Procès des travailleurs de Clabecq
Fait divers ou conflit social?
Il y a quelque chose de surréaliste dans le procès des travailleurs de Clabecq. Tout se passe comme si les incidents qui ont émaillé la lutte (rassemblement à Tubize en décembre 1996, manifestation sur la bretelle d'autoroute en mars 1997) s'étaient passés en dehors d'un conflit social. Un peu comme s'il s'agissait de juger une banale bousculade dans un bistrot. Il est donc important de replacer ces incidents dans leur contexte.
Les Forges de Clabecq étaient passées sous la tutelle de la Région wallonne. Début décembre 1996, Robert Collignon - à l'époque ministre-président - avait affirmé que les travailleurs pourraient passer une bonne fin d'année car aucune mauvaise nouvelle ne leur serait annoncée prochainement. Quelques semaines plus tard il annonçait la fermeture et aucun plan social n'était prévu. C'est la seule fois en Belgique que l'on restructure une usine sidérurgique sans plan social!
En février, Zenner a provoqué des incidents en ne payant pas à un certain nombre de travailleurs ce qui leur était dû sur leur paie du mois de décembre. A la veille de la manifestation sur l'autoroute, le ministre Flahaut a annoncé que l'on construirait une prison sur le site de l'usine. S'il y a eu des incidents, il faut les remettre dans leur contexte et chercher les responsabilités chez les politiciens et chez le curateur qui ont multiplié les provocations.
Le tribunal de Nivelles s'efforce d'ignorer ce contexte afin de criminaliser les travailleurs. Ceux qui avaient encore des illusions sur la justice doivent bien constater que les tribunaux défendent les possédants et pas les familles ouvrières plongées dans la misère. Mais attention! Du côté des dirigeants syndicaux, ce n'est guère mieux!
Il y a quelques mois, Nollet, président de la FGTB avait dit sur antenne que le procès de Nivelles était une "mascarade qui devait cesser". Mais depuis lors il n'a pas levé le petit doigt pour organiser la moindre mobilisation de solidarité avec les inculpés (dont - faut-il le rappeler - les 2/3 sont toujours membres de la FGTB!). La raison fondamentale pour laquelle Nollet fait le mort, ce n'est pas parce qu'il y a eu des incidents mais parce que les travailleurs de Clabecq ont pris en main leur propre lutte sans faire confiance à l'appareil syndical. Il y aura encore des fermetures d'entreprises et Nollet ne veut pas que Clabecq serve d'exemple.
Il faut briser le mur du silence. Une nouvelle campagne de soutien sera lancée dans les prochaines semaines sous la forme d'un tract national et de collectes aux portes des entreprises afin de payer les frais d'avocats. Réservez un bon accueil aux camarades de Clabecq lorsqu'ils viendront sur votre lieu de travail! Aidez-les en diffusant le tract national et en participant aux collectes!
Francine Dekoninck
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Adresse de contact de la campagne: Roberto D'Orazio, 140, rue du Parc, 1480 Clabecq, tél 02/355.71.87. Versement de soutien au compte 370-1053288-52
Encadré:
Mobilisations aux palais de justice
Venez venir soutenir les militants syndicaux traînés en justice.
- Chaque jeudi à 8h45. Palais de Justice de Nivelles: procès des 13 ouvriers de Clabecq.
- Jeudi 7/10 à 14h30. Palais de justice de Bruxelles, salle 0.20. Jugement en appel du procès de Miguel Rubio.
- Vendredi 16/10 à 9h. Palais de justice de Gand: procès d'Eddy Pagnon, ex-délégué syndical chez Allibert.
- Jeudi 20/10 à 8h30. Palais de justice de Bruxelles: procès de Maaike Seghers, ex-déléguée à la Sabena.