Nos excellences les ministres
Deleuze: transformer les déroutes en victoires
Avec Olivier Deleuze au secrétariat d'état à l'Énergie, on allait voir ce qu'on allait voir! Son refus d'accorder une licence d'exportation à Alstom pour exporter du matériel nucléaire au Pakistan a été le premier désaccord interne au nouveau gouvernement. La crise s'est terminée de façon étonnante: Alstom pourra exporter le matériel si le Pakistan accepte le contrôle de l'ensemble de ses centrales par l'Agence internationale de l'énergie atomique. Ce sera désormais la ligne de conduite du gouvernement. Deleuze est cependant dépouillé de cette compétence au profit du ministre des Affaires étrangères. Les verts applaudissent cette reculade et la présentent comme une avancée. Ecolo a d'abord accepté de participer à un gouvernement néolibéral en expliquant qu'il fallait faire des compromis. Il recule ensuite sur une matière aussi sensible que le nucléaire et son secrétaire d'état perd une partie de ses compétences. Puis il explique que cette déroute est une victoire. Et ce, après seulement trois mois de gouvernement! Beaucoup d'électeurs ont pensé qu'Ecolo était une alternative à gauche. Mais si ce parti recule si facilement sur le nucléaire, on devine ce qu'il fera quand le gouvernement fixera prochainement le budget de l'an 2000.
Verwilghen: le chevalier blanc désarçonné
Marc Verwilghen, le politicien très populaire en Wallonie et à Bruxelles avant les élections, s'était forgé une réputation de "chevalier blanc" prêt à faire le grand nettoyage dans la Justice. Beaucoup de membres des comités blancs avaient placé leurs espoirs en lui. La première initiative qu'il prend est de lancer une enquête tendant à établir le lien entre criminalité et immigration. Que cherche-t-il à prouver? Que la criminalité se transmet par le lait maternel?
La délinquance n'est pas liée à l'origine culturelle mais à la situation sociale. De plus en plus de gens se retrouvent en situation de précarité. La répression et les enquêtes racistes ne résoudront rien et provoqueront encore plus de frustrations. Il n'y a qu'une politique sociale qui puisse changer le cours des choses. Mais il ne faut en demander autant à un libéral comme Verwilghen.