrayent pour protester contre cette situation intolérable.
Il y a deux ans, La Poste a fermé 500 petits bureaux. Combien de fois n'avez-vous fait la file interminable devant le guichet? La pénurie de personnel mine la bonne organisation du service: surcharge de travail, stress, impossibilité de prendre congé. Pour accentuer la pression sur son personnel, La Poste fait appel massivement à des contractuels. Chaque semaine, des arrêts de travail spontanés ont lieu pour dénoncer les situations les plus critiques.
Les usagers et le personnel des services publics paient le prix de la politique néolibérale: la priorité n'est plus de servir les usagers mais d'établir un équilibre entre recettes et dépenses. Et quand les recettes dépassent les dépenses, comme chez Belgacom, on privatise pour empocher les bénéfices.
Tous les travailleurs des services publics sont mis sous pression pour accepter de cumuler les désavantages du secteur public (bas salaires) et du secteur privé (pension insuffisante). En Flandre, la ministre régionale du Bien-être Mieke Vogels (Agalev) veut que les travailleurs des CPAS soient plus flexibles. En Communauté française, la ministre Onkelinx avait supprimé des milliers de postes dans l'enseignement; on doit maintenant rappeler des prépensionnés car on manque de profs. En Wallonie, Di Rupo veut créer des comité d'usagers des TEC pour "dialoguer" avec les autorités: c'est une machine de guerre contre les travailleurs des TEC qui ont mené récemment de nombreuses luttes.
Non! Les usagers ne sont pas "pris en otages" par les grèves du secteur public. Ce sont les usagers ET les travailleurs du public qui sont pris en otages par la logique néolibérale, par la loi du profit à tout prix. Cette situation ne peut changer que si les usagers et les travailleurs du public s'unissent pour défendre leurs intérêts.
Guy Van Sinoy